Handbraekes passe la troisième

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Les super-groupes, association des membres de différents groupes réunis pour un projet commun, sont légions dans le rock. Si dans le monde de la musique électronique, on collabore à tout va, il y a rarement de vraie collaboration sous un nom commun. De sinistre mémoire, on pourrait citer Jack Ü, mais à vrai dire on a fortement envie de l’oublier. Reste donc Handbraekes, le projet commun des mastodontes Mr Oizo et Boys Noize. Ils sont de retour cet automne, avec leur troisième EP, sobrement intitulé #3.

À une époque où tout va trop vite, où certains artistes sont capables de sortir un titre par semaine, au détriment bien souvent de la qualité de ce qui est proposé, Handbraekes fait figure d’exception presque salutaire. Un premier EP en 2012, un second en 2014 et les voici de retour pour nous matraquer les oreilles au crépuscule de 2018. Il faut dire que les deux bonhommes multiplient les projets,  musicaux et cinématographiques, pour eux et pour les autres. Quentin Dupieux et Alex Ridha sont donc partout et on peut voir dans ce retour d’Handbraekes une histoire d’amitié et de véritable envie de travailler ensemble plutôt qu’un quelconque calcul marketing. Cela se ressent sur ce #3, vraie réussite pour une raison toute simple : les deux gaillards ont réussi à faire de ces 6 titres une sorte de quintessence musicale, imposant leurs backgrounds, leurs envies et leurs différences au service d’un projet qui ne ressemble finalement qu’à lui-même et jamais aux autres projets des musiciens.

Bien sûr, on retrouve l’esprit bricolo de Oizo, ses cassures de rythme et sa passion pour le malaise. Évidemment, on retrouvera ici et là les envies de destruction sonore massive et les basses bien grasses de Boys Noize. Mais jamais les influences de l’un n’empiètent sur celles de l’autre, ce dont on pouvait avoir peur avec deux fortes personnalités. Au contraire, elles se nourrissent tout au long des titres. On commence avec Discow, lumineuse entrée sur le dancefloor de ces deux alchimistes musicaux, avant d’enchainer avec All Night Long, plus un hommage dans le titre à leur soirée de DJ, où la symbiose se fait évidente, qu’à Lionel Richie.

Intertwo baisse le rythme en trompe-l’œil avant que Citroën ne viennen nous réjouir. Si l’ambiance de cette chanson et la voix nous rappellent le travail de Dupieux, le fait que la voix féminine et monotone divague en allemand nous ramène directement vers Ridha. Un vrai travail de groupe, on vous dit. Jumpma tangue vers le hip hop tout en restant un banger génial, fait pour briser des nuques. #3 se termine avec Bangyou, courte montée en puissance qui devrait nourrir bon nombre de DJ Set dans les semaines à venir, que ce soit pour lancer un set ou pour faire monter la température. On retrouve ici l’esprit facétieux de notre alliance franco-allemande préférée qui place un titre d’introduction en fin d’EP, sans doute pour nous inciter à relancer la face A et créer une faille spatio-temporelle sans fin sous le son de Handbraekes.

À aucun moment à l’écoute de #3 on a envie d’enclencher le frein à mains. Au contraire, c’est plus le pied sur l’accélérateur qu’on s’engage sur la voie rapide : il est temps de passer la quatrième.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.