ENDZ à Montréal - Carnet de voyage

Tu fais tourner ?
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Régulièrement éparpillés dans d’autres formations (He Died While Hunting, Fabiola, loic b.o., etc.), les trois membres du groupe Endz se retrouvent (enfin) pour enregistrer leur second album (on vous parlait du premier ICI). Durant les deux prochaines semaines, ils troqueront Bruxelles pour Montréal, où ils s’offriront la collaboration de Jace Lasek (Patrick Watson, Wolf Parade, Suuns…). 

Petit suivi au jour le jour de leurs péripéties canadiennes.

Jours 10 et 11. Fell Off The Floor, Man

Ascension, climax, chute, résurrection

Voilà les choukes. L’album est fini. On a du mal à réaliser, mais c’est fi-ni. On est jamais complètement sûrs, mais on pense tenir un bon disque. La puissance d’une rythmique bien ancrée dans le sol, des guitares psychés à vous décrocher la machoire, des voix lead qui mordent les speakers, plein d’harmonies vocales. Tous nos fantasmes sont là, couchés sur la bande. Nous terminons la session par l’enregistrement de la basse de Daughters dans la cabine Leslie. La leslie, c’est un énorme meuble avec des cornets qui tournent dedans. C’est beau. Dernier moment de plaisir libéré. Il est 23h. On fume une dernière clope dans la cuisine du studio, la larme à l’oeil. Tellement de tension, de travail, d’émotions… On se passe quelques morceaux : Everyday Sunshine de Swell, Range Life, de Pavement, et Perfect from now on, de Built To Spill. Jace est aux anges ; ce dernier est aussi son disque de chevet. Les whiskey cola’s se succèdent et nous lâchons enfin la pression. On prend un taxi pour la Vitrola pour voir la dernière note de Jack Name. Pas mal, mais un peu trop austère, tout comme son public. Nous décidons de filer vers une église sur Beaubien à un concert où des amis québecquois nous ont donné rendez-vous. Le taxi nous jette sur le trottoir. Le concert est terminé depuis un petit temps, mais l’ambiance est moite et les kids ont le dansant. Un DJ torse-nu et stratégiquement tatoué se lance dans un set french touch aussi bourrain qu’efficace. Nous enchainons les rafraichissements et les moonwalks, virevoltons sur le dancefloor luisant de condensation. Soudain, Kev glisse bêtement sur le carrelage et s’étale de tout son long. Moment de panique, le DJ s’arrête. Tout le monde retient son souffle. Loic et moi-même imaginons le pire. 20 secondes plus tard, Kev reprend conscience.Tout va bien. Les secours sont là. Il lui faudra « juste » des points de suture. Vendredi 14 septembre, 4h du mat. Nous sommes aux urgences. Si vous avez le choix, n’allez JAMAIS aux urgences au Canada: 8 h d’attente avant d’être pris en charge. Le diagnostique est sans appel : la calvicule est cassée! Ce n’est pas très grave, bien que douloureux, mais cette session se termine sur une drôle de note, comme si on nous avait enlevé ce moment d’énorme soulagement et de plaisir enfantin que nous nous sommes offert à l’issue de ces dix jours de travail intense. Mais non, c’est juste le putain de HASARD.

La journée du lendemain est en pointillés. On repasse une dernière fois dans ce lieu magique qu’est le Breakglass Studio. On récolte nos affaires. On fait un dernier backup. On a limite le coeur fendu de voir les pièces à nouveau vide. On lance la dernière papote avec Jace, et puis on se hug longuement et on se congratule. Cela fait bizarre de savoir qu’il va nous tromper avec un autre groupe dans quelques semaines.

Nous sommes vendredi soir. Kevin ne va pas trop mal, mais il a les volets qui se ferment, tout comme nous, complètement maganés. On est tellement contents du disque que rien, pas même cette clavicule cassée, ne peut nous gâcher le plaisir de ces deux semaines. Une petite visite aux disquaires de la rue Bernard, Phonopolis et Sonorama, un petit hamburger au Nouveau Palais (une tuerie!!) et on rentre se coucher.

Merci à tous ceux qui nous ont suivi tout au long de cette aventure. Ca nous a plu de pouvoir partager ça avec vous. Bonne nuit les petits. Demain, on vous écrit pas, car on doit aller photographier les écureuils et dimanche, nous rentrons à la maison. A très bientôt pour la suite. On  n’a qu’une envie, c’est de sortir ce disque au plus vite et de vous le jouer sur scène.

Des becs, comme on dit ici !
Fab, Loic et Kevlar

Da boss… and da kids !

