Ulysse tente de trouver l'équilibre avec Surf

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Benoît, Arnaud et Julien. Trois prénoms, trois gars qui incarnent Ulysse, trio qu’on pourrait qualifier d’électro hip hop qui décolle dans l’univers musical belge. Après un premier EP U as in ULYSSE en 2014 et un deuxième Cashmere Guns en 2015, la formation belge a beaucoup travaillé pour revenir avec une proposition de six titres encore plus fignolée, SURF.

Il est difficile de trouver les mots pour parler de ce groupe tant les trois acolytes fonctionnent comme une simple entité. A l’instar d’un procaryote, Ulysse fonctionne comme une cellule unique même s’il comporte trois membres. Les trois garçons se disent interchangeables, aucun n’étant voué à rester à un rôle fixe et ils confient que cette philosophie fait partie de leur ADN. Toujours dans cette veine d’auto-suffisance, leur identité visuelle soignée, c’est eux qui la réalisent. Pour le groupe, il a toujours été question d’avoir une identité visuelle très forte car c’est en prolongation de la musique et partie intégrante de la proposition artistique à laquelle ils adhèrent tous les trois. Mais la réalisation de SURF n’a pas été sans mal et elle a pris du temps, sa gestation ayant été plus longue que celle des deux précédents EP.

Avec SURF, les trois copains nous offrent six titres. Les sons sont ondulants, les voix filtrées, les synthés lancinants. Le rendu global est planant, si bien qu’on l’écouterait volontiers dès qu’un moment se présente pour laisser ses pensées divaguer. La remarquable bonne idée de l’EP est de nous présenter un panel bien différent au niveau des rythmes des morceaux. Le titre 1000 et ses saccades de « j’essaie de comprendre / je ne sais pas toujours bien comment m’y prendre », Acid avec les répétitifs « simplement » de Roméo Elvis — est-ce encore utile de le présenter ? — sont des morceaux plus rythmés que Sirens et ses vibes plus sombres et plus obsédantes, fatalement plus lentes. Le groupe appuie alors de nouveau sur le champignon et accélère avec l’excellent Mañana et ses riffs circulaires dont le clip — réalisé par Benoît alias A$IAN ROCKY — est d’une beauté rare tant l’image et la photographie sont sophistiquées. Le titre Surf et ses voix électroniques et l’onirique Lemonade qui nous transporte dans une douce rêverie concluent ce troisième EP proposé par le groupement 100% belge.

On ne peut s’empêcher de remarquer qu’après trois EP, leur proposition musicale est de plus en plus aboutie. Les trois garçons feront découvrir SURF au public belge en live lors des Nuits du Botanique le 3 mai prochain. Le live ajoutera très certainement une plus-value à cet EP déjà très soigné, ce qui ne nous laissera qu’avec une question en tête : à quand l’album ?

Touche-à-tout, gosse éparpillé, enfant de l’indietronica se découvrant un goût pour la nouvelle pop française.