Papooz t'emmène en Voyage au bout de la nuit

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Après un premier album aux sonorités vaporeuses, Papooz revient sur le devant de la scène avec un album plus réfléchi au groove décapant. Et on les aime toujours autant.

Trois ans déjà depuis le sucré et chavirant Green Juice au succès mérité. Leur retour était très attendu et nous ne sommes pas déçus. Pourtant, le changement de style est radical : le groupe troque sa folk très spontanée pour donner naissance à un album plus travaillé et au groove très abouti. Un homme n’est pas étranger à ce virage un peu surprenant au premier abord : c’est en effet le leader du groupe Bon Voyage Organisation, Adrien Durand, qui signe la réalisation de ce deuxième opus. On sentira très bien sa touche, notamment sur les nombreuses harmonies calquées ici et là, parfois même peut-être à l’excès. La basse est elle aussi centrale dans cet album où l’on dodeline constamment de la tête, chanson après chanson, tant le groove abonde dans chaque seconde, notamment dans le déjà culte Theatrical State of Mind. Night Sketches est un disque très référencé, de Steely Dan à Supertramp avec une sensibilité très proche de celle des années 70.

Alors que les chansons de Green Juice racontaient certains moments de vie des deux compères, ce second chapitre est plutôt un album de personnages. Il est à la fois plus théâtral et surtout plus cinématographique. Là où l’on s’imaginait bronzant l’été près du bassin d’Arcachon à la sortie du premier album, on sera ici sur un ton beaucoup plus urbain, qui rappellera plutôt New York ou même Paris.

Night Sketches rassemble ainsi douze scènes d’un film : le voyage d’un homme, et de ses différentes facettes, au bout de la nuit. Rien de purement célinien ici, quoique. On aura sans peine en tête, à l’écoute de Night Sketches, le personnage d’Alexandre (Jean-Pierre Léaud), troublé par les femmes et les rasades de Jack Daniel’s dans La Maman et la Putain.

Quelques grands thèmes (que l’on retrouve aussi dans ce film) ressortent ainsi de cet album : la mélancolie, le mal-être, ou même l’amour. Un mal de vivre présent dans Good for Nothing par exemple, avec la réplique “I’m that selfish guy hurting people around him” ou encore dans Danger to Myself : “Once again I woke up dead, a thousand stones inside my head”. Mais cet album est loin d’être triste pour autant, et c’est peut-être ça, finalement, la recette Papooz : raconter des histoires pas toujours gaies, mais toujours sur un ton badin et jovial.

Cet album divisera sans nul doute. Certains seront désappointés, peut-être, de ne pas retrouver la fraîcheur adolescente de Green Juice dans Night Sketches, qui respire en effet plus les vapeurs de whisky que de Marie-Jeanne. D’autres encore le trouveront trop référencé. Mais nous, nous on l’aime follement, on vous le recommande chaudement et on est déjà impatient de découvrir ces nouveaux titres sur scène, le 15 mai à La Cigale.

Le deuxième album de Papooz ‘Night Sketches’ est disponible depuis aujourd’hui chez Half Awake Records. Une interview et une mosaïque sont à lire respectivement ici et .