Le prince Baxter Dury au Casino de Paris

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Jeudi 17 mai, le soleil a décidé de pointer le bout de son nez en fin de journée, inondant les terrasses parisiennes de sa lumière et de sa douceur. Le genre de temps qui donne envie de flâner et de boire des pintes avec ses potes tout en refaisant le monde et en agrémentant ses discussions de plus de conneries que nécessaire. Bref, le genre de moment qui fait qu’on oublie le temps. Mais on est quand même un peu sérieux, et on n’oublie pas que ce soir-là, on a rendez-vous avec un prince parmi les princes, bien plus important à notre cœur qu’Harry dont on nous parlait tant à ce moment. On parle bien sûr du Prince Of Tears, Baxter Dury, qui donne ce soir l’ultime show de sa tournée de mai dans le bel écrin qu’est le Casino de Paris.

Autant le dire tout de suite, on est en terrain plus que conquis lorsqu’on parle de Baxter Dury. Déjà parce qu’il fait de l’excellente musique, son dernier album en est une nouvelle preuve, et surtout parce qu’on l’aime bien, notre Anglais. Il nous a eu par surprise, en 2011 avec son très gainsbourien Happy Soup et depuis, il ne nous a pas lâché. Mais l’histoire d’amour qu’on entretient avec le bonhomme se joue aussi sur scène, où il nous fait littéralement flancher à chaque fois. Il nous éblouit de sa nonchalance et de sa classe éthylique et ce, depuis notre première rencontre en 2012 entre les murs de la Rotonde du Botanique.

Et ce nouveau show ne viendra pas remettre en question tout l’amour qu’on porte à Dury, bien au contraire. Si son dernier album était un disque sombre, douloureux, sensible et par moment assez neurasthénique, il n’en est rien sur scène. C’est même tout l’inverse, puisque Baxter a ramené la lumière avec lui. Sa gouaille, sa démarche chancelante et son verre de vin jamais très loin y sont sans doute pour beaucoup. La setlist de ce soir joue aussi puisqu’une bonne partie de celle-ci est consacrée à Happy Soup : Isabel, Leak At The Disco, Happy Soup ou encore Picnic On The Edge…  S’il voulait raviver les flammes de notre relation et les transformer à nouveau en brasier, Baxter Dury n’aurait pas pu s’y prendre mieux.

Il sourit, danse étrangement et pose sa voix à la perfection sur des titres plus géniaux les uns que les autres. On le regarde clairement avec les yeux de l’amour, lui pardonnant tout, notamment cette manière d’en faire un peu trop parfois, de surjouer ce rôle de crooner bancal dans lequel il semble parfois trop enfermé.

Bien sûr, s’il donne une bonne partie de sa playlist à des titres de l’album qui l’a définitivement attiré vers la lumière, il n’en oublie pas son dernier opus Prince of Tears, qui prend l’autre moitié de la soirée. Accompagné de musiciens – dont un batteur et un bassiste assez impressionnants – et choristes, tous excellents, il nous offre des moments assez forts et puissants musicalement, notamment sur les courtes mais intenses Letter Bomb et Almond MilkBaxter n’est plus chanteur, mais se fait conteur, nous raconte des histoires de manière très littérale et nous emmène là où il veut aller avec une facilité déconcertante. Il délaissera le micro un instant sur Porcelain, la chanson la plus dure et triste de son dernier album, mais ce n’est que pour mieux nous enchanter de nouveau avec Mungo et Oi.

Il fait un petit détour par son quatrième album pour les excellentes It’s A Pleasure et Palmtrees afin d’annoncer la fin du set avec la disco-hypnotique-egotrip à la basse ravageuse (comme à peu près toutes les chansons, et encore plus en live, la basse ressort particulièrement)  Miami.

Mais la partie ne pouvait pas s’arrêter la, on s’en doutait, et Baxter et son groupe ne mettent que peut de temps avant de revenir sur scène pour un rappel. Toute personne ayant déjà vu Dury sur scène le sait, c’est le moment qu’il choisit pour sortir une de ses cartouches les plus excitantes sur scène, l’extraordinaire Cocaine ManLa chanson, en live, traine en longueur et gagne au fur et à mesure en intensité et en puissance. C’est un choc, un coup de poing à l’estomac tant cette chanson nous frappe de par sa sincérité, son son et sa manière d’être interprétée. S’il nous fallait un unique argument pour vous inciter à aller voir Baxter Dury en live ce serait celui là : cette chanson est à voir au moins une fois en live tant elle nous ravage.

Le show se termine finalement avec Prince Of Tears et sa mélancolie douce amère qui confine au sublime. Une fois encore, Baxter Dury nous aura eu, on ne peut que s’incliner et lui dire à bientôt. Ça ne fait pas de doute.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.