Session Numérique #6 : les Red Hot Chili Peppers enflamment les pyramides de Gizeh

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Dans Session numérique, La Vague Parallèle sillonne la toile à la recherche de ce qu’Internet nous réserve de plus fort, de plus doux, de plus coloré. Vendredi soir, on s’est précipité devant notre ordinateur pour ne pas perdre une miette de la retransmission du concert que les Red Hot Chili Peppers ont donné au pied des pyramides de Gizeh, et qu’on vous débriefe dans La Vague Parallèle.

Auparavant, il y a eu Sting, IAM ou Jean-Michel Jarre, pour ne citer qu’eux. Il y a aussi eu ce couple qui a récemment défrayé la chronique en y étant immortalisé en plein ébat. Les Red Hot Chili Peppers ne donc sont pas les premiers à jouir de l’immense privilège de se (re)produire devant les pyramides de Gizeh, mais il n’en demeure pas moins que cette soirée de prestige, retransmise en live partout dans le monde, figurait parmi les plus attendues de ce début d’année.

Quant à savoir si les sémillants quinquagénaires se sont montrés à la hauteur de l’événement, notre réponse est partagée. Oui, parce qu’un concert des Red Hot Chili Peppers est toujours une parenthèse incandescente, pleine d’énergie, d’amour, de folie, de hits et que celui-ci n’a pas dérogé à la règle. Et non, parce que l’événement exigeait une performance véritablement exceptionnelle, là où les Californiens se sont contentés d’une prestation ordinaire.

Il faut dire que voir les Red Hot Chili Peppers en concert a tout de même quelque chose de frustrant. Alors que le groupe peut se targuer de posséder une discographie riche de près de 200 morceaux, il n’en honore qu’une partie infime en live. L’arrivée de Josh Klinghoffer au sein du quatuor en 2009 a quelque peu changé la donne, permettant notamment au groupe de jouer des titres tirés de l’album One Hot Minute, jusque-là banni de ses setlists.

Pour une occasion unique telle qu’un concert devant l’une des Sept Merveilles du monde, on aurait donc pu s’attendre à des surprises, mais il n’en fut rien. Comme l’immense majorité de leurs concerts, le live à Gizeh a débuté par l’inévitable Can’t Stop et s’est achevé sur les notes de Give It Away. Et comme (trop) souvent, la setlist de la soirée s’est révélée sans surprise, articulée autour des immenses tubes que sont Californication, By The Way, Snow ou Under The Bridge.

Passée cette déception (relative car avouons-le : on a assez vu jouer les quatre lascars pour ne plus espérer grand chose de leurs setlists), ce concert unique aura malgré tout offert de très jolis moments. Portés par un Chad Smith qui demeure un monument de régularité et de solidité derrière ses fûts, un Anthony Kiedis qui brille encore par sa présence sur scène et un Flea impressionnant de vitalité et de virtuosité, les Red Hot Chili Peppers ont rappelé qu’à l’approche de la soixantaine, ils méritaient toujours leur titre de monstres de scène et qu’ils restaient une référence incontournable de cette musique si singulière qui puise ses racines dans le funk et le rock. C’est donc avec un plaisir non feint qu’on s’est replongé dans ces jams inimitables, dans la candeur jouissive de Pea, dans l’intense émotion de Don’t Forget Me ou dans la pop brillante de Dark Necessities, auquel Josh Klinghoffer aura donné l’un de ses plus beaux solos de guitare.

Après plus d’1h30 de spectacle, le rappel aura en tout cas offert l’un des moments de grâce de cette session égyptienne. Coutumier des performances de soliste (il a notamment repris Je suis venu te dire que je m’en vais dans un français impeccable lors du passage du groupe à Paris), le guitariste de la bande a ému et émerveillé en offrant une vibrante version du Pyramid Songs de Radiohead, seul au piano.

À l’arrivée, ce Live at the Pyramids restera sans doute dans les mémoires comme l’un des plus beaux shows livrés par les Red Hot Chili Peppers à l’ère post-Frusciante. On regrette simplement qu’il ne se soit pas hissé à la hauteur des concerts de légende du groupe que furent les lives à Slane Castle, à la Cigale ou à Hyde Park.