(Découverte) Aïtone, groupe de son époque

Tu fais tourner ?
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

Ami lecteur. On commence à bien se connaitre tous les deux, donc on peut commencer à se faire des confidences, non ? Pour te dire vrai, voilà comment ça se passe dans le joyeux monde du chroniqueur de musique bénévole.

Comme tu le sais, une journée n’étant faite que de 24h et une semaine de seulement 7 journées, on arrive facilement à court de temps si on se garde un petit créneau pour dormir. Et donc fatalement, on passe à côté de groupes, de vidéos, de concerts… Et il faut parfois un certains temps pour se retrouver et parler d’un chouette projet qui nous a tapé dans l’oreille, parfois grâce à des amis ou souvent grâce à des managers / attachés de presse qui nous relancent car ils savent que le projet va nous plaire (plot twist :  ils ont souvent raison).

Voila donc la raison de cette petite introduction un peu personnelle afin de te parler du premier éponyme de Aïtone sorti il y a quelques temps déjà. Mais il n’est jamais trop tard pour parler des bonnes choses.

Aïtone est un groupe de pop française, mais c’est avant tout une forêt corse. Une manière pour Antoine de rendre hommage à ses origines d’une manière ou d’une autre, lui dont la musique se nourrit d’une autre île, la Grande-Bretagne, et ses groupes légendaires à la musique aussi luxuriante et foisonnante que les forêts de son enfance. Une manière donc de rester connecté à ses racines terrestres pour mieux exploiter et faire grandir ses racines musicales. Fatalement, le passé nourri le présent qui envisage déjà le futur.

Antoine et son groupe ne sont pas des débutants. Repérés il y a plus de 10 ans par feu! Fred Chichin avec leur ancien projet Lemon Incest, ils ont pris le temps, pris la route et pris la maturité nécessaire pour explorer la musique qu’ils aiment et la digérer pour en sortir un son qui leur ressemble sans pour autant copier qui que ce soit.

On sentira bien sûr plâner l’ombre de Radiohead, notamment sur la guitare de Ain’t No Light, ou une certaine facilité dans l’envie de créer un « tube pop » avec Lights On et sa rythmique qui tape fort mais s’oublie vite, mais il serait dommage de s’arrêter uniquement à ça. Car il y a plus à offrir chez Aïtone, beaucoup plus.

Au delà de ces quelques défauts minimes, le jeune groupe reste une formation de son époque, aux influences multiples, qui choisit de ne pas choisir. Ce qu’on retiendra particulièrement du groupe c’est cette manière de créer des ambiances hautement cinématographiques, aussi proches de la pop indé que du rock progressif, souvent nappées de notes électroniques bienvenues.  Des titres comme To The Town et ou Fuck Arround frappent ainsi par la qualité de leur composition et leur manière si habile de nous emmener dans des mondes à la fois proches et pourtant si différents.

Le groupe nous fait tanguer, persiste à ne pas nous laisser prendre tout pour acquis, fait l’effort d’en appeler à notre intelligence mais aussi à notre amour de la musique. On passera ainsi d’une ballade presque acoustique, Boy, à une pop song beaucoup plus rythmée même si toujours mélancolique, Sad By Side.

Et Aïtone finit par remporter la couronne quand le rappeur Rouda apparait sur deux titres. A la mélancolie ambiante qui se dégage de  Out Of Key et Eveything’s Fake se fracasse le flow précis et efficace du Parisien. Un mélange des genres inattendu mais totalement réussi qu’on se prend par surprise dans la tête et qui marque une vraie étape dans la construction de l’album, qui se terminera par la ballade prog-rock Off Dutty Clowns.

Aïtone nous ouvre donc les portes de son monde en dix chansons. Entre construction et déconstruction, hommage et prise de risque, le groupe est un petit joyau brut qui ne demande qu’à polir son talent et les belles promesses qu’on peut y voir. La scène aidera surement, l’expérience aussi. Et nous, on leur donne rendez-vous au deuxième album.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.