Buvette, passeur du Styx pour son EP Life

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Buvette. C’est vrai qu’à première vue on a juste envie de faire des jeux de mots. Après une première écoute de son EP Life, un peu moins, et à partir de la seconde ça nous est complètement sorti de l’esprit. Ce qui y est entré par contre, c’est 20 minutes de sonorités habilement disposées pour former 4 pièces diamétralement opposées, aux durées et thèmes différents, ou plutôt qui se complètent.

Malgré uniquement 4 tracks, c’est un grand écart exécuté par Buvette. En deux paires de morceaux, il allie LFO à la Moderat, chants new wave et loops psychés dans des styles musicaux variés, comme une invitation à l’exploration, aussi bien physique que métaphysique. C’est assez surprenant, mais après 10 ans avec la musique pour priorité, c’est bien son tout premier EP que Buvette nous a offert début mars avec Life. Buvette avait déjà dévoilé un aperçu clippé quelques semaines avant la sortie de l’EP, avec le titre In Real Life.

Ce titre se retrouve en troisième position sur cet EP, et il faudra avant d’y arriver passer par Deep Morpheus, introduction jouant le rôle d’ode au sommeil et aux rêveries nous permettant d’explorer des lieux inaccessibles dans le monde réel. Mais d’ailleurs, ne venons nous pas de quitter ce monde réel en nous plongeant dans cet EP et en nous laissant divaguer au gré des sonorités s’offrant à nous ?

Nous entrons alors dans notre monde intérieur, avec comme bande son Bahia de concepción, le second titre de l’EP. Interlude instrumentale entre les deux morceaux chantés du disque, comme un sas d’entrée dans le domaine de notre imaginaire, il illustre à merveille l’état d’auto contemplation passive à laquelle on s’adonne inconsciemment.

Nous arrivons alors en pleine phase de sommeil paradoxal, et déjà au morceau In Real Life. Avec des paroles moins abstraites, on a l’impression de pouvoir toucher du doigt ce rêve qui semble si vrai, reprenant des éléments de notre monde éveillé, sans que nous puissions vraiment voir ce qui les rend irréels. Buvette parle de désir charnel dans leur forme la plus simple et loin des interfaces actuelles qui ne font qu’ajouter des intermédiaires entre les corps. Tout en écho, Buvette semble préparer le terrain pour The Maze, le morceau suivant, en répétant “Let me get lost in you” lors du refrain.

Buvette termine alors le disque en diversifiant encore cet EP à l’aide d’une pure production électronique totalement hors format. C’est d’ailleurs cet ultime morceau, The Maze, anciennement El Serpiente en raison des fortes influences latino de Buvette, qui est le plus marquant dans cette sortie. D’abord de part ses 8 grandes minutes d’électro psychédélique, à la limite de l’acid en raison de nombreuses boucles entêtantes d’arpeggiator au lead synth. Ensuite par le contraste créé avec les pistes précédentes.

En définitive c’est un disque d’introspection, qui nous accompagne vers un état presque méditatif, dans un décors mythologique dont nous possédons tous les clés, consciemment ou non, et dans lequel on se plonge volontier. Le choix artistique de la mythologie grecque comme fil d’ariane colle avec la musique de Buvette.
Cet EP lent et profond s’écoute d’une traite, comme un trajet express entre Olympe et Styx.

On sait déjà que Buvette prépare un album dont cet EP serait l’entrée en matière, la préface. On a hâte.