Le futur de la musique française en live ! - Les Paradis Artificiels

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S’il y a bien quelque chose à reconnaître de la France, c’est qu’on fait de la bonne musique. Que le succès dépasse les frontières ou reste national, nos artistes ont su être novateurs et influents à leur manière. Encore aujourd’hui, des artistes locaux émergent grâce à cette dynamique de création qui a nourri notre culture artistique. Si un festival programme un même soir un line-up aussi éclectique que cette soirée au Zénith de Lille, ce n’est pas un hasard : la France regorge de talents, et il y a un public pour ça.

Pas besoin de s’arracher les cheveux pour faire une prog’ à thème, Les Paradis Artificiels décident tout simplement d’enchaîner des chansons mélancoliques avec de la house feel-good, puis une rave punk avec des nappes d’electro-pop, pour finir sur une douce techno pianotée. Un samedi soir.

Retour sur cette série de lives qui n’ont que la nationalité et le talent comme points communs.

Clara Luciani

Forte d’une Victoire de la Musique pour récompenser son live et d’une réédition d’album sortie en février dernier, le phénomène Clara Luciani est lancé. La première chose qui frappe, lorsque la chanteuse entame son live avec On ne meurt pas d’amour, c’est le timbre de sa voix. Celui-ci est encore plus impressionnant en direct qu’en écoutant son disque Sainte Victoire : Clara ne triche pas, son talent vocal est brut, naturel. Qu’on aime ou pas la chanson française, personne n’est de marbre face à cet élégant ton grave qui, à travers les textes de l’album, se révèle on ne peut plus féminin. Les musiciens, presque mascottes de sa carrière, enrobe le tout d’une ambiance rock et funk à souhait. Ces derniers sont absents seulement pour la laisser entonner l’un des plus beaux hymnes féministes de ces dernières années : Drôle d’époque. Les tubesques La Baie et La Grenade achèvent le concert en nous rappelant pourquoi Clara Luciani a toutes les cartes en main pour devenir l’un des prochains rouleau-compresseurs de la chanson française : elle est polyvalente, talentueuse, son live est une bouffée de fraîcheur pour toutes les générations comme l’a montré le public du Zénith de Lille ce soir-là.

Kiddy Smile

La suite n’a rien à voir avec le concert précédent, comme prévu. Kiddy Smile est là pour faire bouger des culs. A commencer par le sien, et celui de ses danseurs et chanteuses. Le terme “feel-good” a dû être inventé pour sa musique : le chanteur (et DJ) réinvente la house pour porter sa chaleureuse voix, le tout en exposant sa culture sans filtre du voguing. On se retrouve avec un concert à mi-chemin entre un DJ set qui s’écoute autant qu’il se regarde et un live pop en cadeau à la communauté LGBT qui leur permet d’être les stars dans le public ce soir-là. Le point culminant du live est sans aucun doute le tube Be Honest qui dessine un sourire sur le visage de toute la salle. On voudrait dire que Kiddy Smile est un personnage bourré d’énergie positive, mais non, c’est lui-même. Un concert pour tout lâcher et mieux reconnecter, grâce à l’un des héritiers les plus dignes, aujourd’hui, de ce qu’était la house originelle, “satisfaction garantie”.

Bagarre

“C’est quoi comme style ?”… Une question difficile lorsqu’on demande de décrire musicalement Bagarre. De l’electro-punk qui hurle ? Un hymne social de rave ? Il faut le vivre pour le croire. L’album CLUB 12345 est taillé pour la scène, c’est un fait et on vous en a déjà beaucoup parlé sur La Vague Parallèle. Bagarre est toujours autant une claque qui fait plaisir, une musique sombre mais essorée de toute haine. Le live ne tourne jamais en rond, puisque les rôles s’échangent à chaque titre, chacun est amené à venir au micro et à toucher aux autres instruments, même si La Bête a le beau rôle car il termine le concert en criant à tous de s’aimer les uns les autres, bordel de merde. Ce concert a même été l’occasion pour eux d’inviter sur scène les danseurs fous du concert de Kiddy Smile pour mettre le feu au Zénith. Et si vous allez voir Bagarre en live, n’oubliez pas, avec de la chance vous les verrez tout casser à la fin de leur concert !

Jeanne Added

La voilà, la reimoise couronnée de succès pour son album Radiate qui est arrivé dans le paysage musical de l’hexagone comme une petite décharge électrique ! Et cette décharge, tout le public se l’est prise ce soir-là. Son live est à la fois puissant, touchant et solennel. Jeanne Added laisse glisser sa voix sur des compositions exigeantes, des nappes d’électro-pop parfois coupées au couteau, on s’étonne à taper du pied sur des basses électroniques sur lesquelles la chanteuse danse, court et se bat. Un show prenant, qui confirme le talent de Jeanne Added, pour qui son album était déjà une réussite nationale.

The Blaze

On termine cette soirée des Paradis Artificiels au Zénith de Lille avec un live set des petits nouveaux sur la scène électro française : The Blaze. Difficile de parler d’eux : leur album Dancehall est un succès, un hommage à la mélancolie des souvenirs de raves et de warehouses à Détroit. Pour autant, le passage en live d’une musique aussi pointilleuse et touchante est compliqué : The Blaze peine à faire bouger le public sur une musique qui ne se prête pas à la fête pure et dure. Les intentions sont bonnes, et le tube She est d’une puissance qui n’est plus à prouver par exemple, mais ce n’est pas la puissance qu’on attend lors d’un show. Celui-ci apparaît un peu trop calme mais réussit à finir la soirée sur une note douce et apaisante. A écouter lors de votre trajet de retour en métro après une soirée arrosée, plutôt.