The George Kaplan Conspiracy : des étoiles dans les oreilles

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On avait adoré leur titre Ninja et son clip rétro, voilà que le collectif made in France nous gâte d’un album rafraîchissant. Le duo français surfe sur cette nouvelle électro solaire et autant dire que les vagues sont bonnes. Neuf titres gracieux qui composent ce premier opus convaincant, coloré par des compositions aux saveurs d’été, de coups de soleil et de coups de coeurs. Le fruit de deux ans de travail et de symbiose musicale entre ces deux amis de longue date, soudés des bancs du lycée jusqu’aux scènes françaises. 

Si le groupe est composé des Dijonnais Gabriel Afathi et Bastien Francoulon, il existe un troisième membre à part entière qui semble s’inviter sur chacune des sorties de The George Kaplan Conspiracy : le cinéma. Celui-ci habite la plupart des visuels partagés avec des images au grain joliment épais, aux couleurs saturées et aux plans somptueux. Une attention toute particulière au monde du film que l’on retrouve dans leur mystérieux nom de scène qui fait directement écho au personnage hitchcockien George Kaplan. Bref résumé : ce mystérieux personnage se retrouve dans le film La Mort aux Trousses. Cependant, George Kaplan n’existe pas. C’est une pure invention de la CIA qui utilise cette fausse identité comme un leurre pour piéger les malfrats. Un non-personnage, une coquille vide, une pure fiction, à laquelle on essaie de donner vie et qui finit par prendre vie au-delà de toute attente. La musique de The George Kaplan Conspiracy semble s’inspirer de cela pour se dresser comme la métaphore de cette musique aux allures d’électro mais à l’identité pop. Vacillant entre les deux genres, l’univers du duo vibre de positivité et de vives harmonies vaporeuses.

“Cet album c’est un peu un juke box”

Recollected Memories est l’occasion pour les deux musiciens de démontrer l’étendue de leurs talents de compositeurs. Un condensé des inspirations diverses du groupe, de leurs préférences, de leurs habitudes. Les atmosphères se chamboulent et malgré une cohérence claire entre les différents maillons de la chaîne, chacun des titres se démarque des autres. Feel That Show luit ainsi d’une fièvre disco ravageuse, Again trouve sa force dans la douceur de ses sonorités tandis que It Feels Strange nous plonge dans une électro pop rêveuse qui s’écoute les yeux fermés. Cœur avec les mains pour The Bomb qui nous plonge dans le Philadelphie des années 70 avec des influences soul délicieuses, livrant un mélange surprenant entre cet univers si voluptueux et l’électro des deux français.

L’émotion est palpable à l’écoute de Sing For Me. Cette ode délicate à l’amour est portée par la voix d’or de la douce Paulette Wright, décédée l’été passée. Un événement tragique qui amplifie davantage l’intensité de ce titre sublime, véritable hommage à l’artiste complète qu’est Paulette. La pochette de l’album est sobrement illustrée d’une piscine et de couleurs pastels, symboles de fraîcheur et de légèreté à l’image des neufs pépites que The George Kaplan Conspiracy nous livre ici.