Pépite et le clapotis des vagues

Tu fais tourner ?
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Thomas et Edouard incarnent Pépite, duo pop à la sauce tropicale et chaleureuse. Membres du familial label Microqlima, les deux Français créent de leurs claviers électro et de leurs mains un univers onirique, à la fois nostalgique et coloré. En 2016, ils sortaient leur premier EP Les Bateaux. Renaissance a suivi en 2017, confirmant l’identité de leur petit monde musical. Ils sortent aujourd’hui un EP de remixes de leur premier opus et nous ont confié lors d’une entrevue aux Nuits du Botanique que Renaissance connaîtra le même sort. Rencontre.

Alors que le soleil illumine la Rotonde à travers les vitres du Botanique, je retrouve Thomas et Edouard une bière à la main au soleil sur la terrasse. Le temps des salutations et nous descendons dans leur loge improvisée, à l’intérieur.

La Vague Parallèle : Comment vous allez, les gars ? 

Thomas : Déjà, on est super contents d’être à Bruxelles, en Belgique, parce que c’est la première fois pour nous !

Edouard : Ouais, on n’est jamais venus jouer à Bruxelles. C’est trop cool, il fait super beau, on est grave en forme en plus.

LVP : Dans la presse, on vous étiquette « pop tropicale ». Ca vous va d’appartenir à ce courant ? 

Edouard : Boh « courant », je ne sais pas s’il y a beaucoup de monde dans ce courant. Ouais, pour le moment, on est là-dedans, peut-être que plus tard on sera dans un autre mouvement mais là c’est vrai qu’avec Renaissance, c’est assez pop et tropical, c’est assez chaud, plein de fleurs, on est dans la jungle. Ca nous correspond bien pour le moment, c’est un terme qui nous va, même si ce n’est pas nous qui l’avons mis.

LVP : Elle vous vient d’où l’inspiration pour les sonorités très aériennes, tropicales, oniriques du groupe ? 

Thomas : En fait, y a plein de choses. Si on parle des sonorités tropicales, ce sera plutôt les influences jamaïcaines parce qu’on a pas mal écouté ça pendant la création de l’EP. Pour le délire plus onirique, c’est peut-être plutôt d’autres groupes qui nous ont influencé depuis le début comme Beach House ou certains groupes de dream pop. Tout ça mélangé avec du français surtout. Le français c’était naturel pour nous. Enfin, je me vois pas chanter en anglais.

Edouard : Depuis notre première chanson en français, on sait que c’est ça qu’on veut faire quoi. Nos influences c’est pas mal de reggae. Qu’est-ce qu’on écoutait comme reggae ?

Thomas : Gregory Isaacs beaucoup.

Edouard : Bary Biggs.

LVP : Ca se passe comment quand vous composez ? 

Edouard : On n’a plus trop de règles maintenant.

Thomas : Ca dépend des morceaux car il y a différentes manières de travailler. La plus classique : c’est plutôt moi qui apporte des accords-voix très simples et ensuite je file ça à Edouard qui fait sa petite tambouille dessus et après on revient tous les deux pour préciser le morceau.

Edouard : C’est des aller-retours entre nous qui s’intensifient au fur et à mesure que la chanson doit se terminer. On essaie de mettre des deadlines pour terminer les morceaux, là il va falloir qu’on commence à en mettre. (rires) En ce moment, on est dans une phase où on compose pas mal de trucs et on voit ce qui nous plaît et y a des morceaux qui traînent un peu depuis un certain moment là. Mais ce serait bien qu’on les finalise assez vite et qu’on garde ce qu’on ressentait au moment du début de la composition.

LVP : Après deux EP, Les Bateaux et Renaissance, la suite logique, ce serait l’album.

Thomas : Voilà. Exactement. (rires) C’est la suite logique, on est en plein dedans. En composition, on a bien avancé mais après en termes de production, on n’a pas encore fait grand-chose. On produit toujours beaucoup de nos démos. On a beaucoup de chansons mais on n’a pas encore tout à fait la production. On va essayer de changer un peu, il va y avoir d’autres choses mais on reconnaîtra Pépite je pense.

Edouard : Ca a mis un peu de temps avant d’avoir de nouvelles influences desquelles se nourrir aussi. Je pense aussi qu’on se nourrit d’autres choses qu’on a entendues cette année, il faut le temps de le digérer. Ca ressort un peu assez naturellement là en ce moment, c’est cool, ça fourmille bien.

LVP : Vous composez en tournée ?

Edouard : Non non, chez nous.

Thomas : En tournée moi j’y arrive pas. Il me faut un clavier, dans le bus c’est pas évident.

Edouard : Ça nous arrive d’avoir des idées, des thèmes, des trucs comme ça qu’on note tout le temps sur nos téléphones, des phrases. On réfléchit un peu inconsciemment quand on est en tournée et puis une fois qu’on arrive chez nous, on écrit. Après c’est vrai qu’on écoute pas mal de musique dans le van, on se fait découvrir pas mal de choses.

Thomas : Dans le van, on a écouté beaucoup Marlon Williams ces derniers temps. On a un van tout pourri là où y a pas de prise jack donc c’est des CD ou la radio. Sinon dans d’autres vans, c’est un peu le jukebox tour. Celui  qui est devant met son son.

Edouard : Mais c’est vrai que là les deux derniers trucs qu’on a saignés, c’est Marlon Williams et le dernier Flavien Berger, qui est un chef-d’oeuvre.

Si Pépite a été sur les routes avec son dernier EP, le groupe a prévu de se calmer un peu pour se poser et travailler à la maison. Mais avant ça, ils passeront notamment par le Festival de Dour, où ils seront à l’affiche aux côtés de l’Impératrice. Ils joueront sans doute leur titre Hiéroglyphes à la mode de ces derniers, figurant sur leur EP de remixes et qui a magnifié l’Orangerie lors des Nuits du Botanique en mai dernier. Si leur musique est chaleureuse, les deux acolytes le sont tout autant en interview, où l’on ressent une certaine bienveillance s’émaner des deux copains. Coeur sur Pépite.

Photos : Julia Romanovskaya

Touche-à-tout, gosse éparpillé, enfant de l’indietronica se découvrant un goût pour la nouvelle pop française.