Jour 9. Ashamed

Wikipedia : “The Lion Sleeps Tonight est une chanson populaire africaine, composée par Solomon Linda en 1939. Sa version française, connue sous le titre Le lion est mort ce soir, a été popularisée une première fois en 1962 par le chanteur Henri Salvador, puis par le groupe Pow woW en 1992. Malgré la popularité de la chanson, Solomon Linda ne toucha pas un sou et mourut dans la pauvreté, floué par son label.”

Dans cette histoire, selon nous, Solomon est mort deux fois. Non seulement il s’est fait voler sa chanson, mais en plus le lion est mort en chemin, dans la jungle, terrible jungle, là où il dormait paisiblement dans la version anglaise (in the jungle, the mighty jungle, the lion sleeps tonight). Les producteurs cherchent parfois tellement les sonorités qu’ils s’en fichent de changer le sens des paroles. Jace a changé quelques unes de nos paroles aujourd’hui, pour qu’elles sonnent encore mieux, mais rassurez-vous, il n’a pas trahi notre propos. Voilà un court extrait de la chanson Ashamed:

Ashamed
A castle made of sand
in Korea
Donald meeting Kim
dia-rrhe-a
her guy is bi-po-lar
he knows how to keep you entertained

A demain.

Gastro, etc.

 

Jour 8. This time.

Après l’enregistrement des guitares, place à l’enregistrement des voix… Ce difficile exercice qui consiste à faire passer un maximum d’émotions en un minimum de phrases. On passe chacun à notre tour dans la cabine où Jace a installé une ambiance adéquate, très feutrée… et nous stimule avec ses “awesome” ou ses “you did it”. Il corrige patiemment notre franglish… mais il adore notre retravail poétique de sa langue maternelle.

Pendant ce temps, ceux qui n’enregistrent pas discutent dans la cuisine du studio, avec tout ceux qui passent par là. On discute de politique belge, québecoise et libanaise, mais aussi de cinéma (Be Kind Rewind !) avec Philippe (du groupe Wake Island, qui est passé dire bonjour), on discute skate avec Mike (Feuerstack, qui est aussi à nouveau passé dire bonjour et qui vient chanter sur “Body”, comme ça, parce que l’idée nous vient sur le moment)… et à propos de la discussion “skate”, Jace rejoint et parle des rééditions Powell Peralta (dont il porte un T Shirt aujourd’hui), et on découvre son passé de skateur. Décidément, cet homme sait tout faire…

Da voice !

 

Jour 7. Hit Me

Ces deux derniers jours ont été plutôt paisibles pour Fab et moi. Après des premières journées intenses au cours desquelles mon cerveau a essayé de prendre le dessus sur mon pire ennemi – le click (voir J3 notamment), Fab et moi, nous trouvons dans l’antichambre artificielle du Breakglass. Loïc et Jace enchainent les prises de guitare. C’est assez jouissif de passer la tête par la régie toutes les demi-heures. Les deux cocos se comprennent, en échangeant maximum deux mots toutes les 10 minutes. Ils triturent les pédales d’effet, cumulent les couches soniques, essaient une guitare puis une autre, utilisent une cuillère ou tout autre objet qui traine sur la table. Et chaque morceau s’enrichit d’envolées psychés, de mélodies sinueuses, d’assauts rageurs (dont l’un agrémenté d’un coup de poing de Jace sur la Jazzmaster et… la côte de Loïc).

Entre les différentes “missions” que l’on s’est assignées (finaliser des paroles de l’un ou l’autre titre, aller chercher les clés de notre nouvelle “maison”, préparer un petit carbo’, acheter quelques bières Tremblay, faire une petite traduction, écrire quelques mails à des programmateurs pour les groupes de dear.deer.records), Fab et moi, nous restons assez émerveillés par ce que nous sommes en train de vivre. Fab (qui pourrait écrire un roman tragi-comique de ces expériences avec des “producteurs”) a déjà le sentiment qu’il sortira de ce studio avec cette sensation d’être “allé au bout”. Chose assez improbable vu qu’il est la personne qui remet le plus de choses en question à la seconde, lorsqu’on enregistre. Mais bon, il y a encore du boulot. Et demain matin, on commencera les prises de voix.

