Rencontre avec Mac DeMarco : Nique ta mère Bon Iver !

Tu fais tourner ?
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LVP : Salut Mac ! On t’a vu pour la première fois il y a maintenant près de deux ans dans une petite salle à côté de Lille, la Cave aux Poètes, aujourd’hui tu joues à guichet fermé dans une des plus grandes salles de Bruxelles. Qu’est-ce que ça a changé pour toi ?

Mac DeMarco : Je pense que c’est à la fois dingue et plutôt cool. Je trouve toujours ça incroyable qu’autant de personnes aient quelque chose à foutre par rapport à ce que je fais. Je suis super content, c’est vraiment flatteur pour moi.

LVP : La taille de la salle ne change rien à ton live ?

Mac DeMarco : Non, pas vraiment. C’est sûr que ça devient forcément un peu plus stressant quand tu te retrouves avec tout ce monde juste devant toi mais j’adore me ressourcer dans des plus petites salles ou même des caves, c’est plus intimiste et le public semble plus excité. Sur les grosses scènes, c’est cool mais il y a un côté qui me dérange avec les barrières et tout le bordel. Les gars de la sécurité me font un peu flipper de temps en temps ! (rires)

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LVP : Tu fais un truc un peu étrange sur scène, tu reprends Neil Young en agenouillant tout le public. Tu nous expliques ?

Mac DeMarco : Ouais, « Kneel for Neil ». Tous les soirs, on voit les mêmes gars qui font « C’est quoi ce bordel, je m’agenouille pas pour Neil Young » mais la plupart des gens finissent par rentrer dans le jeu, je pense que le public cherche plus ou moins quelque chose qui sort de l’ordinaire. De temps en temps, ça fait un peu dark mais bon on s’y est fait !

LVP : « 2 », ton deuxième album, est celui grâce auquel on t’a découvert, cette année, tu nous a présenté le troisième, « Salad Days », un peu plus élaboré en production, moins « brouillon »; qu’est-ce qui t’as poussé à ce changement ?

Mac DeMarco : Je les ai fait de la même manière, j’ai tout écrit, composé et enregistré dans ma chambre. Quand je réécoute « 2 », je me demande comment j’ai fait pour faire sonner les guitares comme ça, j’adore leurs sons. Vous n’êtes pas les premiers à me dire « Ah mec, ton son évolue, c’est cool » mais je ne saurais pas du tout l’expliquer. Je fais ma musique sur le moment, c’est peut être le fait d’avoir été sur la route pendant deux ans qui se retranscrit dans mon son. Je suis heureux d’avoir pu faire l’album que j’avais envie de faire même s’il me terrifie un peu car il contient pas mal de trucs personnels.

LVP : Tu es signé sur le label Captured Tracks où de nombreux groupes se démarquent comme Thee Oh Sees ou Beach Fossils, le label vous a rapproché ?

Mac DeMarco : Ouais, je suis chez eux pour encore minimum un album. C’est marrant que tu parles de Beach Fossils parce qu’on vient de jouer pour pour le mariage de Dustin (leader de Beach Fossils), c’était dingue ! M’inviter moi à leur mariage, je sais pas à quoi ils s’attendaient. Mais ouais, on est potes, à la base c’était juste des connaissances mais on s’est tous bien entendus dans le label. J’adore tous les groupes, ils sont tous cools.

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LVP : C’est pour ça que tu as déménagé sur New-York ?

Mac DeMarco : Non, pas vraiment. J’ai déménagé un peu par accident, mon manager, mon label et tous les gens avec qui je bosse aujourd’hui sont là-bas. Je le regrette un peu parce que maintenant que j’y suis, je bosse deux fois plus. (rires)

LVP : Peu après la sortie de « Salad Days », Pitchfork a dévoilé « Macumentary », une sorte d’auto-documentaire sur toi, tu peux nous en dire un peu plus ?

Mac DeMarco : Ah ouais, j’ai trouvé ça excellent ! En fait, c’est un ami qui travaille chez Pitchfork qui l’a réalisé, on avait déjà tourné une vidéo ensemble et il m’a proposé ce projet. Il m’a filé une caméra et m’a demandé de filmer quelques trucs pendant la tournée et je trouve ça vraiment sympa. Le seul truc un peu bizarre, c’est qu’il a organisé la première le jour de mon anniversaire du coup je disais à mes potes « Eh ! Viens à mon anniv’, il y aura un film … sur moi » et ils m’ont tous dit d’aller me faire foutre mais c’était vraiment super comme expérience . Les gens ont juste dû se demander qui étaient ces malades.

LVP : Quels groupes t’ont influencé et donné envié d’être toi-même musicien ? Interdiction de citer les Beatles !

Mac DeMarco : Ok, je ne dirai pas les Beatles. En fait, il y a eu plusieurs étapes, au tout début ça a été le groupe-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom puis les Kinks et tout ça.

Eddy (un des musiciens) : Vous rigolez ?! On ne peut pas dire les Beatles ? « Lady Madonna » les gars ! Mac joue toujours ce morceau au piano, c’est sa préférée. Il la joue à chaque fois qu’on rentre chez nous.

Mac DeMarco : Ouais, j’avoue ! Ces groupes ont été une sorte de déclic pour moi puis je me suis mis à traîner avec les groupes de ma ville et on écoutait My Bloody Valentine et Yo La Tengo mais ce qui m’a vraiment donné envie de jouer c’est des groupes comme les Sonics avec leur son bien crade qui se la collaient juste avant leur lives et qui ne savaient même pas jouer de leurs instruments. Moi, je les admirais, je trouvais ça incroyable. Ça m’a fait réaliser que je n’avais pas forcément besoin d’être le meilleur pour que ça marche.

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LVP : Dans ces groupes, on voit que tu ne cites pas Bon Iver, c’est parce qu’il n’a « toujours pas de Nespresso dans sa forêt »? (Référence au « Macumentary »)

Mac DeMarco : (rires) Non, franchement je n’ai jamais écouté Bon Iver, le seul truc que je sais sur lui c’est qu’il a vécu dans les bois pendant un moment. Peut-être que j’aimerais sa musique mais c’est un peu bizarre quand même.

LVP : Merci Mac et à bientôt !

Mac DeMarco : Salut ! Et Fuck Bon Iver ! Nique ta mère Bon Iver !

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Clément Bacq, Sybille Kowalski et Arthur Deplechin

A découvert ses premières addictions sur les lignes des Libertines ou encore des Strokes. Lâche temporairement et périodiquement les médiators pour les nappes électroniques.

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