Pursuit Of Momentary Happiness : La rage victorieuse de Yak

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Il y a des histoires qui semblent trop improbables pour être vraies. Qui en 2019 irait s’endetter pour son art, jusqu’à finir par dormir dans sa caisse et se retrouver au bord de l’autodestruction ? Ça semble trop gros pour être vrai ? Ça ressemble à un discours de maison de disque ? Et pourtant on est face à la réalité de Oli Burslem, leader du groupe Yak qui s’est entêté dans sa quête artistique au point de risquer de tout perdre, de sa baraque à sa santé mentale. A l’écoute de Pursuit Of Momentary Happiness on se demande si on peut vraiment lui donner tort. Chronique d’une merveille d’album qui marque autant par sa rage que par son éclectisme.

 

C’est quand on a plus rien à perdre qu’on finit par avoir tout à gagner. On est pas sûr que c’est réellement ce qui a guidé Oli Burslem dans sa quête du second album, mais c’est cette idée d’absolu qui se dégage principalement du second album de Yak, Pursuit Of Momentary Happiness. Ce point de vue, cette quête aveuglante qui aurait pu mener un artiste à sa propre destruction est devenu un point idéal pour vendre un album mais on aimerait plutôt prendre l’idée dans l’autre sens. Cet album, tel qu’il nous est présenté aujourd’hui aurait-il pu exister sans cette aliénation passagère ? On en est pas sûr et finalement on a pas réellement envie de le savoir. Toujours est-il qu’on se retrouve aujourd’hui avec un tourbillon sonore comme on en écoute peu. Il est rare de ressentir autant d’empathie envers un groupe dès la première écoute de son album. Cela vient sans doute du fait qu’au-delà de l’analyse, au-delà de la recherche première de tout chroniqueur, cet album s’attaque d’abord à nos tripes et à notre subconscient avant d’aller trouver un écho brouillé dans notre cerveau et notre esprit analytique. Et c’est certainement ce qu’on aime le plus à l’écoute d’un album, quand nos sentiments se mêlent entre l’évident, l’introspectif et le réel. Un mélange détonnant qui fait tout le sel de Pursuit Of Momentary Happiness.

 

 

Et comme dans les albums de rock récents, il y en aura pour tous les goûts. Des amoureux de grosses guitares, aux appréciateurs de cuivres, de ceux qui vivent pour des ballades mélancoliques à ceux qui ne vivent que pour un bon pogo libérateur, tout se retrouve dans la potion magique de Yak. On l’avoue sans honte, notre cœur balance clairement du côté des cuivres, notamment de cet Interlude magnifique et grandiloquent qui coupe cet album en deux sections de 5 chansons.

Avant et après cela, il y aura du bruit, de la fureur et de l’amour. Beaucoup d’amour. Une inconscience aussi qui mène à la perfection et à ce sentiment de satiété qui nous envahit à l’écoute de ces 11 titres. On voudrait vous faire un listing de nos foudroiement de l’album, mais on serait honnêtement obligé de parler de chaque chansons. On a noyé nos larmes dans le whisky accoudé à un bar sur This House Has No Living Room, merveille de chanson soul qui clôture l’album en duo avec J.Spaceman de Spiritualized.
On aura eu envie de chanter notre ivresse triomphante sur Words Fail Me tout en se laissant emporter par ses cuivres magnifiques et cette sensation de toute puissance mélancolique qui nous envahit à son écoute. On aura voulu foncer dans le tas, accoudés à nos amis sur Bellyache et Fried dont la basse nous retournera plus facilement la tête que n’importe quel shoot d’adrénaline, et on ne parle même pas du tubesque Blinded By The Lies qui emporte clairement tout sur son passage alors que Laying It On The Line nous emmène du côté d’un psychédélisme hypnotique et réjouissant.

Enfin, on aura aussi dansé un slow sur Encore, porté par la langueur et la moiteur d’un titre beau comme la nuit quand plus rien n’a plus d’importance que d’être accompagné de celui ou celle qu’on aime.
Finalement, on aura ri, on aura bu, on aura pleuré, on aura aimé et on aura été aimé. On aura vécu au travers de ces 11 chansons merveilleuses et revigorantes. Car c’est un peu tout ça Pursuit Of Momentary Happiness, un album qui célèbre l’existence, dans toutes ses facettes, qu’elles soient blanches, noires ou grises.

 

 

Avec ce second album, Yak nous offre une merveille d’éclectisme et d’humanité. Un album fou, intense et plein à craquer. Au croisement du punk, de la soul, du rock et du blues, Pursuit Of Momentary Happiness porte le nom de ce qu’est la vie :  la recherche des moments de joie. Et c’est surtout ce que nous offre ces 11 chansons, un bonheur, parfois teinté de mélancolie et de tristesse, mais qui nous confronte à nous-même et à notre recherche perpétuelle d’un bonheur parfois vain mais toujours nécessaire. On n’est pas ici face à un grand album de rock, mais face à un grand album tout court. C’est aussi simple que ça. C’est quand même beau la folie …