Fever ou le groove impeccable de Balthazar

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Balthazar n’est plus un groupe à présenter. En à peine 10 ans, le groupe de Courtrai est passé de belle promesse belge à mastodonte de la scène indé internationale. Les voilà de retour, quatre ans après Thin Walls pour nous présenter Fever, leur quatrième album. Onze titres qui s’écoutent avec les oreilles mais se vivent essentiellement avec le bassin.

 

Le succès grise, le succès réjouit mais parfois le succès fatigue. Ce fut le constat de Balthazar qui après trois albums et de grosses tournées a senti souffler dans son dos le vent des automatismes et de la facilité. Pas question pourtant de se contenter de ce qui semblait être une formule magique, pas question non plus de travailler par automatisme et de prendre le risque de se lasser et par extension de lasser une fanbase de plus en plus grande. La pause était nécessaire, une respiration, un besoin aussi de se remplir de vie et de se libérer avant de se retrouver sous la bannière Balthazar. Cette échappée pris la forme de deux projets aussi différents qu’excitants : Wharhaus et J. Bernardt. L’ombre et la lumière en quelque sorte, entre un projet profondément sombre et un autre plus lumineux. L’occasion pour Maarten Devoldere et Jinte Deprez d’affirmer un peu plus leur personnalité à travers des projets solos qui se veulent être un miroir d’eux-mêmes. Une manière toute simple de recharger les batteries et de se nourrir d’autre choses, d’autres influences pour finir par se retrouver à nouveau quatre ans plus tard. Le Yin et le Yang à nouveau réunis, Balthazar dévoile aujourd’hui Fever.

 

 

Fever a une qualité qui nous a fait fondre dès la première écoute. On ne va pas vous parler de ce qu’on connaissait déjà chez Balthazar. Bien sûr, on retrouvera la patte du groupe ces deux voix aussi différentes que complémentaires, qui échangent et se répondent comme lors d’une partie de ping pong. Il y a aussi ces constructions musicales soignées, ces arrangements fous et classieux, la présence de cuivre et de cordes qui nous font toujours autant vibrer surtout lorsqu’elles se teintent de sonorité orientales sur Grapefruit. Non ce qui nous a vraiment rendu dingues dans ces 11 titres, c’est que la basse est mise en avant, elle brille et elle en devient presque l’élément essentiel de la musique de Balthazar. C’est ce groove et cette chaleur qui font toute la réussite et tout le sel de ce nouvel opus. On se retrouve face à un album qui pense avec le corps plutôt qu’avec sa tête, qui est ici pour faire bouger avant tout, une arme de séduction massive à la sensualité ravageuse. Ce groove est l’élément central d’un album où les genres s’entre-choquent et où les deux leaders s’amusent à jouer des coudes pour savoir qui prendra le devant sur un titre ou un autre, nous offrant des éclatements réjouissants, des impulsions aussi salvatrices qu’évidentes pour une musique qui ne demande qu’à surprendre et devenir addictive.

Cela commence avec Fever, qui donne son titre à l’album, un titre long, qui prend le temps de poser une ambiance, une sorte d’état des lieux qui fera tout le style de cet album qui frappe au cœur mais qui a surtout vocation à faire vibrer les bassins. Au revoir la mélancolie, bonjour le soleil, la chaleur et la fièvre donc. Car oui cet album relève presque d’un côté sexuel sur certains titres, notamment l’excellente I’m Never Let You Down Again et le groove lancinant de Wrong Faces et ses cuivres presque hypnotiques. Le reste est à l’avenant, offrant des pop songs réjouissantes comme l’efficace Entertainement ou Wrong Vibration qui n’en oublient jamais d’être intelligentes dans leur construction faussement foutraque mais maitrisée de part en part. Il en ressort de cet album un sentiment de profusion et de diversité bienvenue mais toujours guidé par des thèmes et des lignes communes qui font toutes l’unité des 11 titres. Comme un fil rouge aussi fin que tenu qui tient l’ensemble en place et lui évite d’exploser en plein vol. La marque des beaux albums en somme.

 

 

Avec Fever, Balthazar a pris la teneur de ce qu’être un groupe signifiait. Ne pas se laisser bercer par le succès facile qui tend les mains, déjouer les attentes et se libérer pour mieux se retrouver dans la nouveauté. Ainsi fonctionne Balthazar qui nous offre ici un album mature, dansant et sensuel. Un album pour la nuit et la fête qui se poursuivront sans doute avec l’être aimé. Un vrai renouvellement donc, qui ne demande qu’à exploser en live.