Retour sur Crave : le premier album de l'envoûtante Léonie Pernet

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En cette fin d’année 2018 pleine de découvertes, on aimerait revenir sur un album qui nous a particulièrement marqué, et qu’on passera avec le plus grand des plaisirs sur la platine de Papa entre les vinyles de Tino Rossi et Demis Roussos pendant le réveillon.

Sans grande surprise, on a décidé de vous parler d’un de nos coups de cœur de l’année : Léonie Pernet, qui n’a pas manqué de nous épater ces derniers temps. On l’a croisée un peu partout en France sur des dates telles que le Mama Festival, auquel on a assisté (une interview sortira d’ailleurs prochainement), mais également en première partie de Jeanne Added et à l’occasion d’un live original et futuriste à l’aéroport Paris Charles de Gaulle réalisé par Arte Concert.

L’artiste énergique qu’on avait découverte auparavant à la batterie aux côtés de Yuksek a fait parler d’elle depuis la sortie de son premier album solo « Crave » en septembre dernier chez Infiné. Et il y a de quoi, puisqu’on a découvert un album à couper le souffle, gorgé de sonorités envoutantes et parsemé de subtilités. Et depuis sa sortie, on l’a écouté, réécouté, réréécouté à presque en effacer les sillons de la galette !

Crave, c’est le fruit d’une longue période de création puisque Léonie n’avait rien produit depuis la sortie de son premier EP « Two of Us » en 2014. Un temps de composition nécessaire à la genèse de sa création artistique, qui a permis à terme la production d’un album d’une incroyable maturité. Cet album, totalement hors des codes, mêle un panel de styles, ce qui le rend complètement atypique. Et cette maturité s’entend et se ressent à la perfection, faisant ainsi de Crave un disque dont l’écoute attentive procure des sensations indéfinissables.

L’album se compose de 12 titres qui en occupent tous une place singulière, dont le parcours nous plonge dans un univers vaporeux. On a énormément de mal à ne pas se laisser hypnotiser par la voix envoutante de Léonie qui nous pousse à écouter l’album dans son intégralité et d’une traite. L’enchainement des morceaux, établi à la perfection, donne naissance à une œuvre complète et entière.

On perçoit une réelle identité dans les arrangements, induite de l’expérimentation et la création mêlant la musique électronique, les synthétiseurs et la superposition de voix brumeuses et tenues telles que l’on peut retrouver dans Story. Léonie compose également avec des percussions aux rythmiques énergiques et travaillées qui ponctuent les morceaux et en font de réelles performances comme Nancy, Two of us, ou Last Song. La basse y apporte également un contrebalancement en occupant une place imposante dans les morceaux tels que Butterfly ou Rotten Tree.

Crave est coloré par des influences et des inspirations de provenances diverses et éclectiques, tant musicalement que dans les paroles. Une atmosphère divine se fait ressentir dans Auaati, morceau chanté en arabe par Hanaa Ouassim ou encore dans Crave, qui se termine par un chant lyrique digne d’un grand opéra. Les influences poétiques y sont également nombreuses : Rose fait chanter les paroles d’un doux poème de Malherbe et dans India Song, celles de Marguerite Duras (reprises par Jeanne Moreau), nous bercent avec mélancolie. Father reste de loin la chanson la plus singulière et captivante de l’album et nous transporte progressivement vers un climat fantasmagorique.

Vous l’aurez compris, on ne peut que vous conseiller de vous procurer cet album si ce n’est pas déjà fait. Il fera même un super cadeau dont la place au pied du sapin prendra tout son sens ce 24 décembre pour tenter de laver les oreilles de Tata, encrassées par une écoute parfois trop prolongée de ce qui passe sur les ondes radios stéréotypées.

Pour rappel, Léonie Pernet sera en concert à la Gaîté Lyrique à Paris le 25 janvier 2018.