Eddy de Pretto, la théorie des trois A

Tu fais tourner ?
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Le Français Eddy de Pretto dévoilait il y a un mois un – presque – premier clip, Fête De Trop. Cette semaine, il officialisait la sortie de son premier EP pour octobre. Nous l’avions rencontré en mai dernier lors de son passage en Belgique pour les Nuits Botanique. Un entretien sans filtre, qui annonce de la fulgurance, c’est lui qui le dit.

Des mots qui claquent, une voix grave, des mélodies enivrantes et un corps qui ondule dans une sobriété presque étonnante. C’est un grand blond, cheveux coiffés en arrière qui balaye la Rotonde de sa main tendue au bout d’un bras pas très épais, genoux pliés comme en suspension, voire en apesanteur. La mélodie de Beaulieue résonne dans la salle. Nous sommes le 18 mai. Si le public semble en apesanteur, aucun doute ne plane à l’horizon, c’est Eddy de Pretto qui entame son concert.

Un style atypique qu’il assume, avouant ne jamais forcer le trait : « en fait quand on est original, on s’habitue par défaut puis forcément on en joue, ou du moins on apprend à en jouer. Je ne pense pas que je cultive quoi que ce soit », confie-t-il. Un jeu qui semble le galvaniser sur scène. Pas un mot ne sort de sa bouche sans être accompagné par un mouvement, toujours juste, souvent ample qui termine ses textes là où les mots s’arrêtent. Percutant.

Artiste atypique
S’il se dit original, son style est simple : pantalon noir retroussé aux chevilles, t-shirt blanc coincé à la taille par une ceinture et boucle d’oreille. Tout semble concorder avec les différents rôles qu’il endosse. Différents car avant d’être chanteur, Eddy de Pretto est comédien. « Quand j’étais plus jeune, ma mère m’a inscrit à des clubs de quartier où on apprenait le théâtre et le chant » se souvient le jeune homme. Un parcours qui a façonné l’artiste qu’il est aujourd’hui.

Artiste : un rôle dans lequel il se trouve finalement bien à sa place. Et sa vision de la chose est assez arrêtée : « l’artiste, c’est quelqu’un qui élève, qui questionne. J’aime à penser qu’un artiste sert justement à repenser les normes, les codes, fait bouger les choses constamment. » réfléchit-il, les yeux rivés vers l’horizon.

S’il subsiste une gêne à se caractériser comme tel pour ce grand blond filiforme, c’est en tout cas comme ça qu’il veut que les gens le voient. Il s’attelle à y mettre de sa personne. Alors, Eddy de Pretto, es-tu un artiste finalement ? « Je travaille pour ! Après, c’est à vous de me le dire après mes concerts. En tout cas, j’aime faire valdinguer les choses. De tout temps, il faut qu’il y ait des figures qui nous poussent à nous élever ».

Auteur inspiré
Une inlassable envie de s’exprimer anime cet auteur-compositeur depuis son plus jeune âge. Sans complexe, il ajoute avoir comme un besoin d’interloquer. « Au fond, ça me plaît d’être bizarre », rit-il. Et sous bien des aspects, il cultive les caractéristiques faisant de lui quelqu’un d’atypique. Tant sur scène qu’en coulisse. D’ailleurs, sa musique, il avoue ne pas savoir la caractériser. Toujours est-il qu’en plein concert, il invite son public à se lever, à se laisser emporter par ses mélodies bien qu’immergées dans la masse de ses mots.

Ses inspirations sont diverses : « Les gens, l’humanité, comment on réussit à être ensemble, tout ça, c’est quelque chose qui m’impressionne. Former une unité dans la globalité, je trouve ça beau ».

Une envie d’unité perceptible dans Fête de trop, ode à ce verre qui fait basculer une soirée qu’on a tous un jour ingurgité. C’est d’ailleurs ce titre qui sera le premier à être mis en image. Sans compter les versions démo des clips Baulieue et Rue de Moscou qui ont, depuis lors, disparu de la toile. Pour mieux y revenir ? On aurait tort de ne pas espérer.

Ambitieux rêveur
Eddy de Pretto en live, c’est un paradoxe. L’étrange alliance entre sobriété et extravagance. Inciter le public, ça ne l’intéresse pas. « En fait, je ne veux pas dire “venez, je vais vous faire ressentir ça ou ça”. Ça ne me ressemble pas. Je ne vais pas forcer les gens à aimer ce que je fais, s’ils apprécient et que ça leur plaît, ça me convient », avoue-t-il.

Mais rien ne l’empêche de mettre toutes les chances de son côté même si ça n’a pas toujours été le cas : « quand j’étais plus jeune, c’était “moins j’en fais, mieux c’est”, j’étais même un peu turbulent. Avec l’âge, ça a bien changé. Le temps a fait son travail. Les gens aussi. Il y a comme une pression naturelle en fait. Tu sens que les gens ont des attentes envers toi, du coup par rapport à eux, tu essayes de faire toujours un peu mieux ».

Mon premier EP sort en octobre et ça sera du lourd ! 🌋

Publié par Eddy de Pretto sur mardi 25 juillet 2017

 

Tout semble converger et expliquer pourquoi il paraît sur scène comme un poisson dans l’eau. Mais pour l’avenir, ses désirs ne sont pas moins grands. « J’imagine plein de concerts, des paillettes, de la fulgurance, de la bombe. En tout cas je veux faire grossir le projet », conclut le grand blond.

Un récent message sur la page Facebook de l’artiste semble marquer la première étape d’une carrière dont l’ampleur s’accroît. Son premier EP annoncé pour octobre sera donc « du lourd ». Rien n’est moins sûr mais de notre côté, on a bon espoir.

Toutes ses dates de concert sont sur EddyDePretto.com

Doux rêveur à l’accent ravageur. Se laisse vibrer tant sur des rythmes endiablés que sur des mélodies mélancoliques, et en français, s’il-vous-plaît.