On a suivi Hubert Lenoir à Paris, Bourges et Bruxelles

Tu fais tourner ?
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Quand on aime, on ne compte pas. Et si on suit cette logique, on n’a vraiment pas envie de compter lorsqu’il s’agit d’Hubert Lenoir. Le Québecois est en train de devenir un de nos héros modernes, porté par l’exceptionnel Darlène. Alors on a décidé de le suivre un peu sur sa tournée et on vous raconte ses dates à Paris, au Printemps de Bourges et aux Nuits Botaniques à Bruxelles.

Paris – La Maroquinerie (Charles) : Pour tout avouer ce mercredi soir à Paris, c’était plus ou moins notre première rencontre avec Hubert Lenoir en concert. Plus ou moins car on l’avait déjà vu lors d’une session au carreau du temple pour foule sentimentale (ce qui nous valu une belle grimace de sa part lorsqu’on lui en parla). L’effet avait été saisissant mais un peu trop statique à notre goût et on avait hâte d’en découdre avec le nouveau prince de la pop québecoise. On a pas été déçu à vrai dire. Lorsqu’on débarque dans la salle parisienne, un rire nerveux nous prend. On est un peu surpris par l’intensité d’Anatole, guitariste sur scène d’Hubert Lenoir, qui présentait sa propre musique. Passé l’effet de surprise, on ne peut que constater que le garçon habite sa musique et n’hésite pas à plaisante entre deux, la preuve avec ce speech un peu sur-réaliste sur Notre Dame de Paris. De quoi bien nous chauffer avant le héros de la soirée qui nous a offert un “concert de rock’n’roll”. Physique, c’est bien le mot qui nous vient à l’esprit, le garçon est frontal, brillant, charismatique. On réalise rapidement qu’il joue presque sa vie sur scène et que la liberté et la folie qui se dégage de Darlène prennent des proportions supplémentaires sur scène. On est retourné, on est chahuté, notamment lorsqu’il vient enclencher lui même les pogos dans la fosse ou qu’il se jette sur le public. On est charmé surtout par ces chansons aussi puissantes que communicatives notamment les géniales 113ème Rue, Si on s’y mettait et l’extatique Ton Hôtel.  Il parait que J.C marchait sur l’eau, ce soir là Hubert Lenoir a nagé sur la foule. Assurément un des plus beaux concerts de l’année.

Le Printemps de Bourges (Clémence) : Les planches du 22, le seul et unique Hubert Lenoir, six musiciens, quarante minutes qui défilent comme dix. En ce 20 avril, à l’heure où le crépuscule recouvre pour la cinquième fois le Printemps de Bourges, le parfum aphrodisiaque de notre queer favorite envoûte la foule, n’autorisant aucun prétendant à quitter ces lieux indemne. Défi ardu alors que, depuis plusieurs jours déjà, les mélomanes nourrissent frénétiquement leurs esgourdes. Cependant, à voir les visages fascinés et les corps onduler, il semble évident que le plaidoyer du jeune québecois tâchera nos esprits encore longtemps. Entre les instrumentales jazzy et le virage quasi post-punk clôturant ce set, Hubert Lenoir prend son pied à pulvériser les codes. Sans provocation aucune – nous préférons prôner l’élégance sauvage – vagabond tel le fruit de l’union Iggy Pop et Queen B, le Baron Bandit nous éclabousse avec son audace spontanée et désirable. Sur scène, surplombant la salle du haut d’une estrade ou s’offrant un bain de foule régulier, son déhanché bestial se transmet dans les rangs. L’urgence est à la révolte. Ainsi, rejetant les temps morts aussi bien que les normes, les titres s’enchaînent ; Si on s’y mettait, les deux versions de Fille de Personne, le tendre Momo, sans oublier la jouissive reprise de Smells Like Teen Spirit.
Nous restons là, le souffle coupé, les rayons rouges sensuels en drap de scène gravés dans l’iris. Le cou de foudre est immédiat et visiblement général dans le cœur des festivaliers.
Hubert Lenoir ou le phénomène qui marquera radicalement cette édition 2019. Un mot, merci.

Bruxelles – Les nuits Botanique (Charles) : Notre dernière étape dans l’univers d’Hubert Lenoir correspondait aussi à la dernière date de sa tournée européenne. C’est dans le cadre intimiste de La Rotonde pour les Nuits Botanique que la tornade québecoise débarquait. Pas franchement en territoire inconnu puisqu’au premier rang on remarque très rapidement qu’un contingent assez important de québecois était présent. Pour le reste on était plus face à une foule curieuse et venu pour la découverte. Autant dire qu’ils en auront eu pour leur frais. Un show d’Hubert Lenoir reste une expérience unique et ce fut encore le cas cette fois. Entre une version de Momo dantesque, une énergie folle tout au long du concert et un strip-tease en miroir entre le chanteur et un membre du public, on pourra dire qu’une fois encore on a pas regretté notre présence à un de ses concerts. La proximité établie entre la scène et le public nous aura permis de renforcer une idée qu’on avait déjà en tête : Hubert Lenoir sait s’entourer. On voulait donc rendre hommage à tous ses musiciens, excellents et tout aussi charismatique que le bonhomme et qui permettent à ses titres d’exploser en live, notamment Ton Hotel ou Recommencer. Il parait qu‘Hubert Lenoir a déjà annoncé des nouvelles dates en novembre. Il y a de fortes chances qu’on s’y retrouve, en attendant on vous conseille de ne pas le louper sur les festivals cet été.

 

Bonus : Hubert Lenoir à Bourges par Alphonse Terrier