Au rayon “tourisme-minute”, on a un peu plus découvert Montréal et surtout la campagne avoisinante. On a dormi hier chez Jace et Oggi dans leur “Rigaud ranch”. Et ce matin, on a découvert le petit home studio de Jace dans lequel il cache un des premiers enregistreurs à fil (Chicago-Webster) mais surtout un magnifique Westfalia en parfait état (et en vente, “master edition” signée par Jace – pour celles et ceux intéressés!). Jace nous a re-dit tout le mal qu’il pense du gazon – totally useless. Ce soir, en route vers Outremont (connu notamment pour les fameux bagels St-Viateur mais aussi pour son importante communauté hassidique). Mike et Katie nous laissent leur bel appartement avec quelques instructions assez précises de Mike, notamment la fermeture du robinet à un angle entre 7° et 12° pour éviter qu’il fuite. On a ressorti le rapporteur pour l’occasion.

22h19. Loïc termine sa (dernière) prise et conclut : “J’ai mal au poignet”. Et Jace: “Guitares are done”.

Do-do !

Jour 6. Lean On Me

Ils sont partout. Ils nous suivent à chaque coin de rue. Impossible d’échapper à leur égard. Mais qui sont-ils? Depuis le début du séjour, sans s’en rendre compte, ils sont rentrés dans nos coeurs. Leurs photos inondent les rues de Montréal. Travaillées à la perfection, chaque sourire patiemment photoshoppé, adouci, recolorisé. Ils sont la bienveillance, la malice, la solidarité même… C’est comme si nous les connaissions personnellement : Manon (toujours flanquée de Gabriel), Marie-Aline, Mohammad, George (l’agent de sécurité), François (le sosie de Jean-Pierre Foucault), Yvon, Apostolia (la sosie de Dorothée), Simon (le guide spirituel).… Et leur saint-patron à tous, le roi de la ville, Andrès. Celui-là, on veut le prendre dans nos bras, le cajoler et, même, le manger. Des joues généreuses et moelleuses, des yeux enjoleurs et ce petit sourire mutin qui semble dire : je t’aime et je sais ce qui te fait du bien. Mais de qui parlons-nous avec autant de passion? Des candidats de Montréal aux élections provinciales du Québec. Avec Endz, on a pas trop le temps de niaiser ici, pas trop le temps de rencontrer beaucoup de monde en dehors du studio, mais finalement, peu importe, nous avons déjà plein de nouveaux amis, en forme d’images Panini.
A part ça, Loïc a enregistré des guitares.
¡ Viva Andrès !

 

Jour 5. The Long Run

Aujourd’hui, c’est day off. Pas d’enregistrement aujourd’hui… et du coup, on décide d’aller bruncher comme il se doit, d’autant plus qu’à Montréal, le brunch, c’est une institution. “Le Toaster” tout proche et plein à craquer, et un groupe de personnes patiente sur le trottoir… Pas le courage de faire la file, et sur les conseils d’une passante, on se rend à un endroit “situé pas très loin” (toujours se méfier des Montréalais.es qui disent “juste à côté”, ou “à deux rues”, ou “pas trop loin”, parce que cette ville est immense et on fait vite des kilomètres…). Après une heure de marche, qui nous donne l’occasion de découvrir “l’avenue des belges” et la “rue de Liège”, on arrive devant un lieu plein à craquer, avec un groupe de personnes qui fait la file sur le trottoir (caramba). Cette fois-ci, on décide d’être patients… et on attend un certain temps… et une fois assis à l’intérieur, on se venge en commandant un énorme brunch. Ensuite, on revient, un peu lourds à l’appart de Delphine (voir “jour 2”) pour un petit peu de ménage puisque l’on déménage demain.
 
C’est day off, mais on est comme plongés dans la musique depuis 5 jours, et on ne peut donc pas s’empêcher d’aller au studio pour jouer et peaufiner l’un ou l’autre morceaux que l’on enregistrera dans les jours qui viennent. Les murs du Breakglass nous inspirent et nous envoient des ondes positives. La musique coule, et on ne pourrait pas faire autre chose que de se plonger encore plus loin et plus profondément dans nos morceaux. Nos famille et nos amis nous manquent, mais nous voulons vivre cette expérience exceptionnelle à fond. On est dans une superbe ville, on pourrait flâner et faire les touristes, mais on reste un peu tout le temps calés (avec bonheur) dans nos enregistrements, en suivant encore et toujours un fil que Jace le magicien nous aide à dérouler. On a hâte de le revoir demain, pour le voir à nouveau transcender notre travail et nous aider à nous dépasser.
 
