SEIN : "On se rejoint toutes les nuits pour faire du son"

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Il y a des groupes qui montent. SEIN, (très) jeune duo de rap Parisien, en fait partie. On a eu la chance de les capter avant qu’ils n’explosent – ça devrait arriver d’ici quelques temps, croyez moi – dans les backstages de Rock en Seine il y a quelques semaines. Depuis, Joseph et Balthazar ont fait 200 000 vues sur leur dernier clip (en moins de deux semaines) et ont retourné la Bellevilloise pour les fameuses Nuits Zébrées de Radio Nova. Décollage imminent.

 

La Vague Parallèle : Salut les gars, ça vous fait quoi de jouer à Rock en Seine ?

Balthazar : C’est impressionnant, un vrai plaisir, une émotion. Tout est allé tellement vite !

LVP : Vous avez commencé il y a moins de trois ans…

Joseph : Le premier EP qu’on a sorti c’était en 2015-2016, oui. C’était auto-produit sur Bandcamp, il n’avait pas trop marché. On a sorti un autre EP auto-produit fin décembre 2017 (Sein la vie, ndlr) et c’est là que ça a commencé sérieusement. Après, ça fait quand même longtemps qu’on fait du son entre nous. On était au lycée et on avait chacun de notre côté un groupe de rap et un groupe de rock, des projets éphémères comme partout. Puis on s’est trouvé et ça a marché.

LVP : Vos principales influences en quelques mots ?

J : Je suis super fan de Tyler, The Creator, c’est mon influence principale autant au niveau musical qu’au niveau des textes. Et je sais que Bal est fan de Breton.

B : Oui, c’est un groupe dont j’étais fan au lycée. Sinon, on a certaines références communes comme Just Jack, Mac DeMarco ou encore Kaytranada. On ne se limite absolument pas au rap.

J : On écoute vraiment de tout, à part le hard rock et la techno vénère. (rires)

LVP : Vos clips sont super impressionnants. C’est un des aspects de votre projet qui ressort le plus. La première fois que j’ai entendu parlé de vous, c’était pour le clip en plan-séquence, Rouge.

J : Oui c’est le premier clip qui nous a fait connaître. C’est souvent mon frère qui réalise nos clips, on va continuer comme ça encore longtemps. On a une grosse bande de potes qui nous aide, je pense que ça marche bien grâce à ce côté super familial.

B : C’est toujours le rendez-vous lors d’un tournage d’un clip. On se retrouve tous et on se lance des défis : par exemple un plan-séquence sans triche ou un véritable court-métrage, comme pour « Légal ». C’est un clip de 8 minutes pour un morceau de 3 minutes et on l’a tourné en 24 heures top chrono. On a commencé à 5 heures et on l’a fini à 5 heures le lendemain !

 

LVP : Le dernier clip, Villa, contraste avec les autres puisque c’est un clip live…

J : Oui c’est ça. En fait, il n’est pas complètement live parce qu’il commence dans un appart’. Le pitch du clip est simple. On essaye de faire un son, on se l’imagine sur scène et là on arrive sur un live qu’on a vraiment fait au Nouveau Casino. Puis on termine dans la chambre en disant : « on peut le faire, le son peut marcher ». Le label voulait un truc complètement live mais on a préféré ce côté décalé !

B : On a trouvé un bon compromis. Ça nous a permis à la fois de montrer que ça bougeait bien à nos concerts, qu’il y avait un vrai contact avec le public et à la fois qu’on aimait toujours le côté « récit ».

LVP : Quelle place tient le live dans le projet SEIN ?

J : On imagine nos titres en live dès qu’on les produit. Ça commence à devenir une place proéminente dans nos musiques.

B : Après il y a quand même le côté studio qui est super important…

J : Oui, ça prédomine quand même. On a un studio où on se rejoint toutes les nuits pour faire du son.

LVP : Vous n’écrivez que la nuit, du coup ?

J : En fait, on a un studio que le label nous loue et qu’on partage avec 3 autres artistes. Il y a des créneaux ! C’est pas plus mal car c’est régulier. Nous, on l’a de 20h à 10h le lendemain. Bon, on enregistre rarement jusqu’à 10h… (rires)

LVP : La suite pour vous, c’est quoi ? Peut-on attendre un album ?

J : On prépare plein de titres. Après on sait pas encore comment on va les sortir. Dans l’idéal on sortira un album en 2019. On le prépare doucement mais ça commence à bien se construire.

B : Il y a de fortes chances pour qu’on sorte des titres avant.

J : On est en train de se faire 12-13 titres. Ça serait l’idéal, non ?

 

LVP : Quelle est votre ambition pour ce disque là ? L’exporter à l’étranger ?

J : Dans les pays francophones ça serait pas mal. En France d’abord puis la Belgique, la Suisse, le Canada…

B : Au Québec !

