Une conversation avec T/O

Tu fais tourner ?
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On avait retrouvé Théo Cloux accompagné de deux des musiciens qui l’accompagnent en live, Clément Grethen et Gabin Henry, pour parler de T/O et d’Ominous Signs, album sorti chez October Tone l’année dernière. Ils seront en concert ce soir aux côtés de The Psychotic Monks à la Maroquinerie qui affiche sold out, l’occasion de ressortir cette drôle d’interview faite un soir de concert autour d’une bière, teintée d’ironie et de convivialité ! Plongeons dans l’univers psychédélique de T/O.

LVP : T/O c’est ton projet Théo, je vois que tu es bien entouré lors des lives, pourquoi ce choix de projet solo plutôt que créer un groupe à part entière ?

Théo : J’ai fait le choix d’un projet solo car je ne sais pas faire de concessions. Je ne voulais pas que quelqu’un me dise que mes sons n’étaient pas bien donc j’ai choisi de faire mes trucs tout seul. (rires) Après je sais pas, j’ai l’impression qu’il y a de plus en plus de gens qui se lancent dans des projets seuls car ils ont des choses à dire seuls quoi ! Et pour T/O j’ai des très beaux copains qui ont accepté de jouer ma musique donc c’est trop bien.

LVP : Comment tu as rencontré tes beaux musiciens du coup ?

Théo : Avec Clem le guitariste on s’est rencontré il y a longtemps.

Clem : Ouais il y a 10 ans.

Théo : Déjà 10 ans ! J’ai joué dans le groupe de Clément dans le passé, The Wise Dude’s Revolver, et on faisait des soirées ensemble surtout, c’est de la connaissance de Nancy, d’où je viens. Gabin je l’ai connu sur Strasbourg où j’ai émigré ensuite, on était au conservatoire ensemble. Arthur, le bassiste qui n’est pas là, était aussi au conservatoire mais je l’ai rencontré plus tard. Et pour finir Sylvain l’ingé son était aussi l’ingé son des Wise Dude’s à l’époque !

Clem : Sylvain Ingé son officiel. Via les Wide Dude’s il a rencontré tout le monde et Théo lui a proposé de faire le son pour son projet quoi.

LVP : J’imagine que cette formation groupe apporte une toute autre dimension à ce que tu crées toi ?

Théo : Carrément. La musique devient palpable, c’est trop bien, ça prend vie. Après je suis assez exigent sur le son et les arrangements. En fait l’album est tellement précis pour moi, j’ai tellement passé de temps à travailler le son que l’idée de le retranscrire en live n’était pas d’en faire une adaptation mais plutôt de reproduire au mieux les sensations, les textures et tout ce qui se fait sur l’album parce qu’il y avait une matière qui était riche, que j’ai mis du temps à faire. Du coup ça passe par de la mimic et des recherches d’approches plutôt qu’essayer d’adapter un truc en live.

LVP : Donc vous essayez vraiment de reproduire ce que tu as fait toi à l’origine, pas de nouvelles créations ?

Théo : Oui, après il y a forcément des choses qu’on ne peut pas faire et forcément des trucs qui sonnent différemment parce que les autres n’ont pas la même manière de jouer que moi. A part Gabin qui a enregistré la batterie, Clément et Arthur n’ont pas enregistré sur l’album donc forcément c’est pas la même chose mais l’intention reste la même. En tout cas c’est ce qu’on essaie de faire et je suis très content de ce live.

LVP : On t’as vu seul au Pop Up du Label en décembre dernier. Comment tu différencies tes expériences seules de celles accompagnées ?

Théo : Alors je joue très peu seul. Ça s’est fait plusieurs fois un peu par hasard et j’ai fait quelques concerts comme ça mais vraiment pas beaucoup et ce n’est pas la même chose. Quand je suis seul je fais un peu plus nimp. Je suis surtout au micro dans le public, enfin au moins 50% du temps. J’essaie surtout de compenser le fait qu’il n’y ait personne derrière moi sinon je me sens un peu seul. Donc c’est pas une formule que j’aime particulièrement du moins c’est pas comme ça que j’ai envie de présenter ma musique, je préfère nettement jouer en groupe.

LVP : Clément, Gabin, comment vous vivez l’expérience T/O avec cette demande d’adaptation fidèle aux sons de Théo ?