Après quelques heures de musique, on se rend à “La Vitrola” sur Saint Laurent pour assister à notre premier concert depuis notre arrivée, parce que l’on ne veut pas rater Future States dont les morceaux ont tapés dans l’oreille de Kevin (qui les a vus quelques mois plus tôt). On est pas déçus (retenez ce nom : Future States), et on est pas non plus déçus par les Allemands de Sea Moya (exilés récemment à Montréal) et qui nous infligent également une énorme claque, très inspirante également (retenez ce nom : Sea Moya). On est vannés au terme de cette journée… mais on est impatient de se replonger dans notre musique dès demain. It’s a long run… et c’est tant mieux, car on aime la course de fond. 

 

Séance de “travail” au Breakglass studio.

Jour 4. And This Is What We Call Progress

Jace est arrivé en nage ce matin. « Fucking traffic ». On sent l’homme taciturne, concentré sur le chantier de la journée : passer en revue toutes les pistes enregistrées les jours passés. Il s’enferme dans son studio, enfile son casque et ne quitte plus son poste. Meeeerde, qu’est-ce qui se passe?

Midi : « Le pectus excavatum est ce renfoncement prononcé typique de la cage thoracique. Les personnes atteintes de ce trouble ressentent des douleurs au niveau du torse et du dos. Le coeur glisse la plupart du temps sur la gauche et peut même s’en trouvé penché. » Je travaille sur une traduction médicale, pour passer le temps.

13h : La clim’ a lâché le jour d’avant. Le réparateur arrive pour sauver le studio et, surtout, le collègue de Jace, Tim. C’est le batteur de Godspeed You! Black Emperor, qui loue un petit localtechnique où il fait des choses avec des composants, des puces et des câbles.

15h : Que faire? Nous décidons de nous attaquer aux deux titres laissés sur le côté pour l’instant mais auquel nous tenons beaucoup : Small Moof Tone et A Stunt.
17h : Waouw, ça prend forme. On se sent bien, en chaussettes, à Montréal, à répéter ces nouveaux morceaux. On a vraiment une chance de dingueeee.

20h : On sort chercher des bières chez la dépanneuse aux dents trop blanches. Ne pas prendre la bière à la banane. Ne pas prendre la bière à la banane…

22h : Jace nous convie à écouter le résultat de son labeur. C’est génial, ça groove et c’est faaaaaaat. On peut enfin passer au poste suivant, les guitares. On fait confiance à notre homme ; il a quand même écrit Necromicon.

Minuit : On quitte Jace et ses lunettes pour aller prendre un verre à Notre Dame des Quilles, où le mec de Wake Island passe des mp3 sur des enceintes qui craquent. Chouette endroit mêlant cocktails, pizzas, bowling et DJ Set. Je me sens à l’aise, dans mon short Top 22, un petit whisky sour à la main.

2h : Veni, vidi, Bixy. A demain.

Studio with a view!

 

Jour 3. Makeshift Family

La musique a toujours été une source de frustration pour moi. Un amour/haine continu qu’il m’est souvent difficile de dompter. Aujourd’hui, nous avons terminé les prises des 9 titres qui devraient constituer la suite de Shake. Non, sans mal. Ce click me martèle encore le cerveau. Mes pieds, mes bras, mes mains, mon énergie qui essaient de les intégrer, sans se laisser ni dévancer, ni retarder. Je vois Fab se tortiller et me lancer des regards presque langoureux pour accompagner ces rythmiques, pour nous faire “rentrer” dans le click, l’oublier. Une, deux, trois, quatre, cinq prises encore. Une pause. Une cigarette, une bière, un pastel de nata du Marché Jean-Talon. Une nouvelle prise… Et Jace de lancer au bout d’une ultime prise: “that was a fucking fuckfun, men“. Jace est déjà la pierre angulaire de l’album. Sa coolitude, sa maitrise technique, son appropriation innée de nos morceaux font que tout cela prend sens, de la manière la plus naturelle qu’il soit.
Vers 21h, nous sommes en train de ré-amper les tracks de basse que Mike Feuerstack – le plus belge des Canadiens – entre dans la régie avec son légendaire “Hi guys!” … et avec la commande Jace : des bières Sapporo et des chips pickels crème. S’en suivent – entre quelques “Fuck I love this” de Jace en repassant nos prises – des discussions sur l’origine de Europe (le groupe!), l’existence de bons bands suisses (Grauzone?), la religion bahaï et leur QG à Haïfa, le retour sur scène de Julie Doiron and the Wooden Stars… mais aussi le travail qui reste à faire dans les prochains jours. Ah, cette petite famille d’appoint à Montréal.
Da crew in da kitchen!

