Kingdoms in Colour : le tour du monde en 44 minutes de Maribou State

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Le duo britannique revient avec un deuxième album, après le succès de son premier essai « Portraits » en 2015. Il est des albums que l’on écoute pour leurs textes âpres qui nous prennent aux tripes, d’autres pour leur musicalité, leurs sons et leurs rythmes qui nous transportent et nous racontent des histoires sans un mot. Le second album de Maribou State fait partie de cette trempe-là. Riches des souvenirs de leur tournée mondiale, Chris Davids et Liam Ivory ont produit ce chef-d’oeuvre électronique très réussi qu’est Kingdoms in Colour.

« Portraits » avait été réalisé en huis-clos pour l’ensemble des pistes et ces dernières contenaient des sonorités assez similaires tout au long de l’album, preuve que le duo avait enregistré l’entièreté des morceaux au même endroit. Les premiers albums des artistes sont souvent des albums de chambre ou de studio avant qu’ils ne soient amenés à en écrire un deuxième, dans de conditions souvent bien différentes. Ce deuxième opus est davantage un univers sonore, né de leurs diverses inspirations à travers la planète, dans lequel le duo nous invite à entrer. Les dix pistes sont à l’instar de dix royaumes, liés entre eux et pourtant si différents, pour former un système homogène. Les deux acolytes voulaient créer quelque chose de plus grand, quelque chose qui est définitivement palpable et qui peut transporter chacun dans un autre pays ou dans un endroit complètement imaginaire caché au fond de leur esprit.

Chaque morceau est inspiré par des samples (échantillons de musique) provenant de différents endroits sur Terre, avec des collaborations qui apportent une dimension universaliste au projet auquel ils ont longuement réfléchi. Turnmills est l’exemple le plus probant et sans doute le coeur de l’album tant le titre est l’un des plus réussis du disque. Avec un sample du Kashmere Stage Band, un groupe du Texas tout droit sorti des années 70, les deux amis associent des carillons et des rythmes très funk pour un rendu qui donne une sensation de sérénité, une impression de quête improbable sur le dos d’un animal ailé dans un anime. Vient ensuite la chaleur et le réconfort de Nervous Tics avec la voix sublime et onirique de Holly Walker, qui collabore sur plusieurs titres de l’album, pour un titre très smooth. Glasshouses vous laissera planer, flotter dans un jardin d’Eden au détour d’une mare remplie de koïs avec des chants d’oiseaux dans votre dos. L’utilisation de samples efficaces est à son apothéose dans Feel Good, en featuring avec le collectif de funk Khruangbin de Houston, où le groove, les percussions et les voix offrent un morceau éclatant et entraînant.

C’est en ayant Part Time Glory en fond sonore que je me rends compte que rarement un album ne m’a donné autant de sensation de voyage, de paix et de bien-être. Kingdoms In Colour semble être le coeur d’une playlist toute trouvée pour se relaxer dans son bain, dans un jardin calme au soleil ou encore blotti dans son lit, le regard vers la fenêtre qui donne sur le monde extérieur. L’ensemble du disque respire la diversité et l’évasion. Les deux britanniques ont créé un prisme musical inédit qui transporte l’âme dans un voyage musical à travers le monde et à travers son propre esprit.

Touche-à-tout, gosse éparpillé, enfant de l’indietronica se découvrant un goût pour la nouvelle pop française.