Kim fait voyager le ukulélé

Tu fais tourner ?
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

Youpi, revoilà Kim Giani ! Mais avait-il seulement disparu ? Le musicien pop le plus prolifique de la scène française revient avec un nouvel album. Honnêtement on ne sait plus le combien, on a finalement arrêté de compter. Cette fois-ci, et un peu comme il l’avait fait avec son Banjo Tape, c’est désormais au ukulélé qu’il a décidé de redonner ses lettres de noblesse. Un instrument qu’on adore souvent détester. Mais ça c’était avant.

Oui on l’avoue, on a un apriori un peu négatif sur le ukulélé. On l’aime bien quand il se fond dans un groupe, mais c’est vrai qu’en règle général, l’instrument à lui seul commence par nous amuser et au bout de quelques minutes, on passe de l’amusement à l’irritation. En plus soyons honnête, si on parle ukulélé, on voit tout de suite un hawaïen en short qui chante Somewhere Over The Rainbow. Pourtant cet instrument, comme tout instrument d’ailleurs, se transforme en vecteur magique s’il est confortablement installé dans les mains de celui qui saura le faire sonner. En 2011 déjà, le brillant Eddie Vedder nous l’avait démontré avec l’impeccable Ukulélé Songs. Car oui, le ukulélé est capable de se transformer en vaisseaux à émotions diverses, et cet état de fait, Kim nous le démontre une nouvelle fois aujourd’hui avec sa très bonne Uku Tape.

 

On l’avait déjà dit lorsqu’on s’était intéressé à son Blues De Geek Manifesto, la musique de Kim est de celle du voyage. Jamais attachée à un genre, elle l’est encore moins à un langage particulier. Ici ce n’est pas moins de cinq langues différentes qui seront utilisées : le russe, le français, l’anglais, l’arabe et l’italien. La beauté du projet, et sa grande réussite, vient du fait qu’au final chaque chanson s’accroche à la langue et offre des intentions et des intonations aux couleurs, il suffit ainsi de fermer les yeux pour se retrouver envahi d’images notamment sur les chansons russes (que Kim parle couramment) Новая завтра et Толка ou l’enjouée Tesoro mio a te écrite par Youssef Abado aussi à l’œuvre sur la ballade عائلتي . On voyage aussi dans le temps avec cette superbe reprise de Diga Diga Doo des Mils Brothers qui nous donne clairement envie de danser un petit charleston. On adore aussi la géniale Quelque Chose Me Chiffonne co-écrite avec sa comparse Cléa Vincent, la version épurée et toute aussi rêveuse de The Oriental Jasmine ou encore la joyeuse Guuurl écrite par Valerie Hernandez. Et si dans ce voyage lumineux et réjouissant, les chansons ne dépassent pas les 3 minutes, il existe une exception : Paulette Blues, hommage à la regrettée Paulette Wright est une ballade puissante, qui traine t de l’incompréhension encore plus et ce titre en est une preuve incroyable.

 

Plus qu’un simple album concept qui aurait fatalement fini par tourner à vide, Uku Tape est un album de Kim. En ce sens il ne ressemble à aucun autre. Beaucoup de folie, une grosse dose d’amour, du talent à revendre, cet album prouve une nouvelle fois que les instruments ne sont pas bons ou mauvais, mais qu’ils dépendent entièrement de ceux qui les utilisent. Kim aura au moins eu le mérite de nous faire reconsidérer ça. Et de nous faire danser sur du ukulélé. On peut clairement dire que le pari est réussi. La suite arrive très vite, puisqu’il nous a déjà annoncé un nouvel album à venir pour juin.