On y était : le Svink' toujours aussi chic à l’Aéronef

Tu fais tourner ?
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

2018, année de la nostalgie ? Après Pleymo, après Bloc Party qui rejoue Silent Alarm et en attendant que Massive Attack rejoue Mezzanine, c’est avec un plaisir non dissimulé qu’on s’est rendu en ce froid jeudi de novembre à l’Aéronef pour la première date du Rechute Tour de Svinkels. S’il y a bien une musique qui reste ancrée dans les souvenirs de notre adolescence, c’est bien celle de Gérard Baste, Nikus Pocus et Xanax. Et autant le dire, les années n’ont pas eu  d’emprise sur leur folie, leur générosité et encore moins sur la nécessité de cette musique rigolarde et hédoniste.

C’est un Aéronef relativement calme que l’on découvre quand on débarque dans la salle lilloise. On vient de passer un moment assez drôle avec Gérard Baste et DJ Pone (à retrouver bientôt sur le site) qui nous a rassuré quand à l’évident retour du Svinkels. Bon, on l’avoue facilement, on s’est un peu senti comme des gosses de 15 ans devant des héros qu’on pensait inaccessibles, mais c’est surtout la motivation et la passion transmises durant cet entretien qui nous ont montré le bien-fondé de cette reformation. Disons-le tout de suite, ces sensations se retrouvent dans un live absolument dantesque… Mais on s’avance un peu, et on va surtout repartir quelques heures auparavant.

Nous qui passons beaucoup de temps en concerts, et parfois à des concerts de rap, on peut dire que sur ce genre de musique, le public est devenu de plus en plus jeune, et soyons un peu honnêtes, de plus en plus insupportable. Pourtant ce soir-là, c’est un véritable vent de nostalgie qui semble souffler à Lille. Point de jeunes, non, la moyenne d’âge du public se situe plutôt entre 30 et 40 ans. Un public qui, comme nous, est sans doute venu revivre sa jeunesse, retrouver la flamme d’un temps où tout était possible et les gueules de bois pas si dures à encaisser. Le temps de se boire une petite bière et on va se placer tranquillement dans la salle encore bien vide.

C’est Spider Zed qui s’occupait de la première partie, et le garçon nous a fait plutôt plaisir. Loin de l’égo-trip ambiant, il développe une imagerie drôle et décalée. Beaucoup d’autodérision, donc, mais au service d’une musique positive et dansante. D’ailleurs, on tient à le féliciter pour ses pas de danses incroyables. Musicalement, on a beaucoup aimé ses titres, notamment l’excellente Bébé Sois Pas Bête qui a ouvert le set ou aussi Spider Machin, même si au final c’est le jeu de massacre Joyeuses Fêtes qui aura achevé de nous convaincre et qui nous aura surtout énormément fait rire. Une bonne présence sur scène, de l’humour, des bonnes prods et par-dessus tout une excellente écriture avec des punchlines énormes. Bref, le seul regret qu’on pourrait avoir, c’est que le public n’était pas forcément assez présent pour assister au set de Spider Zed. En tout cas, nous, on retournera le voir avec un vrai plaisir.

Le temps de se reprendre une petite bière (ben oui, on se refait pas), les lumières s’éteignent et que le gros son balance. Les Svinkels sont bels et bien de retour sous nos yeux. Ils ont appelé leur tournée Rechute Tour. Une rechute ? Pas vraiment. Une renaissance ? Encore moins. Le mot le plus simple qui nous vienne à l’esprit est celui-ci : une évidence. Ceux qui connaissent le Svink’ savent que l’histoire s’était une première fois terminée en eau de boudin, il était donc clair dans l’esprit de chacun que le groupe d’Île-de-France reviendrait à un moment ou un autre, parce que le Svink’ c’est chic… Et c’est surtout complet. Car en mois d’une demi-heure la salle s’est plus que remplie et c’est face à 2000 personnes gonflées à bloc que Svinkels débarque sur scène, certes plus vieux, mais toujours aussi fou !

C’est avec Ca Recommence que les 3 MC commencent leur set. Il n’en faut pas plus pour mettre une claque qu’on n’en pouvait plus d’attendre, et c’est 1h30 de show à l’ancienne que le Svinkels nous a offert, puisant allègrement dans un catalogue de titres tous aussi dingues, tous aussi fous, tous aussi bons. Le son est lourd, le flow est carré et l’ambiance suit. Alors oui, on a vieilli, mais ce soir-là, on avait tous 15 ans de moins : un concert de Svinkels est sans doute la meilleure cure de jouvence que vous pourrez vous offrir. Les titres s’enchaînent et c’est tout un tas de souvenirs qui nous reviennent en tête. Surtout, c’est un vrai travail de modernisation qu’a effectué DJ Pone pour offrir une nouvelle peau aux titres et leur donner une bonne dose de puissance sonore, que ce soit Hard Amat’, Dizi (qu’il est fini) ou encore Krevard

Et puis ce qui guide aussi Svinkels, c’est cet hédonisme et cet amour pour le public associé à un bon côté punk. Le genre de mélange entré désormais totalement dans la norme mais qui a toujours fait de Svinkels un groupe novateur et unique. Ce soir-là, le groupe fera apparaître un bar sur scène avec distribution de bières avant de faire tourner le cubi de vin blanc au premier rang. Tout un délire qui ne fait que chauffer encore plus le public. Ça saute, ça crie, ça danse et surtout ça s’aime dans une communion qui fait vraiment plaisir à voir.

La musique, elle, ne s’arrête pas, le temps passe à une vitesse folle et on est comme des fous quand résonne Dirty Centre, La Youte ou encore Cereal Killer. Svinkels c’est la déglingue cinq étoiles, c’est aller droit dans le mur mais toujours avec le sourire au lèvres et surtout c’est ne pas se soucier du lendemain. Après le concert, on croisera ainsi pas mal de monde qui nous diront en se marrant avoir perdu leurs clés, leurs papiers ou encore leur carte de crédit.

Après un solo de DJ Pone (pourquoi se priver de ce genre de moment quand on a un des meilleurs DJ du monde avec soi sur scène ?), le groupe quitte la scène mais personne ne croit à la fin et il ne faut pas beaucoup de temps pour revoir débarquer sur scène les trois gaillards. Baste, Xanax et Nikus restent des performers nés, et si le temps se voit fatalement sur leur physique (et le notre aussi), il n’a aucun effet sur leur flow, leur énergie, leur humour et encore moins sur leur descente. Les voilà repartis pour une nouvelle salve de titres dont l’hilarant Du PQ Pour mon Troutrou pendant lequel Gerard Baste s’amusera à jouer avec le public à base de ” Quand je dis caca, vous dites boudin” au grand désarroi de Xanax. C’est avec l’inévitable Réveille Le Punk et un hommage aux Béruriers Noirs que se termine le rappel avant que le groupe ne vienne finalement nous achever avec la mélancolique et plus sérieuse Ma Musique puis nous annoncer un nouvel album prévu pour le 8.6 2019.

On retrouve peu à peu nos esprits et on se reconnecte avec le monde qui nous entoure avec cette idée en tête : le Svink’ c’est toujours aussi chic.

 

Setlist :

Intro
Ça recommence
De la came sous le saphir
Hard amat’
Dizy (qu’il est fini)
Le Svink c’est chic
Krevard
P’tit Con
Dirty Centre
La Youte
Cereal Killer
Skunk Funk
DJ Pone solo

Encore:
H
Du PQ (pour mon trou-trou)
Ça n’sert à rien
Réveille le punk
Comment ça

Encore 2:
Ma musique

 

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.