On est allé voir Carmen Maria Vega & Victorine au Badaboum

Tu fais tourner ?
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En ce jeudi 28 mars le printemps est censé être arrivé parmi nous depuis déjà une semaine. La bonne blague, il a plu toute la journée, il fait moche et il fait plutôt froid. Bref, le genre de temps à aller chercher du réconfort ailleurs que dans le ciel. C’est donc armé de notre rhume carabiné et de notre courage de fin de journée en open space, soit l’endroit idéal pour choper toutes les bactéries qui trainent, qu’on se dirige tranquillement vers le Badaboum.

Au programme ce soir là : Carmen Maria Vega et Victorine, soit deux noms qui bruissent à nos oreilles depuis un moment déjà et qu’on était assez curieux de découvrir en live, car on avait comme la sensation que ce genre d’artistes se vivent en live plutôt que chez soi, même si on s’est pris récemment le Santa Maria de Carmen Maria Vega en pleine tronche, touché par cette façon de transformer une expérience personnelle en œuvre d’art assez incroyable. Et à dire vrai, notre intuition ne s’était pas trompée.

On s’est demandé comme définir Victorine et puis l’image parfaite nous est venue en tête. Victorine c’est un peu la Gertrude de I Hate Fairyland, ce comic book absolument grandiose, et qu’on vous conseille grandement, où une gamine se transforme en véritable sociopathe après être restée coincée trop longuement dans un monde magique et féérique. C’est un peu Eric Cartman dans le corps de Candy.

Véritable tornade scénique,  le projet pourrait sans doute vite tourner à vide s’il n’était pas porté par des textes réellement crus mais jamais vulgaires et surtout toujours drôles, notamment La Rentrée ou Papa Je Veux M’amuser (adaptation d’une chanson de Béton Plastic), et des compositions entrainantes jouées par des excellents musiciens qui suivent le rythme assez fou, et improvisent aussi joyeusement, dicté par leur chef de file.
Bref, le genre de moment à la fois improbable et réjouissant, qui donne envie de plus alors que son premier album est attendu pour cette année.

Carmen Maria Vega est elle aussi un personnage. On ne sait pas ce qui ce réel ou ce qui est joué quand elle est sur scène et au final, on s’en moque un peu. Ça n’a que peu d’importance tant la réalité et la fiction se mélangent avec bonheur lors de son concert.

Plus que les interpréter, elle habite ses chansons, elle les possède et leur donne corps, aidée en cela par une foi assez hallucinante.
La lyonnaise nous offrent des vrais moments d’émotion palpables, et les larmes aux yeux qui vont avec, notamment avec les chansons venues de Santa Maria que ce soit La Fille De Feu, Santa Maria, Le Grand Secret ou J’ai Tout Aimé De Toi. Elle n’est jamais aussi fascinante que lorsqu’elle laisse passer l’émotion et sa faiblesse sous le vernis de son personnage frondeur.
On reste aussi choqué lorsqu’elle scande, voire hurle telle une possédée, Bradé, chanson politique et intense qui nous fait un effet assez impressionnant.
Pour le reste Carmen Maria Vega est une artiste totale, qui nous offre plus un spectacle de cabaret qu’un concert. Chanteuse incandescente, elle se fait tour à tour danseuse, comédienne et comique.

Accompagné du toujours excellent Kim Giani à la guitare et aux machines, elle aura donc joué pendant plus d’une heure avec les ambiances et les sentiments, du rire aux larmes, de la tendresse à la violence, de l’humour à une petite dose d’effroi, tout est parfaitement dosé pour nous offrir un vrai moment de divertissement dans le sens le plus noble qui soi. Bref une Artiste majuscule au talent immense à découvrir absolument sur scène puisque c’est là qu’elle y exprime tout ce qu’elle. Ce soir là, c’était Ultra Vega.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.