Clem : C’est la galère ! (rires) Non mais vu que l’exigence en gros est de retranscrire un peu l’album sans forcément avoir du coup une partie adaptée en live comme le disait Théo, il a fallu pas mal bosser en amont tous les sons et ce qu’il voulait exactement donc il y a pas mal de travail la dessus. Ce que je fais d’habitude ça ne collait pas forcément tout de suite donc il a fallu bosser le son quoi. Mais c’est assez rigolo du coup car Théo nous achète beaucoup de matos donc régulièrement on a des petits gadgets, des petits instruments qui apparaissent sur scène sans même qu’on le sache. Il y a toujours des petites surprises, des trucs un peu marrants à utiliser du coup on se lasse pas trop. Ca fait quand même un an et quelque qu’on joue ce live et il a bien évolué, on y a ajouté de la matière, des sons à droite à gauche, de la nouveauté. C’est très cool.

Gabin : Moi je pense que ce qui est vraiment cool c’est qu’on se reconnaît tous dans la musique que Théo propose parce qu’on écoute en grande partie les mêmes choses donc même si ce sont ses compos on s’y retrouve tous et à force de jouer ensemble ça donne un truc vraiment cool.

LVP : Tu disais que ça fait un an et demi que vous jouez ce live, l’album est sorti en mars 2018, vous l’expérimentiez déjà avant ?

Théo : L’album est sorti en mars 2018 oui donc on a commencé à vraiment jouer tous les morceaux à ce moment-là mais il y a quelques morceaux qu’on jouait déjà avant.

LVP : Toi qui compose de chez toi, le live a pu t’influencer quand même sur ta façon d’ enregistrer ?

Théo : Carrément. En fait j’avais enregistré le premier EP tout seul dans ma chambre, sans avoir jamais joué en groupe avant, sans avoir jamais eu d’ampli même et sans avoir eu d’expérience scénique avec ce projet-là. Ce qui fait que ça sonne très pop de chambre mélancolique où j’essaie de ne pas chanter fort car il y a tout le monde qui dort à côté. Plus tard, le passage au live de ce premier EP a fait que j’ai découvert une toute autre énergie que celle de ma chambre quoi. Donc quand je suis revenu enregistrer la suite chez moi, j’avais vraiment envie qu’il y ait ce truc, cette énergie live qui se ressente plus, quelque chose de plus fort, plus puissant. C’est clairement le fait d’avoir passé en live ce premier EP qui a fait que la suite a été plus débordante disons.

LVP : Vous êtes tous originaires du Grand Est, dans le clip de Ssshhee tu mets en scène des danseurs alsaciens, pourquoi ce choix d’associer de la danse trad à ta pop psychédélique ?

Théo : On le prononce « Ssssssssshheeeeeeeeee ». En fait c’est une retranscription écrite du delay !

Clem : Ahh du coup tu aurais pu l’écrire avec 50 s !

Théo : Oui mais après ça faisait un peu long ! (rires) Et en fait pour cet album j’ai beaucoup bossé avec ma copine sur l’univers de la fête, du carvanal etc. Il y a eu beaucoup de chose que ça soit la pochette, les clips, l’album qu’on avait fait avant qui s’inscrivent la dedans. Elle bosse beaucoup dans cette direction, dans cette recherche là et dans l’histoire de tout ça. Du coup on a créé tout ça ensemble et ce clip pour moi c’était un peu l’apogée de cette esthétique. On était contents de réussir à convaincre des danseurs puisque c’est une vrai troupe traditionnelle qui danse avec des costumes traditionnels d’habitude. Il a fallu les convaincre de faire ça avec nous et de mélanger leurs pratiques à nos costumes qu’on avait déjà utilisés dans d’autres clips et sur des photos pour créer quelque chose de cohérent. Et je trouve que ça fait sens, ça marche ! Donc voilà c’est issu de plein de réflexions sur la tradition.. Mais c’est elle qui a eu l’idée de faire ce clip en tout cas.

LVP : D’ailleurs si vous deviez parler d’un endroit pour danser dans l’Est ?

Clem : Pont à Mousson il y a le Swing !

