(Exclu) MOUTHS dévoile son premier titre

Tu fais tourner ?
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Récemment, on a appris que Till Lindemann de Rammstein avait enregistré un duo avec Zaz. On avait déjà préparé notre baluchon et notre chapeau afin de devenir hobo comme Charlie Winston lorsqu’on a entendu que Lenparrot et Juveniles s’associaient autour du projet MOUTHS. Notre coeur s’est alors mis à battre très très fort et à sortir de notre poitrine comme le loup de Tex Avery. On est donc très heureux et très fier de vous offrir en avant-première leur tout premier titre I Don’t Know Why I Hate You (But I Do).

Voila comment on vous conseille de découvrir la première chanson de MOUTHS : les yeux fermés. C’est ce qu’on a fait, plusieurs fois même, afin de s’imprégner d’une musique qui nous a touché dès les premiers instants. Il faut dire qu’on était un peu en terrain conquis puisque derrière MOUTHS se cache en réalité le projet commun de Lenparrot et Juveniles. On aurait pu y voir une cour de récréation ou un moyen de s’échapper de leur univers, mais à l’écoute de I Don’t Know Why I Hate You (But I Do), on est obligé de se rendre à l’évidence : ces garçons là ont décidé de faire les choses bien et même très bien.
On retrouve ainsi ces ambiances, ces vapeurs mélancoliques, ce piano délicat chez l’un et ces basses rondes et vibrantes chez l’autre. Surtout, on retrouve ces voix, uniques, intenses, flamboyantes, qui se mêlent à merveille pour nous emporter avec elles vers un monde dans lequel on voudrait se lover à jamais. Et puis, parce que l’aventure est toujours meilleure avec des amis, on découvre aussi au saxophone le génial Kim Giani et aux chœurs la douce voix de Dani Lu.
Et puis on ouvre les yeux desquels coulent à nouveau des larmes d’émotions : on s’est à nouveau fait piéger par la grâce de ces deux musiciens géniaux.
On se sèche alors les yeux et on relance la vidéo, pour profiter cette fois du superbe travail visuel de Pierre Budet qui offre une animation en apesanteur, d’un noir et blanc sublime et qui colle parfaitement à la couleur de cette musique aux accents très cinématographiques.
L’aventure ne fait que commencer, mais on est prêt à le parier, bientôt MOUTHS sera sur toutes les lèvres.

 

 

On a profité de la sortie de ce premier titre pour poser quelques question à MOUTHS : 

La Vague Parallèle : Salut les gars, comment est née l’idée de créer MOUTHS ?

Romain : JS et moi avons fait connaissance il y a plus de dix ans, à l’époque de nos premiers groupes et par nos potes en commun (The Wankin’ Noodles, Rhum for Pauline, The Popopopops…) mais c’est début 2014 que nous nous sommes vraiment rapprochés. Il y a deux ans, j’avais la possibilité de me rendre à Rennes pendant une semaine. Je l’ai aussitôt appelé, savoir s’il avait du temps pour faire de la musique. On a passé la semaine en studio, c’est d’ailleurs de cette première session qu’est née I Don’t Know Why I Hate You (But I Do). Puis je suis revenu sur Rennes enregistrer And Then He, pour lequel il était très présent et à l’écoute. Depuis tout ça, on tâche de se retrouver régulièrement pour continuer à composer. Nous avions vraiment envie que quelque chose sorte cette année, et présenter ces chansons sur scène.

LVP : Vous avez tous les deux des univers très ciblés, comment avez-vous réussi à mêler les deux ?

: Sans trop se poser de questions, je crois. Chacun apporte ce qu’il sait faire en fonction des titres, nos singularités trouvent toujours moyen de cohabiter. Parfois une chanson est déjà très avancée quand l’un de nous deux la propose, l’intérêt est alors de la façonner ensemble. Parfois elle est au stade embryonnaire, et nous l’emmenons totalement ailleurs. Plus récemment, nous avons vraiment provoqué des accidents en studio – et c’est ce qui est le plus jouissif. Être à quatre mains du début à la fin.

LVP : Est-ce qu’on peut voir ce projet comme un moyen de tester des choses ? 

R : Totalement, on ne se refuse rien – même si on a récemment trouvé là où nous souhaitions emmener l’esthétique générale de nos chansons. Cela va de la bossa à la folk en passant par du r’n’b autotuné. Le tout avec une sérieuse recherche harmonique ainsi qu’un goût pour la production épurée et foutraque. Il y a un côté incroyablement épanouissant de faire ce duo notre cour de récréation. Avec Juveniles comme avec Lenparrot, nous sommes à la tête de ces aventures depuis plusieurs années – avec ce que cela comprend comme montagnes russes mentalement. Le fait de s’offrir ces parenthèses depuis 2016, ça rend ces chansons très spontanées – l’envie d’y aller sans aucune inhibition.

LVP : C’est facile de travailler entre potes ?

R : Ça rejoint ce que je te disais plus haut – le fait de n’avoir ni contrainte ni deadline rend la chose super excitante. Garder toujours en tête le côté ludique de la production. Se permettre des choix super abusés, audacieux là où nous aurions été plus timorés en temps normal. D’accroître aussi notre complémentarité, c’est très enthousiasmant – surtout à l’orée de cette première sortie, ces premières dates.

LVP : Dans un univers musical qui favorise de plus en plus les projets solos, est-ce que former un groupe à quelque chose de politique selon vous ?

R : À vrai dire, nous n’y avons jamais vraiment pensé. Mais faire cette musique et la produire de cette façon, en totale indépendance: c’est forcément politique – sans même avoir besoin de le revendiquer.

LVP : Vous sortez aujourd’hui un premier titre, c’est quoi le futur proche pour MOUTHS ?

R : Nous avons une dizaine de titres pour le moment. L’envie est de voir comment ce premier est accueilli, tester les autres sur scène puis en sortir un deuxième en début d’année prochaine. On y va pas à pas, et personne ne peut décider à notre place – ce qui est un vrai luxe. Notre premier concert sera au Motel le 14 décembre à Paris, puis à Nantes au Blockhaus DY10 le 21.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.