Adam Naas, messager de l'Amour

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Il est assez risqué d’orienter un album uniquement sur l’amour. Certes, la plupart des artistes en parlent. Mais sans forcément l’assumer, sans l’étiqueter et sans en faire l’essence de leur album, ni en osant l’appeler « l’album de l’amour ». C’est ce que ce le jeune Adam Naas a pris comme risque. Un pari plutôt réussi pour cet oisillon tombé du nid, quelque peu maladroit mais avec, déjà, une grande voix.

On parle de lui comme la réincarnation des plus grandes voix soul et son physique assez androgyne et chétif lui apportent une touche qui dénote. Macy Gray, Prince, Michael Jackson ou Marvin Gaye, les intonations et les comparaisons sont là. Biberonné à la soul anglophone, le parisien d’origine libanaise avait déjà retenu toute notre attention et envahi nos playlists avec son premier EP éponyme incluant l’excellent Fading Away et, un peu plus tard, Please Come Back To Me. Il revient désormais avec son premier bébé, The Love Album, une ode au pêché de l’amour signée chez Universal, rien que ça. Un disque plutôt pop à l’identité soul qui l’a forgé en tant qu’artiste et aux accents de rock. Tout un programme pour ce jeune homme un peu perdu et à fleur de peau. 

L’album commence avec le calme No Love Without Risk, mise en abîme idéale et grâce à laquelle Adam donne le ton et introduit le sujet : il se porte comme un poète lyrique de l’amour. D’ores et déjà, on sent que l’on entre dans un disque personnel, sensuel et intime. True Intimacy vient pimenter la tracklist et sonne comme un cri de l’âme, les « I just want true (intimacy) » se confondant avec des « I just want you » et laissant entrevoir quelques intonations du King of Pop.

Le refrain apaisant de Shalalalove et ses nombreux et doux « Shalala » nous enveloppent dans un cocon agréable de variations de voix tantôt cristallines et aiguës, tantôt graves et pleines. Virage un peu plus rock ensuite avec le premier single sorti pour promouvoir l’album, Cherry Lipstick, plaidoyer pour l’acceptation de soi bénéficiaire d’un tempo plus rythmé. Se glisse alors l’intro discrète et rampante de I Want You To Get Close To Me avant que la voix d’Adam, qu’on ne sait pas trop si on doit qualifier de duveteuse ou de shootée à l’hélium, vienne fendre la musique de son « Baby look at me, do you feel the way I feel ». Une voix qui produit son effet, dénote et est pleine de largesse et d’émotion dans les « They don’t know how it feels » où il se pose en incompris de l’amour. 

Après Strange Love, on découvre The Love. On ne peut pas faire plus évident pour remarquer que l’amour est le fil rouge de l’opus. Le jeune homme ne se pose pas de questions, allant jusqu’à appeler une de ses chansons « l’amour » en y incorporant des gémissements lascifs et dans laquelle ses envolées vocales font de l’effet. Dans Eternity, titre qui monte crescendo, sa voix pleine de pureté résonne encore davantage avec ses « tell me you want me ».

He’s Gonna Kill Me résonne comme un cri de détresse : « Can someone help me? He might just kill me ». Adam se présente à son public comme un amoureux de l’amour, un sentimental transi, si bien qu’il pense un jour mourir d’amour comme il le dit sur les réseaux sociaux. When You’re Holding Me conclut le disque, triste et déchirante avec un piano retentissant pour le surplus d’émotion. « The silence in the night you left in me » : ce dernier titre sonne comme un adieu à un amant. Comme si, d’une certaine façon, cet album était une histoire d’amour et que le dernier titre en était la fanaison. Adam nous laisse sur une note de piano frustrante, comme pour nous rendre désolé que cet amour soit déjà fini.

The Love Album vous donne envie d’aimer et d’être aimé, à écouter lové dans un bain chaud en hiver. Un mélange de ballades langoureusement soul et de morceaux avec une rythmique plus pop. Même si certains titres ont du mal à se démarquer de l’ensemble, il s’agit d’un album imprégné de désespoir et de nostalgie. Une nostalgie belle, rêvée et sublimée.

Adam Naas sera en concert au Botanique le 6 novembre et aux Etoiles à Paris le 19 novembre.

Photos : Emma Birski

Touche-à-tout, gosse éparpillé, enfant de l’indietronica se découvrant un goût pour la nouvelle pop française.