Santigold, toujours aussi libre avec I Don't Want : The Gold Fire Sessions

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Quand on réalise que le premier album de Santigold – qui s’appellait à l’époque Santogold – a dix ans cette année, c’est un bon gros coup de nostalgie qui nous submerge tant cet album, toujours aussi moderne, frappe assez régulièrement à la porte de nos oreilles pour se rappeler à notre bon souvenir. Et en une décennie, l’Américaine n’a pas chômé, proposant 3 albums qui frappent par leur besoin de défricher, d’explorer, de se mettre en danger mais surtout du désir d’être libre tant des attentes du public que de celles de l’industrie. Et sa nouvelle mixtape, I Don’t Want : The Gold Fire Sessions, est dans la droite lignée de cette pensée. Santigold artiste liberée.

Cette année, Santigold nous a offert l’un des plus gros tubes de l’année, Worry No More avec Diplo et Lil Yatchy et revient nous chatouiller les oreilles avec cette mixtape, I Don’t Want : The Gold Fire Sessionsqui va vous faire secouer le popottin sévère.

Dans l’esprit d’un artiste, une mixtape est la representation d’un instant T. C’est une manière de marquer un moment et ses obsessions, qu’elles soient musicales, politiques, sociétales ou personnelles. Pour Santigold, c’était une nécessité. Elle voulait à tel point faire cette mixtape, se l’enlever de la tête et de l’esprit, qu’elle l’a terminée enceinte de 9 mois, juste avant son déménagement de New-York vers Los Angeles. Si elle nous dit que les paroles ne sont pas importantes, il faudrait être fou pour ne pas y voir l’image de la société et de l’artiste elle-même sous le prisme de la New Yorkaise.

Si beaucoup voient en cette mixtape une ode au dance hall, on y verrait plus une véritable revendication punk dans l’état d’esprit. Si le fait de travailler avec Dre Skull, patron du label Mixpak Records, l’emmène forcément vers le territoire du dance hall, réduire The Gold Fire Sessions à ce genre serait non seulement stupide mais aussi insultant vis-à-vis de la personnalité de Santigold. Car comme dit précédemment, cette mixtape est avant tout un miroir de la personnalité de Santi White et de sa manière d’envisager la musique, comme une chercheuse, une diggeuse qui ne s’attache pas à un style ou à une image mais bien à des sensations et des envies.

Il y a bien sûr des tubes dance hall, comme Wha’ you Feel Like, Don’t Blame Me ou Why Me. Mais il y a aussi de la pop sur Valley Of the Dolls, des influences caribéennes sur l’excellente Coo Coo Coo qui ouvre l’album et des pures chansons qui portent l’empreinte de l’artiste, notamment le tube Run The Road ou A Perfect Lie. Et puis il y a la pièce maitresse, I Don’t Want, influencée par le reggae et la Jamaïque. Dans ce titre, l’Américaine porte un regard plein de sincérité sur ce qu’elle est : une artiste qui ne cherche pas la célébrité facile, le tube ou l’argent mais qui veut avant tout rester libre et fière de sa musique.

Avec I Don’t Want : The Gold Fire Sessions, Santigold nous montre qu’elle reste toujours cette tête chercheuse éprise de liberté, d’expérimentation et de bonne musique. Elle nous offre ici une mixtape solaire, dansante et puissante mais surtout, un album marqué au fer rouge de sa personnalité. Une nouvelle pierre à un édifice qui ne souffre d’aucun genre, d’aucune barrière ni d’aucune limite.

Futur maître du monde en formation.
En attendant, chevalier servant de la pop francophone.