Jour 2. Minor Work

La musique, c’est l’art de l’infiniment petit. On a bien avancé aujourd’hui, on a mis de côté les bases de 5 morceaux, mais on est restés sur des détails pendant des heures. Des détails de première importance, mais qui représentaient des passages de 20 ou 30 secondes, sur lesquels on a passé du temps, et consacré une attention proche de la folie, ou chaque micro seconde représente l’enjeu le plus fondamental de notre vie à ce moment là.
La musique, c’est aussi l’art de l’éphémère. On met un arsenal de notes, de beats, de sueur, de tensions et de soulagement au service d’une pop song qui ne sera peut-être écoutée que par quelques personnes. Mais peut-être que parmi elles, certaines vont avoir leur vie plus belle, ou plus légère, ou plus profonde au contact de ces morceaux, et cela suffit à justifier ces prises de têtes.
Jace est la sage femme parfaite pour ce type de boulot. He’s the man… ha et tiens, merci aussi à Delphine S, pour son charmant appart’ que l’on occupe durant une semaine, et qui est notre refuge pour les nuits de sommeil dont on a bien besoin (vu la combinaison jet lag/studio/Bixi dans Montréal en long et en large, les journées sont intenses). Bonne nuit.
Après la pause câlin, la pause canapé bien méritée.

Jour 1. Practice Makes Perfect

Coucou c’est Fab, le bassiste. Aujourd’hui, c’est moi qui fait la visite. Désolé pour mon absence d’hier, le voyage et – n’ayons pas peur des mots – un transit intestinal fortement perturbé, m’ont tenu à l’écart de toute explosion de joie. Ce matin, tout est en ordre, c’est un nouveau départ : nous avons dompté nos horloges internes, quitté l’appartement au volant de jolis Bixy (les Villo d’ici)  pour rejoindre, après un rapide brunch, le Breakglass studio. Immense bâtiment sans nom sur les sonnettes. Grosses portes métalliques. Sentiment de solidité. Une voix du bas du ventre nous répond: « It’s upstairs ». Nous grimpons la cage d’escaliers surchauffée. Un Jace tout sourire et enthousiaste nous accueille, son regard uniquement assombri par des lunettes cendrées déjà légendaires. L’homme est grand, vigoureux. Il vient de rentrer de son QG perdu dans la nature qui  porte le même nom que son groupe, les Besnard Lakes. C’est comme si mon groupe s’appelait Jaujac, ou Samos pour Kevin, ou Bomel pour Loic… Pour reparler de Jace, j’ai rarement aussi vite discuté avec quelqu’un de cueillette de champignons et de camping. Ça me va. J’espère lui parler plus en détails de mon amour pour les palourdes et les coques. Mais passons au studio. La pièce d’enregistrement est gigantesque. Elle respire. Tout est vintage et a subi les assauts du temps, mais tout est bichonné et fonctionne crème. On est enchanté d’apprendre que nous allons enregistrer toutes les batteries sur bande. J’ai oublié de mentionner qu’Antoine allait nous aider sur ce disque. C’est le stagiaire de Jace et il vient… d’Evian. Evian, Evian, ce mot tourne dans ma tête, à la recherche de souvenirs d’enfance ou d’images de montagne, mais non, je ne vois qu’une bouteille en plastique.
Voilà, je vous laisse pour aujourd’hui, car on va commencer à chercher un son de batterie, de basse et de guitare. Ca va nous prendre du temps d’apprivoiser l’espace, la technique et ces nouveaux instruments qu’on nous a prêtés. Ludwig plexi, fender jazzmaster, fender precision. Classic shit but good shit. Bye les ami-e-s et à demain.
La plaine de jeu pour les deux semaines à venir.

Jour 0. The Boys Are Leaving Town

22h22/04h22. Bonne nuit Villeray. On est à Montréal. Finalement. Un mois, deux, trois, quatre ou plus encore, on y est. Toujours à jouer aux équilibristes entre nos différents projets, nos différents agendas, nos différentes priorités. Mais toujours la même urgence qui est à la base même du projet. L’urgence de deux semaines à venir dans un des plus beaux studios de Montréal avec Jace Lasek, croisé rapidement lors d’un concert à Courtrai, en support de son groupe, The Besnard Lakes. Les mains dans les poches, sans instrument mais avec pas mal d’amis (musiciens ou non) pour nous faciliter les choses et nous faire sentir à la maison. Hâte.
Petite pause câlin/apéro à la Casa Del Popolo… à 19h19. Grosse soirée.

J’aime bien les disques et la phrase “ils sont allés au dancing”. Je fais des podcasts (Cuistax, checke sur iTunes) et des pâtes aux lardons.