J : Ouais au Québec. Si ça sort avant l’été prochain, l’idéal ça serait de faire la tournée des festivals avec l’album. Sinon, ça sera pour 2020 !

LVP : Vous avez déjà un plan de carrière !

B : Peut-être pas aussi dessiné… Déjà, c’est un vrai plaisir d’être présent ici à Rock en Seine pour cette année. Les choses vont assez vite, on n’est vraiment pas à plaindre.

LVP : Vous aviez encore un concert à l’International il y a quelques mois… 

Ensemble : Oui, l’International c’était en janvier !

LVP : … Qu’est-ce qui a changé pour qu’en 6 mois ça prenne, selon vous ?

J : Déjà on a arrêté la fac ! (rires) En début d’année on a arrêté les études en se disant qu’on s’y consacrerait à 100%, ça forcément aidé ! Aussi, l’arrivée du label a permis de nous ouvrir des portes.

B : Je pense aussi qu’on tient à ce truc de « musique fait maison ». On a commencé au lycée, dans notre chambre… Aujourd’hui on reste dans cette lancée et, même si a plus de moyens, on a gardé ce côté « on est vrai », c’est notre but aussi.

LVP : Familial quoi !

B : Ouais voilà ! Quelque chose de très familial. C’est un mot qu’emploie très souvent Joseph d’ailleurs. « Familial ». Ça nous tient vraiment à cœur. On espère que ça pourra rester pour les prochains années, il n’y aura jamais aucun problème d’aller voir les gens après un concert !

LVP : Pas ego trip.

B : Oui c’est ça !

J : Je veux pas et j’espère pas.

Sein aux Nuits Zébrées

Lors de notre première Nuit Zébrée de la saison à La Bellevilloise, il y a les lives que vous avez vu. Et d’autres qui étaient restés jusqu’ici dans l’ombre. Ensemble, Balthazar et Joseph, même pas vingtenaires, forment Sein, un rap au style bien singulier, à la frontière entre une électro dansante et un rap délirant.Leur live, proposé par FiftyFifty Session, est à revoir#NZNova

Publiée par Radio Nova sur Mardi 9 octobre 2018

 

LVP : C’est quoi votre meilleur disque de 2018 pour l’instant, à faire découvrir aux lecteurs ?

B : Qui est sorti tout récemment, j’écoute en ce moment Kids See Ghosts. Donc l’album de Kanye West et Kid Cudi.

J : Pour faire découvrir aux gens ? (rires)

B : J’ai rien à faire découvrir moi, j’écoute des trucs hyper mainstreams. (rires) Sinon, il y a la mixtape de Veence Hanao avec le Motel qui est vachement bien. Sinon, cet été j’ai pas mal écouté l’album de Lefa. Voilà, ça fait partie des 2-3 trucs que j’écoute en ce moment et qui me plaisent bien.

J : J’ai écouté de l’album de Pusha T qui est sorti et produit par Kanye West. Après, comme toujours j’écoute les sons de Tyler… Depuis le début de l’année, il reprend des prods d’autres rappeurs avec des textes de 2 minutes, il retrouve ce truc de rap pur. À part ça, j’ai écouté l’album de Jorja Smith.

B : Faut que j’écoute.

J : Il est très très bien ouais. Et puis elle est très belle !

B : Bientôt le feat hein !

LVP : D’ailleurs, quel serait le feat idéal pour vous ?

B : On a une minute pour réfléchir ? (rires)

J : Moi je veux une prod de Tyler, c’est sûr ! Sinon, en termes de voix je veux faire un feat avec Mathieu Boogaerts. C’est peut-être pas impossible, on verra ce que ça donne !

B : Peut-être que ca se dessine… Mystère !

J : De toutes façons, le plus gros feat en terme de rap ça serait un truc francophone. J’ai du mal avec les morceaux en deux langues. Camélia Jordana par exemple… Voilà une meuf qui a un truc dans la voix.

 

LVP : La désormais traditionnelle dernière question : c’était quoi votre meilleur concert ?

J : Pour l’instant c’est le Nouveau Casino, c’était dans une vraie salle parisienne à notre nom, il y avait tous nos potes ! On a fait une résidence de 3-4 jours là-bas avant pour bien se préparer.

B : C’était les meilleures conditions de travail. Quand on est arrivé sur scène il y avait un vrai vrai vrai accueil. D’entrée de jeu, les gens étaient dedans. C’est un peu cette recette qu’on va essayer de reprendre ce soir, ça devrait fonctionner aussi. Il y aura quelques exclusivités. Donc peut-être que ça sera ce soir, le meilleur concert !

LVP : Très belle conclusion ! Merci beaucoup les gars !

Ensemble : Mais avec plaisir !

 

SEIN sera en concert le 28 mars prochain à la Maroquinerie.

Fils caché de Thomas Mars et Dan Snaith, j’ai quitté ma ville pour la capitale. C’est une bonne situation ça scribe ?