Salut c'est cool : "Chaise ? Chaise."

Tu fais tourner ?
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Salut c’est cool lâche aujourd’hui un nouveau single de leur nouvel album, On ne peut pas revenir en arrière, en collaboration avec Flavien Berger. Nous avons eu la chance de rencontrer les quatre compères la semaine dernière, au fond de leur tourbus, à l’occasion de leur passage au Printemps de Bourges. 

La Vague Parallèle : Bonjour Salut c’est cool, tout va bien ?

Salut c’est cool : Ça va super !

LVP : Après moultes aventures, vous avez signé chez Pain Surprises pour ce nouvel album. Pourquoi avoir choisi ce label particulièrement ?

James : On trouve que Pain Surprises, c’est une équipe de gens trop sympas. Quand on les a rencontrés, ils organisaient une fête. C’était pour la release party de l’EP de Jacques. C’était une fête trop bien, avec plein de happenings : il y avait un expert en beurre, une salle où il fallait résister à la tentation de danser sur un morceau et si on résistait, on gagnait un cocktail. Il y avait une ambiance fraîche. Quand on nous a proposé de travailler avec eux, on s’est dit que ce serait intéressant.

Martin : C’est assez logique en fait.

Louis : Ce sont de bons amis et ça fait toujours plaisir de travailler avec des amis.

J : Le contact est très facile et les choses se passent simplement, c’est super appréciable.

L : C’est quand même plus sympa que Barclay pour cet aspect-là.

LVP : Je sais que ce nouvel album a été en partie enregistré chez Jacques. Comment ça s’est passé ?

L : Jacques nous a un peu permis de nous retrouver. On a eu avec lui des discussions qui ont permis d’avancer sur les morceaux. Il nous a un peu aiguillés sur certaines idées qu’on pouvait avoir et c’était trop bien. Il intervient sur deux morceaux. Il a proposé des petites instrus, des petites choses comme ça.

J : Au début, on avait un peu un recueil de démos qui était assez large. Du coup, il nous a aidé à dégrossir le mammouth si on peut dire.

LVP : Si je compte bien, c’est votre septième album : est-ce qu’on peut dire que c’est l’album de la maturité ?

J : Si on a pas atteint la maturité au bout de sept albums, je pense que ce n’est pas sûr que cela arrive un jour. Généralement, les gens arrivent à la maturité au troisième album.

M : C’est un peu triste de parler de maturité parce que c’est presque se dire que c’est la fin de quelque chose.

J : Ça fait un peu peur aussi, parce que souvent l’album après l’album de la maturité, il est considéré comme moins intéressant. Donc c’est peut-être pas quelque chose à nous souhaiter.

LVP : Qu’est-ce qui a changé dans votre approche de la création par rapport aux précédents albums ? Qu’avez-vous appris ?

M : Plein de trucs ! On change constamment. En fait, on travaille surtout sur un logiciel de musique, et plus on travaille sur ce logiciel, plus on le découvre, plus on le comprend et plus on arrive à réaliser les choses qu’on a en tête. Je pense aussi que plus on fait des choses, plus on a envie de préciser nos concepts, nos paroles. Je pense qu’on va jamais s’arrêter de changer.

L : C’est toujours une balade. Tu te balades et t’es inspiré par tel truc. C’est la suite de la balade quoi.

J : En fait, à la base on était un peu émerveillé au point d’être choqué par certaines choses. Du coup, on les a exprimées de manière très brute et en fait on se rend compte qu’il y a quand même des obsessions, des choses qui nous ont frappés, qui étaient présentes dans notre premier album et qui sont encore présentes maintenant. C’est juste que maintenant, on les aborde d’une manière différente mais on sent que les thématiques sont là, le choix des mots est là. On précise un peu notre pensée aussi. Le truc évolue au fur et à mesure qu’on évolue dans notre compréhension du monde.

LVP : Justement, vous avez fait une chanson là-dessus il y a quelques années : est-ce que vous vous considérez dorénavant comme des professionnels de la profession ?

J : C’est drôle, en plus c’est un festival de pro ici !

M : C’est marrant parce que pas plus tard qu’aujourd’hui on l’a dit. Maintenant on a un ingé son, on a notre ami Martin qui fait la vidéo avec nous, on a une chanteuse en plus qui s’appelle Moyen-Age.

J : On t’accueille dans notre tourbus ! Je crois qu’on est bien pros là.

LVP : Dans l’album, une chanson s’appelle Les Humains. Au fond, c’est quoi pour vous être humain ?

M : C’est une question super dure.

L : En fait, on peut pas trop le savoir parce qu’on n’a pas du tout conscience de ce que c’est de ne pas être humain. Du coup, on ne peut pas savoir ce que c’est que d’être un arbre, une fourmi. Mais on peut l’imaginer.

