La non-interview de Parquet Courts

Tu fais tourner ?
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Au festival normand Beauregard début juillet, j’ai eu la chance de rencontrer brièvement Parquet Courts, un des groupes de rock les plus excitants (et excités) des dix dernières années. De New-York à la banlieue de Caen il n’y a qu’un pas, et le quatuor de Brooklyn n’était pas très concentré – c’est un euphémisme – après son show sur la main stage. Après 7 minutes 30 d’interview montre en main et clopes au bec, voici ce qu’il reste de l’entretien en roue libre d’Andrew Savage et sa bande. 

La Vague Parallèle : Salut ! Merci de nous accorder cette rencontre, c’est assez rare de vous voir en France. Parlez-nous de l’élaboration de votre dernier album, Wide Awake!, sorti en mai dernier chez Rough Trade.
Parquet Courts : Alors je vais te dire, c’est plutôt simple. On a enregistré pas mal de démos à l’arrache, sans objectif précis, dans notre salle de répet à Brooklyn. Et là, out of nowhere, Danger Mouse (producteur pour Gorillaz, The Black Keys et U2 entre autres, ndlr) nous appelle. On adore ce type, il est génial. Il nous a demandé comme ça de venir au Texas pour enregistrer d’autres démos. On a dit : alright Brian… Et on a aménagé tout notre emploi du temps pour lui. Nous voilà à la frontière du Mexique, au milieu de nulle part. Au départ, on jouait pour le fun, pour déconner, mais au final on en a sorti un disque… C’est arrivé très rapidement, complètement par hasard.

LVP : Sur ce disque il y a une chanson incroyable qui s’appelle Total Football, en référence à une technique de jeu utilisée par l’Ajax dans les années 70. Vous pensez que le concept de football total puisse être appliqué à un groupe de rock ?
PC : Bien sûr, ça pourrait carrément se faire ! Peut-être que ce sera le cas bientôt. On ne sait pas, si ça se trouve un jour le chanteur deviendra batteur, le batteur fera de la harpe et le guitariste jouera au basket. (rires)

 

*Ils entendent un morceau au loin, sur la grande scène*

Ah mais c’est The Breeders, le morceau Safari je crois. Trop cool cette chanson ! C’est un super groupe.

LVP : Racontez-moi l’écriture d’une chanson sur le dernier album, peut-être une qui a une histoire particulière…
PC : Mmh, je sais pas mec. Elles ont toutes un putain d’histoire… Toi, choisis-en une !

LVP : Je dirais Wide Awake, votre nouveau single.
PC : Sean et moi (Andrew), on travaillait sur les démos, comme je te disais tout à l’heure à New York. Au départ, on avait rien tu vois, on cherchait quelque chose de cool. Mon frère Max a enregistré une chanson, j’ai trouvé une ligne de basse, on a mis la guitare lead par dessus. Là il a dit : on devrait appeler cette chanson « Wide Snake », puis ça s’est transformé en Wide Awake. Pourquoi ça a changé ? J’en ai aucune putain d’idée. En vérité, toutes nos chansons ont été écrites comme ça.

LVP : J’ai l’impression que votre son est beaucoup plus extraverti sur le nouveau disque, par rapport aux anciens qui étaient plus sombres, je me trompe ?
PC : Well, je ne m’en étais pas spécialement rendu compte mais tu as peut-être raison. C’est lié à l’évolution globale du groupe, peut-être que Danger Mouse nous a pas mal influencés.

LVP : C’est quoi être rock en 2018 ?
PC : C’est très dur d’être rock, putain c’est dur… C’est dur comme du ciment juste avant que ça ne devienne une brique. Tu sais, quand le ciment est semi-liquide ? J’imagine qu’il n’y a rien à comprendre à cette phrase.

LVP : Vous pensez qu’il y a une dimension politique là-dedans ?
PC (tous ensemble) : Non.

LVP : Bon… On va faire plus simple : votre meilleure expérience de scène et juste après la pire.
PC : Le meilleur souvenir récent, c’est certainement Primavera en 2016, en Espagne. Incroyable public, c’était la folie. Pour le pire, alors là… Une fois, ma guitare a pris feu pendant un concert, c’était horrible. J’ai été obligé de l’éteindre en la piétinant, t’imagines putain ? J’ai dû faire tout le concert en chantant mes parties de gratte, c’était vraiment absurde. Et puis les flics sont arrivés, tellement messed up.

LVP : Si vous aviez une sortie à nous faire découvrir ?
PC : Tierra Whack, Whack World, excellent disque.

 

LVP : Merci les gars ! Dernière question, c’est quoi vos projets pour la suite, la prochaine étape ?
PC : Pour l’instant, on va aller jouer au golf à l’espace VIP. Salut !

Et les voilà repartis aussi vite qu’ils étaient arrivés… C’est bien la première fois qu’un groupe accorde si peu d’importance à sa promo et à son image ; au final, heureusement qu’il reste des groupes comme ça. Est-ce que finalement ce serait ça être rock en 2018 ?

Fils caché de Thomas Mars et Dan Snaith, j’ai quitté ma ville pour la capitale. C’est une bonne situation ça scribe ?