La corrosive délicatesse de Grand Blanc à la Cigale

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En ces temps de hausse du prix de l’essence, retourner dans le Grand Est devient compliqué. On s’est donc muni de notre propre gilet jaune – un maillot extérieur du FC Metz époque Kastendeuch/Letizi – et on a filé à la Cigale dont la scène était prise d’assaut par Grand Blanc.

Si on vous parle de ça, c’est parce que le club lorrain et le quatuor partagent de nombreuses similitudes : fiertés de la ville de Metz, ils évoquent tous deux une époque révolue, une certaine idée du panache et un côté désabusé célébré avec force. Et alors que le FC Metz cherche désespérément le feu sacré de ses années 90, c’est en puisant dans cette même période que Grand Blanc propose un vrai moment de rock sans compromis Boulevard de Rochechouart.

Avant cela, c’est l’ami Jazzboy qui ouvre le bal. Entre son expérimental, performance au sein du public, apparition d’une nonne et d’un ange sur scène et solos de vocoder à la Runaway de Kanye West, il divise la Cigale entre adorateurs et athées. Félicitations à lui pour avoir appliqué une véritable narration à un set de première partie, en naissant puis en mourant au milieu de la fosse.

Il laisse donc sa place à Grand Blanc, qui attaque fort avec Surprise Party et qui enchaîne rapidement les rythmes industriels à l’image de L’Amour Fou. Les riffs de guitare sont acérés, les nappes de synthé acides. Dans l’assistance, les sternums de corps oscillant dangereusement sous les coups de batterie vibrent au son de la basse analogique. Si les couplets sont emplis de tension, les refrains, eux, sont tout bonnement violents. On sent la foule prête à s’embraser d’un moment à autre, n’attendant qu’une excuse pour plaider la folie. L’étincelle sera allumée par le post-punk Verticool pour un pogo qui restera tout de même bienveillant.

Le quatuor réussit pourtant à placer de véritables moments d’émotion pour des accalmies bienvenues avec les morceaux Télévision, Rêve BB Rêve, Belleville ou encore Los Angeles. Mais aussi et surtout le poignant Ailleurs, dont le public aura droit à une version longue trop rarement performée sur scène. On profite de quelques envolées pour mesurer l’envergure récemment prise par Camille au chant.

Pour un rappel en guise de bouquet final, Ben entame le cryptique Montparnasse seul, rejoint tour à tour par Camille, Korben et Luc en un long monologue à la tension grandissante qui débouchera sur une outro libératrice. Un dernier moment d’hystérie collective sur l’hymne new wave Samedi La Nuit, et c’est déjà le moment de laisser une foule encore fébrile rentrer chez elle. Pendant ce temps, le FC Metz caracole en tête de la Ligue 2 et rêve à une ascension à l’étage supérieur. Au vu de ce qu’a proposé Grand Blanc ce soir, on pourrait parier que 2019 sera une année de succès en Moselle à bien des égards.

SETLIST

Surprise Party

Los Angeles

Rêve BB Rêve

Belleville

Les Iles

Isati

Degré Zéro

Aurore

Verticool

Image Au Mur

Télévision

Ailleurs

L’Amour Fou

Montparnasse

Samedi La Nuit

Petit, je pensais que Daniel Balavoine était une femme. C’était d’ailleurs ma chanteuse préférée.