From Deewee : le train fantôme musical de Soulwax

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Dix ans qu’on attendait ça, qu’on l’espérait sans trop y croire, qu’on en rêvait parfois la nuit, se réveillant en sueur d’un rêve dans lequel on dansait, possédé, sur les sons d’un nouvel album de Soulwax. Non pas que les frères Dewaele nous aient définitivement quitté : entre 2 many dj’s et Die Verboten en passant des remix géniaux pour des artistes qu’on adore (Metronomy ou Jungle entre autres) et une bande sonore cinématographique pour Belgica, les frangins belges sont toujours restés dans un coin de notre tête, dans les vibrations de nos pieds et quasiment dans la playlist de toutes les soirées qu’on a pu organiser.

On n’y croyait pourtant plus trop. Puis l’espoir a commencé à renaitre en nous l’an dernier, lorsqu’on les a vu réapparaitre sur scène avec un nouveau projet live, Transient Programs For Drums And Machinery. Et le bonheur absolu, enfin : le nouvel album tant attendu sortirait le 24 mars 2017 et s’intitulerait From Deewee. Autant couper court à tout suspens malvenu : le nouvel album de Soulwax est une tuerie absolue, répondant à toute les attentes et tous les fantasmes qu’on avait placés en lui.

From Deewee est le train fantôme de Soulwax. Un long voyage de 50 minutes, à la fois inquiétant et réjouissant, qui distille des ambiances, des influences qui nous font passer d’un sentiment à un autre, cherchant surtout à maintenir notre adrénaline à un taux plus qu’élevé.
On est face ici à la suite logique de la tournée entamée l’an dernier, et à laquelle on avait eu la chance d’assister lors du festival Les Nuits Secrètes. Les batteries prennent désormais une place aussi importante que les synthétiseurs dans le petit monde musical de Soulwax. Elles donnent un côté martial à leur musique qui répond parfois à l’ambiance inquiétante installée par les plages de synthé. On assiste alors à une sorte de choc des titans, une passe d’armes pour savoir qui prendra le pouvoir et ce, dès la cauchemardesque Masterplanned.

De la très pop Missing Wires à la techno Is It Always Binary en passant par la glam-rock Do You Want To Get Into Trouble ? , dont la ligne de basse fait fortement penser à Queen,  cette confrontation prendra place dans tout l’album, bercée et rythmée par une voix en forme d’arbitre. Les paroles sont d’ailleurs assez sombres et mélancoliques, notamment sur Transient Program For Drums And Machinery.
Et tant qu’à parler de mélancolie, que serait un album de Soulwax sans sa ballade étrange ? A l’image de A Song To Forget ou When Logic Dies sur leur précédents efforts, c’est ici Trespassers qui tient ce rôle. Et on se dit que les frères Dewaele sont définitivement les rois pour ce genre de tracks.

Comment résumer From Deewee ? Dans la droite lignée de Nite Versions, comme si le temps n’avait pas passé, c’est un album au groove puissant, mélodieux à chaque seconde, un poil mélancolique parfois, mais maitrisé de A à Z. Un album intense, puissant, qui nous embarque comme une attraction à sensations fortes. Un album qui demandera une attention de tous les instants sur ses 50 minutes sans pause, tant il recèle de merveilles et de subtilités qui rendront chaque écoute différente selon l’état dans lequel on se trouve.
Après 12 ans d’attente, on était en droit d’attendre un chef d’œuvre de la part de Soulwax. Le pari est plus que réussi. Forcément déjà l’un des grands (le plus grand ?) albums de l’année.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.