Beirut fait voyager le Grand Rex

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Par un vendredi entre soleil et pluie, on a pris rendez vous avec Beirut. La bande de Zach Condon est venu présenter à Paris Gallipoli, le dernier bébé d’un groupe que l’on suit et adore depuis plus de 10 ans désormais. Une première rencontre en live avec les américains qui nous aura laissés pantois devant tant de beauté et de délicatesse. Retour en quelques mots sur un moment magique.

C’est donc dans le cadre sublime du Grand Rex que Beirut nous attend. Une salle à l’image de ce qui nous attendait ce soir-là : un peu d’épique, un peu de confort et surtout beaucoup, beaucoup, beaucoup de classe. Une salle assise donc qui apportera ses avantages et ses inconvénients : s’asseoir peut s’avérer frustrant par moment tant lorsqu’elle part dans ses intonations les plus épiques, grandiloquentes et cinématographiques, la musique des américains pousse au relâchement, à la danse et à la station debout. D’un autre côté, le fait d’être assis nous aura aussi permis de nous concentrer encore plus sur la musique, sur ses vibrations, ses émotions et ses couleurs pour nous happent dans un véritable voyage musical, comme si on avait juste à se laisser prendre par la main pour vivre en toute délicatesse et avec un plaisir grandissant ces deux heures de concert.

Que dire alors de Beirut en live ? Si l’expérience est douloureuse pour Zach Condon, il ne nous en aura rien laissé sentir. Souriant, apaisé, il a même par moment plaisanté entre les chansons. Musicalement, comme dit précédemment, la musique de Beirut est de celle du voyage. Au sens propre tout d’abord, puisqu’on aura finalement vécu une ballade entre l’Amérique du nord et du sud, l’Europe de l’est, l’Afrique et l’Asie. La musique du bonhomme se nourrit des cultures, des échanges et de cette mixité qui la rende à la fois unique et addictive. On aura aussi eu droit à un autre voyage celui au cœur de la discographie de Beirut qui nous emmènera d’étapes en étapes : de moments clés à d’autres plus intimes, des hits et des pépites, de l’ombre et de la lumière. De Gulag Orkestra à Gallipoli, on se sera promené pendant deux heures dans une discographie tout aussi prolifique qu’elle vise l’excellence à chaque instant. Bien aidé de ses cinq camarades de jeux, Condon offre ainsi en live une relecture sublime de ses plus beaux moments, offrant des frissons à chaque instant, renforçant avec bonheur le sentiment cinématographique d’un musique qui nous emmène ailleurs tout en nous confrontant à des images et des souvenirs qui nous sont propres. Puisque c’était notre premier live du groupe, la sensation était multipliée et on se sera donc pris en pleine face des titres récents comme When I Die, Landslide ou l’excellente Gauze für Zah. On aura aussi vibrer avec Santa Fe ou Postcards from Italy danser assis sur la géniale No No No (oui on adore cette chanson, on l’assume complètement, c’est une pépite) repris en chœur l’énorme tube Elephant Gun et pleurer sur Nantes, sublime parmi les sublimes qui clôturait le show.
Clôturer ? Pas vraiment puisque le groupe revenait pour trois titres plus sombres et prenant, notamment We Never Lied Here et The Gulag Orkestar, comme un grand écart sur une histoire déjà impressionnante de beauté et de maitrise et un beau moyen de clôturer un show à la délicatesse tranquille, ou Beirut n’aura jamais eu à forcer pour apporter ce qu’il sait offrir de mieux : l’émotion.

 

Photos : Camille Bialek