Le vertige rock de Minuit

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Pour Minuit, il n’est jamais trop tard. Après 5 ans de carrière, un premier EP prometteur et une réputation de bêtes de scène qui n’est plus à faire, le groupe est de retour et trace sa route avec un premier album confectionné avec patience et passion. Vertigo, c’est son nom, est taillé pour le live et devrait porter un groupe voué à occuper les sommets du rock français.

Ils auraient pu s’engouffrer dans la brèche béante ouverte par leurs parents, mais cela aurait sans doute été trop facile. Bien au contraire, Raoul, Simone, Klem et Joseph, les quatre membres de Minuit, ont mis un point d’honneur à écrire leur propre histoire, entamée en 2013 et patiemment modelée au gré des concerts, des tremplins, des petites salles, des longues tournées et des autres jalons qui parsèment à ses débuts la trajectoire de tout artiste qui se lance corps et âme dans une aventure musicale. Et que les deux premiers cités soient les enfants de Catherine Ringer et Fred Chichin, qui formaient les Rita Mitsouko, ne change rien à l’affaire : il semble bien que Minuit n’ait jamais cherché la facilité et se soit accommodé de ses glorieux ascendants sans leur accorder trop de place ni s’en affranchir ouvertement, comme on assumerait plus facilement une ressemblance physique en grandissant.

Comme un symbole, c’est au Bus Palladium, légendaire temple parisien du rock où Raoul et Joseph se sont rencontrés et ont entamé le premier chapitre de l’histoire du groupe, que les quatre larrons célébreront ce soir la sortie de leur premier album, Vertigo.

Ils nous l’expliquaient il y a quelques semaines en interview : pour cet album, les membres de Minuit sont repartis de zéro… Ou presque. Si le groupe a effectivement mis de côté les jolies pistes qui composaient son premier EP quand d’autres choisissent de les incorporer à leur premier long format, il a revanche conservé avec bonheur l’identité flamboyante et soignée qu’il a développée sur scène depuis ses débuts, glanant au passage le prix du jury des Inrocks Lab en 2015 et une nomination méritée dans la catégorie « Révélation scène » des Victoires de la Musique 2017. C’est d’ailleurs sur les planches que Minuit a dressé son laboratoire musical, testant et éprouvant ses trouvailles en conditions réelles, en laissant certaines de côté et en retenant celles qui étaient le mieux assorties à l’esthétique rock du groupe, à ses couleurs et à son énergie.

Le résultat, c’est Vertigo, un disque solide et nuancé, tout en restant cohérent. Minuit y explore toute l’étendue de son répertoire rock sans hésiter à en transgresser les limites : le groupe pare Obsession d’apparats électroniques accrocheurs, fait de la douce Oran une pièce centrale de son album, encadrée par les arrangements funk ou disco de Moaning for Love et de Glacial. Fidèle à son univers haut en couleurs, Minuit a donné à Vertigo une trame presque cinématographique, tant dans les titres des morceaux (Harry TueurLe goût du sel…) que dans les récits qu’ils déroulent et qu’on pourrait penser empruntés à des grands voyageurs tels que Bernard Lavilliers, en témoigne l’excellent Exil.

Trois ans après la sortie d’un EP éponyme, Minuit revient donc avec un premier album convaincant, qui devrait permettre au groupe de briller sur scène et d’occuper enfin la place qu’il mérite dans le paysage musical français. Premiers éléments de réponse le 20 novembre prochain pour une date à La Cigale !

Crédit photo : © Ines Chtouki

Pratiquant assidu du headbang nonchalant en milieu festif. Je dégaine mon stylo entre deux mouvements de tête.