Irène Dresel célèbre la scène musicale féminine indépendante au Trabendo

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À la fin de l’année dernière, Irène Dresel a investi le Trabendo en compagnie de Musique Chienne, Fishbach, Maud Geffray et Brigitte Fontaine pour une soirée Carte blanche particulièrement éclectique, destinée à mettre en lumière la scène musicale féminine indépendante dans tout ce qu’elle a de plus beau et de plus varié. On y était, on vous raconte.

Peu importe que l’on soit célèbre ou inconnu, on a tous une idole ou du moins un modèle, une source d’inspiration, un exemple qui a su faire naître en nous une vocation. Et qu’on soit artiste ou anonyme, il est bien peu d’occasions dans une vie de se voir entouré de celles et ceux qu’on aime et qu’on admire. Ce bonheur rare et si précieux, le festival Les Femmes s’en mêlent l’a offert à Irène Dresel le 29 novembre dernier au Trabendo en lui proposant de se charger de la programmation de la soirée. Et pour l’occasion, la musicienne s’est entourée de ce qui se fait de mieux en matière de scène musicale féminine.

Elle a d’abord laissé la place à Sarah-Louise Barbett, qui officie sur scène sous le doux nom de Musique Chienne. Malgré quelques problèmes techniques, la Bruxello-Parisiano-Marseillaise a fait honneur à sa réputation en proposant une prestation aux vagues électroniques burlesques, achevé sur une étonnante interprétation d’un sketch d’Elie Kakou version électronique.

Entre chaque prestation, Fishbach, que l’on connaissait davantage pour sa voix caverneuse et ses prestations habitées, a laissé entrevoir ses talents de diggeuse en agrémentant les changements de plateaux de sets bien sentis, au cours desquels se sont côtoyés les titres de Maryam Saleh & Zeid HamdanKOKOKO!, El Deux ou encore Johan Papaconstantino.

Jusqu’ici très légère, l’ambiance s’est appesantie lorsque les lumières se sont éteintes. Il faut dire que les apparitions de Brigitte Fontaine se font de plus en plus rares et que sa longue et prolifique carrière a suscité autour d’elle un impressionnant engouement. Au premier rang, les curieux issus de deux ou trois générations différentes se sont pressés pour apercevoir celle dont on ne sait jamais quoi attendre. Et après quelques minutes d’un blues écorché joué par son guitariste, Yan Péchin, qu’elle fera taire d’un retentissant “ta gueule !”, Brigitte Fontaine est apparue sur la scène du Trabendo. Vingt petites minutes d’une prestation étrange et poétique, parfois récitée, parfois slammée, parfois fredonnée, toujours entrecoupée de cris qui confinaient à la transe chamanique, bref : une prestation propre à entretenir la légende de Brigitte Fontaine.

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C’est à la fin de cet intrigant spectacle qu’est apparue la maîtresse de cérémonie, flanquée de son acolyte percussionniste. Sur scène, la formule fonctionne toujours aussi bien. Parés de leurs imposants costumes disco-futuristes, Irène Dresel et Sizo Del Givry ont délivré une performance intense et mystique, apposant de délicats murmures et des mélodies aériennes à la lourde lame de fond techno de leur musique. L’effet en a été immédiat, tirant le public de la torpeur fascinée et curieuse dans laquelle il avait été plongé.

En guise d’apothéose d’une soirée déjà riche, Maud Geffray, géniale moitié du duo français Scratch Massive et auteure du superbe Polaar, est venue répandre sa musique dark-wave glacée sur une audience galvanisée et résolue à conclure la nuit en dansant. La touche finale d’un véritable portrait de la grande famille de la musique féminine indépendante française.

 

Crédit photo : Les Femmes s’en mêlent