L'Ostreoid Festival en 6 mots

Tu fais tourner ?
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Contrairement à ce que les plus inattentifs d’entre vous peuvent penser, l’Ostreoid Festival n’est pas un festival spécialisé pour les amateurs d’huîtres. Ça aurait pu mais non, et de toute façon, on n’y serait pas allé parce qu’on n’aime pas les huîtres. Non, l’Ostreoid, c’est un festival co-organisé par Midnight Special Records et Ostriche Records et qui nous a apporté du bonheur, de l’amour, des découvertes (dont on vous reparlera plus longuement bientôt) et une foi renouvelée dans la scène pop française qui se porte définitivement bien. On a donc décidé de vous parler de chaque groupe présent durant ces deux belles soirées, on les définissant chacun par un mot qui les représente autant qu’ils représentent ce festival.

© Alphonse Terrier

Poésie

La tâche importante d’ouvrir le festival revenait donc à Ojard. Autant le dire, la soirée a commencé en beauté. On était déjà tombé grandement sous le charme de Maxime Daoud et sa bande en première partie du Klub des Loosers, mais les revoir dans le cadre intimiste de l’Espace B nous aura définitivement fait tomber amoureux. Si on s’imagine facilement dans un transat, un livre à la main alors que le vinyle crépite tranquillement sur la platine, on est envoûté par cette musique toute cinématographique mais qui se transforme en réussite live, portée par des musiciens émérites. La magie de la musique du trio, c’est que même si elle est totalement instrumentale, elle instaure un véritable échange avec le public.  En bref, un moment d’évasion suspendu dans le temps et la beauté.

Fleur

Lorsqu’on est garçon de plage, on ne fait pas forcément de la pop mais on porte la chemise à fleurs, et on la porte avec classe.  Dans le cas présent, notre Garçon de Plage associé les deux spécificités avec bonheur et talent. Avec sous le bras un album intitulé L’Ennui (dont on vous parlera prochainement), le garçon et son groupe n’en provoquent jamais. Drôle, décalée, toujours pop et fraîche, la musique de ce parisien se fait plus puissante et rythmée en live, une belle montée en puissance jusqu’à…

Folie

… la folie, tout simplement. On nous avait un peu prévenu, leur look nous avait mis la puce à l’oreille et le brillant dans l’œil, mais le concert de Lulu Van Trapp nous a livré un grand moment de folie douce, de bordel et de chaos (dés)organisé. En anglais, en français (et parfois en yaourt, ou alors ce sont nos oreilles qui nous jouaient des tours), la joyeuse bande nous a attrapé par le col pour ne pas nous lâcher de tout son set. Et c’est avec bonheur qu’on s’est laissé porter par cette prestation réjouissante qui nous a rappelé les premiers concerts de La Femme, entre talent brut, fausse nonchalance et vraies bonnes compositions. Bref, ce ne fut pas assez, et on aurait bien pris un peu de rab avec cette team un peu cinglée mais foutrement talentueuse.

© Alphonse Terrier

Miami

Ils nous viennent des Amériques mais sont bien français, leur nom sonne comme un groupe rock des 50’s mais ils ont à peu près notre âge… On parle bien sûr de Pearl & The Oysters. On les connaissait peu et on a été franchement épaté : si leur musique est en effet fortement influencée par le pays de l’oncle Sam, elle nous a fait voyager avec elle, vers le soleil, les plages et les crustacés… Et même vers l’espace à l’occasion d’une reprise assez jouissive du thème de Star Trek. Les deux têtes pensantes du groupe, multi-instrumentalistes géniaux et attachants, étaient ce soir là accompagnés de leur « live band français ». On a par moment pensé aux géniaux Of Montreal, dans cette manière de mélanger les genres et de casser les tons, et on mettra une petite pièce sur Love Potion pour le titre de perle pop qui nous accompagnera tout l’été. C’était leur unique date parisienne de l’année, mais on a déjà pris rendez vous avec eux pour 2019.

Sensiblité

Il faut un vrai talent pour tenir une audience avec une guitare, une voix et des loops. Mais quand on s’appelle Laetitia Sadier, qu’on est une légende vivante pour la grande majorité des groupes de pop actuels, ça n’a rien de réellement compliqué. On va l’avouer à demi-mot, pour une personne qui ne connait pas le répertoire d’un artiste, ce genre de concert peu vite tourner à l’ennui total. Heureusement, ce ne fut pas le cas ici. Cela tient sans doute de l’expérience de la française, mais aussi de la sensibilité qui s’est dégagée de ce moment passé avec elle, entre douceur, puissance et vérité, tout était installé pour faire de cet instant quelque chose de mémorable et qui pourrait rester graver en nous pour un petit moment. En plus des chansons, on a aussi aimé les prises de paroles de la Dame, entre réalisme et optimisme, le genre de paroles qui nous donne espoir et nous interdit de baisser les bras. Merci.

Grâce

Il y a quelque chose de gracieux chez Laure Briard, dans sa manière de se mouvoir mais surtout dans sa façon de naviguer si facilement entre les genres, d’évoluer avec tant de facilité entre différentes langues. On passe ainsi de la pop au rock en passant par la bossa nova, on navigue aussi gaiement entre le français, l’anglais et le portugais. Tout semble facile, évident et immédiat chez la toulousaine, portée ce soir là par une dream team de musiciens. Et même quand la basse décide de faire un peu des siennes (ce qui n’enlève rien au talent de la bassiste), un sourire et un clin d’œil et on oublie tout. Honnêtement, elle nous a parfois fait penser à Baxter Dury, notamment quand elle entonne Sur La Piste De Danse, l’air de rien, un peu blasée. Et elle nous aura offert un beau moment d’émotion seule à la guitare sur Révélation. Bref, on était déjà charmé avant le concert, on l’est définitivement après ce moment presque parfait (désolé la basse quand même), et on se dit que chez Midnight Special Records, ils ont vraiment le chic pour nous offrir des musiciennes puissantes, fortes et talentueuses. Tout ce dont le monde a besoin, en somme.

© Alphonse Terrier

Vous l’aurez sans doute compris à notre enthousiasme non feint, cette première édition de l’Ostreoid Festival fut une réussite presque totale et ni la pluie, ni les orages ne nous auront empêchés de profiter de cette belle mise en avant d’une pop hexagonale diverse, puissante et follement talentueuse. Vivement l’édition 2 !!!

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.