Mini Mansions revient et ça marche à chaque fois

Tu fais tourner ?
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Il y a des groupes qu’on pourrait voir comme des esthètes de l’ombre, pas forcément toujours dans la lumière mais dont le nom n’est jamais vraiment oublié par les amateurs de musique. Mini Mansions est de ceux-là, un groupe qui prend son temps alors que tout semble exister en avance rapide autour d’eux. En effet, si le groupe existe depuis bientôt 10 ans, il n’a à son actif que deux albums, mais quels albums puisque Mini Mansions et The Great Pretenders sont deux petites merveilles qu’on ne pourrait que vous conseiller de réécouter ou de découvrir, tant le groupe de Los Angeles reste à ce jour un des plus beaux secrets de la scène indé américaine et ce malgré de nombreuses tournées en première partie de Foster The People, Arctic Monkeys ou encore Tame Impala.

Le trio est une somme d’influences et de talents, composé de musiciens aux univers divers mais qui finissent par trouver un point d’accroche et de complémentarité sous la bannière Mini Mansions. C’est ce qu’il y a de si excitant dans ce groupe : cette manière de digérer tout un tas d’univers, de proposer des styles variés mais toujours maîtrisés, offrant ainsi une musique sans frontière et toujours ludique. Et Works Every Time glisse sur ce sillon, avec une différence notable : cette fois-ci, les choses deviennent personnelles.

Ce qui ressemble à une mauvaise punchline de série B prend pourtant tout son sens ici, puisque l’adage qui dit que cœur brisé amène la créativité est une nouvelle fois prouvé. Si le groupe a toujours pris soin de se cacher derrière des personnages, des thématiques qui pouvaient les éloigner de la réalité mais aussi de leur propre vie, les 3 titres originaux, mais aussi la reprise proposée ici, brisent un peu cette carapace. On se retrouve ainsi avec des thèmes mélancoliques, enrobés dans tout ce qui fait le sel de la musique des californiens.

Works Everytime est ainsi une chanson dans une veine pop tout ce qu’elle a de plus assumée. Si le groupe a toujours gravité autour de ce style et de son amour pour les belles mélodies, il ne s’était jamais attaqué de manière aussi frontale à ce style, et c’est une jolie réussite qui ouvrira sans doute le groupe à un public plus large tout en ne laissant pas sa fanbase de côté, tant les jeux sur les voix et les rythmes chers au groupe sont toujours aussi présents. Midnight In Tokyo raconte une histoire d’amour de son commencement à son explosion, les voix des deux chanteurs du groupe, Tyler Parkford et Michael Schuman se mélangent à la perfection, tandis que le rythme se fait par moment plus sexuel et groovy, tout en ne se séparant jamais de certaines intentions psychédéliques. Mais le vrai moment glorieux de l’EP reste sans doute This Bullet, dans laquelle on peut ressentir toute l’influence de Queens Of The Stone Age, logique quand on sait que Schuman y officie également. Chanson resserrée, brutale et menaçante comme un orage qui explose, This Bullet est un shoot d’adrénaline musicale dans ce qu’il a de plus jouissif. Le genre de chansons qui ne demande qu’à exploser en live et y révéler toute sa puissance.

Le groupe termine son EP avec une reprise de A Girl Like You de Edwyn Collins. La version de Mini Mansions s’éloigne de la classe et de la préciosité du titre d’origine pour l’emmener vers des contrées à la fois plus psychédéliques, plus directes et plus brutales. Bref, le genre de reprise qui respecte le matériau d’origine tout en s’appropriant assez la chanson pour l’amener vers des contrées personnelles.

Trois ans et demi après la sortie de leur précédent effort, Mini Mansions revient donc au charbon avec ce Works Every Time aussi varié que libéré. De bon augure pour leur troisième album qu’on espère découvrir rapidement. En attendant, on ne manquera pour rien au monde leur date française dans l’intimité du Point Éphémère le 3 octobre.

 

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.