Pi Ja Ma dessine sa musique au gré de son humour

Tu fais tourner ?
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Avec son nouveau clip, Pi Ja Ma dessine davantage les contours de son projet. Ponytail s’ajoute à la longue liste des réalisations de Pauline de Tarragon, son nom à la ville, et confirme son potentiel à générer sourires et déhanchés. À coups de pop, tantôt acidulée, tantôt plus contemplative, la jeune femme pourrait bien être l’une des révélations de 2018.

Chant, dessin, vidéo, danse, quelle couleur Pi Ja Ma n’a-t-elle pas à sa palette ? Difficile à dire, tant elle montre chaque jour un peu plus l’étendue de ses capacités. Avec son nouveau titre intitulé Ponytail, la jeune femme dévoile un nouvel extrait de son album, sur lequel elle travaille d’arrache pied. Une vidéo et un titre gourmands et délurés, qui soulignent la personnalité atypique de l’artiste.

Notoriété précoce

C’est en 2014 que le public découvre Pauline de Tarragon. Alors qu’elle n’a que 16 ans, elle est parachutée depuis Avignon, sa ville natale, devant l’objectif des caméras dans l’émission Nouvelle Star diffusée sur C8. Au fil de reprises des Rolling Stones, de Véronique Sanson ou encore d’Elton John, elle séduit le public qui la porte jusqu’en demi finale.

« Merci aux musiciens, vous avez réussi à vous adapter à moi alors que je ne comprenais que dalle à la musique », s’émeut la jeune femme lors de son élimination du télé-crochet. Aujourd’hui encore, elle en est certaine : elle était trop jeune lorsqu’elle a été secouée dans le shaker de la télévision. « Je suis arrivée dans la Nouvelle Star grâce à une blague, se souvient Pauline, je ne pensais pas être prise. En sortant de là, j’ai été un peu traumatisée. »

Malgré l’expérience, riche en rencontres et en apprentissages, cette native d’Avignon ne se reconnaît plus lorsqu’il faut revenir à la réalité. Qu’à cela ne tienne, elle décide de changer complètement son apparence, coupe 10 centimètres de ses cheveux et les teint. Le retour à l’anonymat est aussi rapide que l’ascension médiatique pour la chanteuse en herbe. « J’avais besoin de me retrouver », affirme-t-elle aujourd’hui. Il faut dire que cette expérience a, pour le peu de temps qu’elle a duré, changé sa vie. « Je n’allais plus à l’école, je vivais dans un hôtel à Paris et j’avais des espèces de fans. Mais au fond, moi, j’étais complètement perdue ».

« Le nombre d’admirateurs n’a jamais été déterminant pour moi. Aujourd’hui, tu montres un chat qui met un chapeau de Noël, les gens sont fous, ils vont tous s’abonner et être fans de toi. »

Une notoriété avortée qui, encore aujourd’hui, ne légitime pas sa présence sur scène. Aujourd’hui, c’est d’un œil guilleret qu’elle lorgne sur ses anciennes prestations, qui lui reviennent souvent à la figure : « À chaque fois qu’on me montre une vidéo, je me dis que j’étais quand même drôlement habillée », s’amuse-t-elle.

Plus d’un tour dans son sac

Après un retour express à Avignon pour passer le bac, elle est de retour à Paris et entame des études d’illustration. La page de la musique est bien tournée alors qu’elle aiguise ses pinceaux. « La musique, j’avais l’impression que ce n’était pas du tout mon truc. Je détestais monter sur scène, je ne jouais pas d’un instrument, je pensais qu’il y avait déjà des chanteurs et des chanteuses partout », se remémore la jeune femme.

Mais peu importe pour l’artiste qui profite de ses talents de dessinatrice pour se laisser aller à toutes les fantaisies, sans pression ni contraintes. Un retour à l’insouciance réparateur pour la chanteuse, mais son passé télévisuel la poursuit. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle ne regrette pas sa participation à l’émission de C8. Remarquée par l’auteur-compositeur Axel Concato (Axel and the Farmers, Pax Leopard), elle lui refuse un premier projet. Il faudra qu’il s’y reprenne à deux fois pour que naisse Pi Ja Ma, fruit de leur duo, incarné par Pauline.

En parfaite alchimie, ils conjuguent leurs influences communes pour les sonorités aux embruns de 60’s et composent ensemble Radio Girl dont les paroles sont une satire de l’expérience télévisuelle de Pauline. Ce premier titre donne le ton à l’univers sucré et plein de malice du duo. « Avec Axel, ça a directement été hyper fluide, explique la guillerette jeune femme, on se voyait, on buvait des coups et puis on travaillait pendant une heure. Ce qui m’a plu c’est cette simplicité, pas de contrat, de pression ou de « il faut que tu fasses ça, que tu t’habilles comme ça ». »

Ce premier titre, dont le clip a été entièrement réalisé par Pauline, marque le retour d’une jeune femme métamorphosée, tant physiquement que moralement. « Aujourd’hui, il n’y a rien qui me ressemble plus que Pi Ja Ma. Je suis tout le temps dans l’urgence de faire pleins de trucs, c’est un projet qui me colle à la peau », s’enquiert-elle.

Mais Pi Ja Ma, c’est avant tout une opportunité en or pour la chanteuse : celle d’allier son amour du dessin et sa musique. « On s’est dit que le personnage du projet, ce serait moi et qu’à travers les dessins et les clips, on pourrait faire n’importe quoi », explique l’artiste aux multiples facettes. Des traits de son crayon naît le petit personnage filiforme bleu et blanc qui illustre son premier EP. « Si à un moment on a envie de le faire voler, on le fait voler, si on veut qu’il se roule dans une couette, on le fait se rouler dans une couette. » Si tôt dit, si tôt fait dans le clip de By the River.

Jouer sur tous les tableaux

Outre la sortie de son premier EP en octobre 2017, Pi Ja Ma jongle avec les blagues à la ville comme à la scène. « Je suis un peu chiante, je parle beaucoup », s’amuse celle qui, pour canaliser son énergie et son inspiration qui débordent de son minuscule appartement parisien, multiplie les projets en tous genres. Des projets qu’elle exhibe fièrement sur Instagram où elle poste plus vite que son ombre. « Je poste vraiment n’importe quoi mais ça me fait bien rire », s’auto-analyse Pauline.

En attendant, elle fait aussi ses armes sur Youtube dans son désormais traditionnel Pi Ja Ma Show, à l’entêtant générique et au montage bancal mais délicieux. Elle y explique ses déboires, ses goûts, ses envies avec toute l’espièglerie qui la caractérise, en reprenant les codes du réseau social de partage de vidéos, version low-cost. « J’ai lancé ça parce que je m’ennuyais un peu. Puis les gens ont aimé et m’ont demandé de continuer », indique la jeune femme. Résultat des courses, 6 épisodes, dont un making of du clip de son nouveau titre : Ponytail.

C’est d’ailleurs ce titre qui ouvre la voie vers un premier album, prévu pour octobre prochain. Un album qui compilera les ingrédients des premiers singles dévoilés : des embruns parfois euphoriques, parfois rêveurs, une pointe de fraîcheur, un brin d’imagination, quelques pas de danse maladroits et pas un soupçon de peur de paraître ringard. Une pop finalement bien dans son temps que le duo nous sert sur un plateau gourmand. En bref, avec Pi Ja Ma, préparez-vous à en voir de toutes les couleurs.

Photo : Alice Kong

Doux rêveur à l’accent ravageur. Se laisse vibrer tant sur des rythmes endiablés que sur des mélodies mélancoliques, et en français, s’il-vous-plaît.