M : Il y a un truc que les gens disent souvent. Imagine une personne qui fait preuve de cruauté envers un animal et une autre personne va lui dire “Putain, c’est pas humain ce que t’as fait”. Pour moi, à la fois la compassion et la cruauté de ces deux personnes, ces deux spectres opposés font partie de l’être humain. Et aussi les gens qui sont apathiques face à ce genre de situation.

J : Cette musique essaie de dire ça, elle essaie de se mettre à la place de quelqu’un qui n’est pas un être humain et de voir à quel point les êtres humains peuvent faire des choses étranges, à quel point ils ont des activités bizarres, qui leur appartiennent.

L : Faire de la musique, un film…

J : Porter des vêtements. Quand on regarde toute la somme de nos réalisations, ce qu’on fait, comment on a modifié notre paysage, comment on vit notre vie, c’est ça l’être humain, et c’est super intéressant. Difficile à définir en tout cas.

LVP : Ce serait quoi votre définition du cool ?

M : La définition du cool, pour moi, ce serait de faire ce que t’aimes faire, aimer ce que tu fais et pas faire chier les gens.

J : Pour chercher une définition qui serait plutôt philosophique : de l’ouverture, du questionnement perpétuel, de la recherche, du kif et du partage.

L : Ouais, ça peut être ne pas faire grand chose aussi. Cool, relax.

J : Le cool, c’est un mot à mille facettes.

LVP : La cathédrale Notre-Dame a brûlé la semaine dernière et le gouvernement a décidé de lancer un concours pour les plans d’une nouvelle flèche. Comment elle serait la flèche proposée par Salut c’est cool ?

L : Une grue.

J : Ce serait intéressant d’avoir un objet à grande échelle, comme un stylo. Bien représenté mais grand. Une bouteille d’eau ou quelque chose de figuratif. Comme un doigt.

L : Un gros pif.

J : Je pense que ça plairait pas forcément aux personnes qui reconstruisent ça.

Rare image de Notre-Dame telle qu’imaginée par Salut c’est cool

LVP : Au fait, c’est quoi selon vous la grande question de la vie ?

L : Ça va ?

M : Ouais, c’est pas mal.

L : Chaise ?

LVP : Et la réponse alors ?

SCC : Chaise.

LVP : Je me demandais, qui était là en premier pour vous : l’œuf ou la poule ?

M : Ah, moi je sais ! C’est l’œuf, parce que les dinosaures avaient des œufs. Avant qu’il y ait une poule, il y avait un œuf de dinosaure. Voilà !

LVP : Qu’est-ce que vous avez écouté ces derniers temps ?

J : Luke’s Anger.

M : J’ai écouté Johan Papaconstantino dernièrement. On l’a vu au Festival Panoramas et on a beaucoup aimé son concert.

J : (sort son téléphone) Kid Spatula, c’est assez sympa. Plone, Manfredas.

LVP : Comment vous imaginez Salut c’est cool dans 10 ans ?

SCC : Aucune idée !

J : Ce sera assez intéressant parce que notre physique aura vraiment changé. Là, on a encore un peu des physiques adolescents. De moins en moins, mais il y a encore un reste un peu jeune. Et il y a un switch qui va se passer dans les dix prochaines années, où on va vraiment avoir les visages des personnes qu’on considérait comme des adultes. Du coup, ça va être intéressant de voir si on continue à faire des clips comme on les fait.

L : Ce sera bien que ce soient des vieux.

J : Ça apportera un nouveau truc.

LVP : Vous avez peur de beaucoup de choses (dans la chanson Canon des peurs) mais est-ce que vous avez peur de vieillir ?

SCC : Non, ça va.

M : Plus peur de moisir. On va vieillir physiquement mais tant qu’on devient pas des vieux cons c’est bon.

J : C’est à nous de faire une version plus moderne de notre musique. Quand on dit “Ah ce groupe là, ça a vieilli”, ça veut dire que la musique a été refaite un peu mieux par quelqu’un d’autre.

M : Je crois pas, je crois que ça veut surtout dire que ça stigmatise une période. Par exemple, la musique Gilet Jauné, elle va vieillir.

J : Même le style africa beat, c’est possiblement un truc qui est appelé à vieillir. C’est tellement raccroché à l’instant.

M : C’est du pur présent. Le présent devient forcément du passé au bout d’un moment.

LVP : Pour finir, qu’est-ce que je peux vous souhaiter ?

J : Des belles rencontres à faire dans le futur.

M : Et surtout, qu’on continue de se marrer !

Salut c’est cool sera en tournée dans toute la France à partir du 9 mai dans le cadre de la tournée Société Ricard Live Music. Le groupe se produira notamment à La Gaîté Lyrique le 29 mai prochain. Leur septième album Maison sortira le 24 mai chez Pain Surprises.

 

Bonus : Les photos du concert au Printemps de Bourges

 

© Alphonse Terrier