À la Cigale, Voyou change de dimension

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En avril 2018, on était à la Maroquinerie pour assister à la toute première date de Voyou en tant que tête d’affiche. Depuis, le Nantais a parcouru beaucoup de chemin et le jeune homme timide s’est changé en un implacable showman qui a enflammé la Cigale, un an plus tard presque jour pour jour. On y était, on vous raconte.

Si vous nous lisez régulièrement, vous le savez : Voyou est un habitué de nos colonnes, le genre d’artiste que l’on suit depuis ses débuts et dont on se plaît à suivre l’évolution, disque après disque, concert après concert. Son premier album sorti en début d’année, le Nantais s’est attaqué à une autre de ces échéances marquantes qui jalonnent le parcours d’un artiste : un concert dans cette mythique salle parisienne qu’est la Cigale.

Pour l’accompagner dans cet heureux événement, le moins qu’on puisse dire est que Voyou était bien entouré. Sa première partie, c’est une Sudiste qui l’a assurée, en la personne de la géniale Pi Ja Ma – une autre de nos chouchoutes. Sur la scène de la Cigale qu’elle avait ornée d’une toile destinée à recueillir les projections de ses dessins et de ses chouettes animations, la jeune femme et son acolyte, Axel Concato, sont venus présenter les morceaux de leur dernier disque, Nice to Meet U. Au fil des morceaux et à mesure que la salle se remplissait et s’animait, la jeune femme a su faire de cette (trop) courte parenthèse un beau moment de musique et de partage, au moyen de sa pop pétillante et de ses interventions pleines d’un humour faussement naïf et réellement désopilant. En mai, vous pourrez retrouver Pi Ja Ma à Lille, chez nos amis de l’Aeronef.

Une fois les deux lascars sortis de scène, c’est l’hôte de la soirée qui s’est présenté devant le public d’une Cigale pleine à craquer. Entre temps, la toile et ses projections avaient été troquées contre une scénographie tropicale, mêlant fleurs, néons, palmiers et un joli volcan qui portait son nom : Voyou. Habitué à se glisser derrière ses pads, ledit Voyou y a été remplacé par trois musiciens pour lui accorder plus de liberté et lui permettre d’assumer pleinement son nouveau statut. Car en un an, le Nantais s’est métamorphosé. Le jeune homme timide et emprunté a laissé sa place à un showman démonstratif et enjoué, capable de transcender une foule et de lui transmettre toute l’énergie et les ondes positives qui vibrent dans sa musique.

Ce Voyou grand format, le public l’a suivi sans hésiter une seule seconde. Il l’a accompagné Dehors avec enthousiasme, l’a soutenu sans faillir lors de sa rencontre avec Les trois loubards, l’a assisté dans sa chasse au Papillon et a regardé filer son histoire avec La fille sans visage, de discrètes larmes au coin des yeux. D’aventure en aventure, Voyou a ainsi fait voyager le petit millier de personnes venues assister à sa performance au rythme de son insouciance rafraîchissante, de sa bienveillance et, surtout, de son talent.

Parce qu’une Cigale n’est pas un concert comme les autres, le Nantais a vu les choses en grand en réservant de jolies surprise à son public, comme cette version épique de La légende urbaine, jouée en duo avec Frànçois Marry (Frànçois and The Atlas Mountains) ou cette délicate reprise de Jardin d’Hiver d’Henri Salvador. Rejoint par Alban Caudelin au piano sur la sublime Il neige, Voyou s’est offert à cette occasion un des moments les plus poignants du concert malgré quelques notes un peu hésitantes, perçues depuis la fosse comme autant de témoignages d’une émotion sincère. Plus attendu, son duo avec Yelle sur Les bruits de la ville (qu’il honorait pour la toute première fois sur scène) a tenu toutes ses promesses en portant à ébullition une Cigale déjà bien excitée, avant de le faire chavirer sur On a marché sur la Lune.

Et alors que le Nantais s’avançait, ému, pour adresser de touchants remerciements à ce public qui l’a soutenu et acclamé tout au long de son concert, il a été interrompu par Yelle, revenue en trombe sur scène pour une nouvelle session des Bruits de la ville, terminée sous les ovations d’une Cigale épuisée mais euphorique. Une manière comme une autre de prouver que ce soir-là, la musique et l’amour ont été plus forts que tout.