Mini Mansions électrique et fascinant au Point Éphémère

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Il y a de ça tout juste une semaine, on avait rendez-vous pour retrouver Mini Mansions, venus présenter en live leur nouvel EP Works Every Time, presque quatre ans après la sortie de leur second album The Great Pretenders, qui les avait mis définitivement dans la lumière. Il y avait un sentiment d’attente de la part du public et beaucoup à démontrer de la part du groupe puisque celui-ci n’avait pu honorer sa dernière date parisienne.

Le rendez-vous était donc pris dans l’intimité du Point Éphémère ce mercredi 3 octobre et c’est les Sons Of Raphael qui ouvraient le bal. Les jeunes londoniens signés chez Because venaient présenter leur premier EP, A Nation Of Bloodsuckers. Boites à rythmes, grosses guitares et attitude arrogante, les deux frangins avaient sortis les plus beaux poncifs du rock’n’roll ce soir là. On les taquine un peu car en réalité, on a eu l’impression d’assister au concert d’un joyau brut pas vraiment dépoli, qui finalement peut irriter autant qu’il peut fasciner, les garçons se rapprochant autant de The Lemon Twigs pour le côté théâtral, familial et look improbable (on se serait cru face à des personnages tout droit sortis de Freaks And Geeks) que des Kills du début avec cette boite à rythmes bien sentie et ce son un peu crade. La fougue de la jeunesse, en somme, qui ne fait aucun concession et est juste occupée à prendre du plaisir autant que de nous en donner, ce qui peut sembler facile avec des chansons comme Rio ou A Nation of Bloodsuckers. On est quasiment certain que le temps donnera raison au talent de composition du duo et que ce joyau brut se transformera avec le temps en valeur sûre de la scène londonienne.

Et puis vient le tour des stars de la soirée : Mini Mansions. Le supergroupe américain impressionne dès les premières notes. Pas besoin de pose ou de gimmick provocant, la bande de Michael Shuman dégage un charisme qui en impose et qui bloque notre attention sur ce qui se passe sur scène. Et il s’en passe des choses puisqu’on se retrouve face à un groupe puissant, électrisant et taillé pour la scène. Bien conscient du pouvoir d’attraction de son second album, une grande partie de la setlist fut ainsi offerte à The Great Pretenders.

Tout en classe, des arrangements aux tenues de scène, le gang a électrisé le public venu en masse au Point Éphémère. L’un des gros points positifs de la soirée est d’ailleurs l’addition sur scène d’un quatrième membre à la batterie, ce qui permet à Schuman de se concentrer sur sa guitare et sur un rôle de frontman qu’il semble encore avoir du mal à assumer, ce qui donnera lieu à une scène assez cocasse lorsque Tyler Parkford quittera un temps la scène, forçant le leader à combler le vite avec plus ou moins de réussite.

Si des chansons comme Vertigo, Freak Out ou Death Is A Girl ont enchanté un public connaisseur, les nouveaux sons comme l’excellente Midnight in Tokyo ou la pop song Works Every Time ne sont pas en reste et semblent déjà très appréciées par les fans du groupe. Mais en véritables amoureux du premier album que nous sommes, c’est lorsque résonnent les notes de Monk que notre cœur s’emballe. Et que dire de la prestation hallucinante du groupe sur leur tube, et probablement meilleure chanson, Majik Marker ? Psychédélique à souhait, la version live du titre se fait plus pesante, rendant l’air lourd et finissant dans une explosion sonore vraiment jouissive, prouvant si besoin est que le groupe est clairement fait pour la scène. Cette tension annonce une fin de set absolument mémorable et brutale se terminant avec une Mirror Mountain complètement dingue dont la durée fut fortement rallongée en live.

En une petite heure d’un set resserré, les Américains ont prouvé qu’ils n’avaient rien à envier aux plus grosses formations rock du moment et qu’ils était définitivement l’un des meilleurs groupes live du moment. De vrais musiciens au service de vraies chansons, puissantes, variées et emballantes. Un seul petit regret, ils n’ont pas joué This Bullet qui s’annonce pourtant comme une véritable pépite pour le live. La prochaine fois peut être ? On sera là pour voir ça.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.