Eddy de Pretto au Botanique : le kid est déjà grand

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Eddy de Pretto est sur toutes les lèvres. Nouvelle sensation de la next-gen de la scène francophone, son premier album CURE est prévu pour le 2 mars 2018. Ce jeudi 22 février à l’Orangerie du Botanique, le chanteur de Créteil en a offert une avant-première à son public belge. Nous étions dans la salle. Récit de pourquoi nous avons été comblés. 

La salle si particulière de l’Orangerie se remplit petit à petit. Les silhouettes viennent garnir le devant de la scène, tous les chuchotements parlent d’Eddy de Pretto. Comment ne pas languir d’impatience de voir le jeune artiste se produire sur scène pour certains, d’écouter ses nouveaux titres en exclusivité pour d’autres. Le chanteur affublé d’un bonnet noir arrive sur scène avec sa nonchalance ordinaire et nous embarque directement avec Rue de Moscou, titre encore inconnu du public qui figurera sur CURE. Toujours accompagné de son iPhone fétiche pour balancer ses morceaux, il a cependant ajouté une nouvelle corde à son arc : Johnny, son batteur qui l’accompagnera désormais en live pour plus de grandiosité. La synergie fonctionne et les titres s’enchaînent, la voix et la prestance du performeur indéniablement puissantes.

Le maestro oscille entre titres inédits et pépites familières. Tour à tour, on s’imprègne des nouveaux textes qu’il nous fait l’honneur de dévoiler en – pas si – petit comité. Des sonorités de Musique basse qui font onduler au texte fort et imprégné de MAMERE qui laisse frissonner pantois, on devine dans les pupilles des spectateurs l’admiration pour ce jeune homme singulier avec une audace déjà si caractéristique. La soirée se divise aisément entre la catégorie des chansons qui donnent envie de bouger lascivement et la catégorie de celles qui inspirent le silence et le respect devant une pureté de plume si percutante. S’il n’est désormais plus seul sur scène, notre regard reste cependant intentionnellement rivé sur lui. L’espace scénique est sobre et minimaliste, le batteur majoritairement dans l’ombre. Les jeux de lumières sont secs mais efficaces et nous rappellent le centre de l’attention : Eddy de Pretto. « Est-ce qu’il y a des gens qui tombent amoureux tous les jours dans la salle ? » demande le parisien avant d’entamer Random, récemment découverte sur le réseau berlinois COLORS.

De la première à la dernière minute, l’artiste nous tient en haleine. Une intensité rare nourrit les murs et le public présent à l’Orangerie, ne laissant guère de temps et d’espace pour respirer un bon coup. Eddy de Pretto n’en est qu’au début de sa carrière, qu’on imagine déjà longue et couronnée de succès, mais il arrive déjà à frapper un si grand coup que c’en est déroutant. Le « gosse » qu’il est encore, lui, reste humble et c’est sans doute ce qui fait tout son charme. CURE semble présager des textes forts et démonstratifs suintants d’authenticité, une écriture âpre qui n’hésite pas à appuyer encore et encore sur les mêmes syllabes, un jeune prince devenu roi des allitérations. Pour la dernière sortie en date Ego, la salle est inondée d’une lumière blanche. Les lights nous aveuglent tout autant que le talent du kid. L’atmosphère presque providentielle nous laisserait croire qu’il s’agit là de l’avènement d’un messie. Ce jeudi, on a compris toute la teneur du mot « applaudir ».

Eddy de Pretto reviendra à Bruxelles pour les Nuits du Botanique le 5 mai et sera aux Ardentes début juillet.

Crédit photo : L. Herbinia

Touche-à-tout, gosse éparpillé, enfant de l’indietronica se découvrant un goût pour la nouvelle pop française.