Lenparrot : A Voix Haute

Tu fais tourner ?
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Un choc. C’est le mot qui nous vient le plus rapidement à l’esprit pour qualifier notre première découverte de la voix de Romain Lallement. Si on écoute de la musique, c’est pour ce genre de moments, ce genre de découvertes qui nous alertent autant qu’elles nous bouleversent. Chez nous, cette découverte a eu lieu avec Camera, une chanson de son groupe précédent, Rhum For Pauline.

Le choc dont on vous parlait plus tôt fut tant esthétique qu’émotionnel. On s’est senti à la fois accroché, hypnotisé, heureux et stupéfié. Le genre de mélange qui finit forcément dans les larmes, mais celles qui font du bien, celles qui purifient et qui atteignent l’âme.

Alors on a creusé le sillon, on a fouillé et on s’est intéressé au travail solitaire du Nantais, son projet Lenparrot. On a écouté ses deux premiers EP Aquoibonism & Naufrage, et comme on n’avait pas assez, on s’est jeté sur son premier, et très bel album, And Then He. Un album qui porte définitivement bien son nom.

On a cherché la meilleure manière de parler du premier album de Lenparrot. Et souvent, c’est la simplicité qui est le meilleur vecteur pour parler de musique : And Then He est un voyage. Sensible au format album, l’artiste nous emmène avec lui et nous prend la main pour nous raconter une histoire, nous offrir un moment, nous emmener dans son univers. Et bien sûr, le guide de ce voyage, le fil conducteur de cet album, reste sa voix. Vecteur d’émotions absolument phénoménal, la voix de Lenparrot est son principal atout mais elle aurait aussi pu être son pire ennemi. On aurait pu craindre un sentiment de redite, il n’en est rien. Sur chaque chanson, elle se fait différente, elle développe une palette impressionnante de tonalités, tout en gardant toujours cette aura incroyable qui s’en dégage à chaque instant et nous engloutit. Il s’en dégage toujours quelque chose qui permet de garder l’intérêt tout au long des treize chansons du disque.

Bien sûr, s’il n’y avait que ça, on tournerait en rond dans un album concept brillant, mais un peu vain. Seulement, en plus de maitriser cette voix sublime, Lenparrot est aussi un excellent compositeur. La preuve la plus éclatante de ce talent est la merveilleuse And The He, chanson quasi-instrumentale qui donne son titre à l’album et le clôture de fort belle manière.  Pour le reste, comme pour la partie vocale, on joue avec les ambiances.

Si la musique du Nantais gardera toujours ce côté un peu cotonneux, un peu rêveur et mélancolique,il associe ce style à différentes couleurs musicales. Très pop sur les premiers titres de l’album que sont Monday Land ou Inner Place, il nous prend ensuite par surprise pour nous emmener en plein désert au milieu d’un western sur l’incroyable Masculine, une des pépites de l’opus.

On passe ensuite sur des titres plus cinématographiques comme Gena, Vincent ou Spidermouth tandis que 3 dégage une vraie sensualité et que Nowhere Slow se fait plus sombre.

Comment ne pas parler également de Ur Boat, sublime chanson d’amour dans laquelle Lenparrot joue avec les voix des quatres princesses de la pop française contemporaine (Cléa Vincent, Michelle Blades, Juliette Armanet et Fishbach, rien que ça ! ) pour créer un effet de choeurs-chorale à la fois déroutant et jubilatoire.

Chaque chanson de And The He forme donc une pièce de puzzle qui s’emboite parfaitement avec celle qui la précède et celle qui lui succède, formant ainsi une œuvre complète et excitante. Le disque porte donc bien son nom, nous offrant un moment suspendu, beau et chaleureux. Et si ce titre n’a pas de fin, c’est sans doute car l’album est une boucle infinie, qui s’écoutera encore et encore jusqu’à ce qu’il …