Pop Factory Jour 1 : Grand Blanc, Flavien Berger et Agar Agar

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Ce week-end, on passe trois jours à la Condition Publique de Roubaix pour le Pop Factory, la messe pop organisée par le Grand Mix. Comme la programmation nous excite particulièrement, on a décidé de vous parler de chaque soirée. Retour sur celle d’hier avec au programme : Grand Blanc, Flavien Berger et Agar Agar.

Grand Blanc

Ce jeudi soir, la Surprise Party commençait assez tôt. A 19h50, pour être très précis. Et il y avait déjà beaucoup de monde pour accueillir les Messins de Grand Blanc. On ne cachait pas notre impatience à l’idée de revoir le quatuor. Si on avait assisté à leur superbe release party, c’était finalement pour nous la première vraie rencontre live avec les chansons d’Image au Mur. Et autant dire qu’on n’a pas été déçu et qu’ils ont toujours cette capacité à nous emmener Ailleurs. Si on a trouvé les lumières de début de set un poil agressives, ce n’est qu’une petite peine tant ce qui se dégage de scène reste subjuguant, mais aussi fragile. En rajoutant une “vraie” batterie à leur set-up les Grand Blanc gagnent en ampleur et en sincérité. La machine se fait plus humaine, plus profonde. Aussi, on sent une envie de s’amuser ensemble, de jouer les uns avec les autres, de se répondre et peut-être simplement de se faire plaisir. Cette simplicité, cette humanité ne peuvent que toucher le public. Et si on a eu droit à de vrais moments d’émotion et de frissons avec des titres comme Isati, L’amour Fou ou Ailleurs, il ne faut pas oublier la capacité de Grand Blanc à nous fracasser la tête avec des morceaux à l’efficacité live toujours aussi jouissive comme Samedi La Nuit ou l’incroyable Verticool tandis que des titres comme Los Angeles et Belleville n’ont vraiment rien à leur envier. D’ailleurs, on en reprend déjà les refrains bien fort. Parfait mélange de pudeur, de tendresse, d’amour et de brutalité, Grand Blanc est un groupe qu’on aime toujours autant voir sur scène. On a déjà pris rendez-vous à La Cigale dans 10 jours, on a hâte !

 

Flavien Berger

On va avouer ici notre demi-déception : on n’a vu que les quarante premières minutes du set de Flavien Berger (puisqu’on avait rendez vous avec Grand Blanc pour une belle interview). Mais voilà ce qu’on peut vous en dire malgré tout : un concert de Flavien Berger est une expérience unique, un moment arrêté dans le temps qui n’appartient qu’à l’heure et à l’instant où il se passe. On pourrait en faire des photos, des vidéos, on peut vous en parler, mais en vérité, un concert de Flavien Berger se vit avant tout à travers soi. Il y a quelque chose de christique chez le jeune homme, quelque chose de pur et de sensible qui se dégage de lui lorsqu’il joue avec ses machines, qu’il prend le micro alors que des ombres dansent autour de lui comme des fantômes qui l’accompagnent.

Alors oui, on est parti juste après son interprétation magnifique de Castelmaure (sans doute notre favorite de l’album), oui, on aura manqué ce moment orgiaque qu’a dû être La Fête Noire et ces moments de beauté qu’ont été Brutalisme et Pamplemousse (on le sait, certains se sont fait un malin plaisir de nous raconter ce qu’on avait loupé), mais on aura vu le bonhomme improviser, jouer avec le public, faire preuve d’humour autant que de folie. L’album de Flavien Berger s’appelle Contre-temps et on peut vous dire ceci : ses concerts n’en sont jamais, bien au contraire, ils sont des moments que l’on veut vivre, des moments de bonheur, de communion dont on ressort à la fois apaisé et le cœur léger. En bref, on ne peut que vous dire ceci : ne ratez pas Flavien Berger en live.

 

Agar Agar

Il était assez difficile de passer après ces deux concerts. Surtout, on a vu un bon tiers de la foule partir après la prestation de Flavien Berger, preuve s’il en était que c’était bien lui le plus attendu de la soirée. On va le dire clairement : on aime beaucoup la musique du duo, notamment des titres comme I’m That Guy, Fangs Out ou Lost Dog. Seulement en live… Et bien, il ne se passe pas grand chose. Alors oui, il y a de la mise en scène, des lumières et de la bonne musique… Mais – car il y a toujours un mais – sur scène, la musique ne semble être qu’une reproduction plate de ce qu’on peut passer sur notre platine. Aucune émotion particulière, aucune improvisation, juste une retranscription fidèle de leur travail studio. On ne va pas renier l’efficacité de leur musique et on est sûr que les amoureux de leur son en ont été très heureux, mais cela s’est traduit chez nous par un ennui poli, surtout que le groupe interagit très très peu avec son audience. On a regardé, on a écouté et on a malheureusement été déçu. Un rendez-vous raté, sans doute.

 

Photos : David Tabary pour Dans Ton Concert.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.