(Découverte) Oh Mu nous a ému

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Quand on aime la musique, on aime les premières parties. C’est un fait établi, immuable et impossible à défaire. Les premières parties d’aujourd’hui deviendront sans doute les têtes d’affiche de demain. Et surtout, les premières parties sont souvent l’occasion de découvrir des groupes qui nous retournent la tête et qui souvent, nous font battre le cœur tellement fort qu’il doit sauter un battement ou deux et nous filer des vertiges.

C’est comme ça qu’on a découvert Oh Mu en première partie de Bagarre. On s’est vite rendu compte qu’on était un peu à la bourre puisqu’elle développe son univers depuis bientôt deux ans. N’empêche qu’il n’est jamais trop tard pour parler de groupes qu’on aime, jamais trop tard pour mettre en avant des groupes qui nous donnent cette urgence, cette pulsion, ce besoin de partage. Car on a vraiment besoin de vous parler de Oh Mu.

Dans un monde idéal, on parlerait d’un artiste pour sa musique et uniquement pour sa musique. Mais le monde n’est pas idéal, et on finit toujours par rattacher l’art à des mouvements, des styles ou plus fatalement des aprioris souvent liés à son genre. Mais nous sommes des idéalistes, des combattants d’un monde plus fort et plus doux alors on va tenter d’éviter tout ça et se concentrer sur ce qui est important, ce qui nous guide et nous fait vibrer : la musique.

Ce qui frappe dès la première écoute de Oh Mu c’est cette façon d’aborder les thèmes  de manière frontale, sans second degré. La mise à nu est totale, elle peut choquer ou mettre mal à l’aise, mais créée un lien fort entre l’auditeur et la personne qui se confie à nous. L’empathie est totale et on se plonge finalement dans ses états d’âme, ses pensées et sa psyché et on la voit transformer sa vie en œuvre d’art, en création. Cette façon d’envisager sa musique n’a rien d’une parure ou d’une posture tant sa musique transpire la sincérité et la vérité. Si Oh Mu parle d’elle, elle parle aussi en nous. Elle  parle à ceux qui rêvent trop, qui pensent trop et qui se cognent à la réalité et aux codes qu’on essaie de leur imposer. Elle se fait prêtresse de ceux qui cherchent désespéramment à trouver une place dans la société pour finalement réaliser que c’est à eux de définir la société et pas l’inverse.

Les mots sont forts car ils sont vrais, on est ainsi happé par Ni Femme Ni Homme ou Utena qui nous poussent autant à réfléchir qu’à nous redéfinir, à transformer nos faiblesses en forces.

Si le propos est important, ce qui l’enrobe l’est tout autant. Musicalement, elle développe ainsi une musique électronique qu’on pourrait par moment rapprocher de Grimes à ses débuts, celle de l’exceptionnel Visions. Des compositions électroniques mouvantes, vivantes, puissantes. D’une utilisation parfaite du vocoder sur Le Feu, d’un chant habité et parfois proche du phrasé rappé, en passant par la mélancolie sourde de Navi ou des légères pulsions dansantes apparaissant sur Les Montages, tout est pensé pour que la musique et ses intentions répondent aux textes et inversement.

On est pas certain que Oh Mu touchera tout le monde, mais en ce qui nous concerne elle a frappé la cible en plein centre. Oh Mu nous a ému. Elle est, en ce début 2018, un choc nécessaire, l’image parfaite de ce que la jeunesse est actuellement. Sensible, mouvante, en questionnement constant, lumineuse et sombre et prête à tout changer.

Oh Mu explose les codes, les genres et les étiquettes qu’on tente de lui imposer, artiste totale, musicienne, illustratrice et réalisatrice de ses propres clips, elle n’est pas seulement moderne, elle est la modernité.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.