LVP : Oh yes le fameux Swing de Pont à Mousson. (rires)

Théo : A Strasbourg on danse partout ! D’ailleurs en ce moment ils sont en train de faire une rétrospective sur la folie dansante qu’il y a eu à Strasbourg, je ne sais pas si vous avez entendu parler de ça. Je pense qu’ils étaient tous sous LSD quand ils ont fait ça au 16ème siècle quoi, ils ont dansé pendant plusieurs semaines sans s’arrêter.

Clem : A Nancy on va pas se mentir il n’y a rien en ce moment, bon à part les boites quoi. Si, il y avait le 915 Kaffe à l’époque mais ça a fermé. Nancy est une très mauvaise ville pour danser, après il y a un super club à Metz pour danser qui est pas mal qui s’appelle le Guess Club, assez grunge.

Théo : A Strasbourg il faut aller à la Salamandre quoi. (rires) Ou non, là où on danse le mieux c’est au Bar’Atteint, un super bar à karaoké !

LVP : Dans la mosaïque que tu avais fait Théo, tu avais évoqué Desert Horse de Melody’s Echo Chamber pour décrire ton esthétique. Comment tu définirais le style de ta musique si tu devais le définir ?

Théo : En fait j’ai mis ce morceau parce que je ne saurais pas dire ce qu’est le style de ce morceau et c’est la même chose pour mon album. Je ne saurais pas mettre des mots sur ma musique.

Clem : C’est un morceau mélodique. (rires)

Théo : Mais le morceau de Melody’s Echo Chamber part beaucoup plus en lattes que mon album. Gabin n’aime pas du tout ce morceau, moi je l’adore ! Mais j’aime vraiment cette idée de ne pas mettre de style sur ce que je fais.

LVP : Gabin tu disais que vous vous reconnaissiez bien dans les sons de Théo, vous placeriez l’album dans votre top ? (rires)

Clem : Oui j’aime beaucoup ses sons ! (rires). En plus j’ai l’album qui tourne en boucle dans la voiture je n’en peux plus ! Non mais c’est marrant puisque c’est un des albums que je préfère de ceux que j’ai pu écouter dernièrement (rires). Donc je trouve ça rigolo de jouer dans le projet là. Je ne jouais pas dans le projet avant que l’album soit sorti mais j’allais déjà voir Théo en concert avant que je joue dedans du coup j’étais déjà un grand fan quoi !

Théo : Oui depuis 83 il est grand fan !

Clem : En effet j’ai fait toute la tournée. D’ailleurs j’ai un T-Shirt qui reprend toutes les dates de la tournée de 2000 au dos.

Théo : Avec Placebo !

LVP : La pochette de l’album représente une personne plutôt floue, tout comme celle de ton EP Eyes Above, est-ce qu’il y a un lien entre les deux ou pas du tout ?

Théo : Je crois que c’est un peu un hasard. C’est ma copine qui a fait ces deux pochettes, elle aime beaucoup le portrait. Mais en fait ce qui est marrant avec cette pochette c’est que c’était pas du tout l’idée d’origine et que cette photo est un off de la séance photo qu’on faisait. A la base l’idée n’était pas un portrait donc il n’y a pas une continuité avec le précédent. En fait quand on a regardé les photos, celle-ci nous est apparue comme ça quoi, on ne savait pas qu’elle existait et on est tombée dessus. Ca nous a tapé à l’œil et on s’est dit qu’on voulait que ca fasse le même effet aux gens : le disque est dans un bac et les gens se le prennent un peu à la gueule quoi. Voilà c’est l’idée, puisqu’on sait pas vraiment ce qu’est ce personnage quoi.

LVP : J’ai vu que tu te mettais également à partager des playlist. Tu peux nous parler de Santa Dog’s a Jesus Fetus ?

Théo : En fait on m’a demandé de faire une playlist de Noël, j’avais pas trop envie de faire du Franck Sinatra et j’ai cherché des trucs un peu drôles. Et je suis tombé sur un album des Residents qui est un groupe un peu taré d’ailleurs. Et en fait ils ont fait ce premier album Santa Dog qui n’était pas sous le nom des Résidents et pour Noël ils l’ont envoyé à Nixon et malheureusement c’est revenu avec le cachet refusé. Du coup j’ai fait un hommage aux Residents de Noël qui n’ont pas pu envoyer leur album de Noël à Nixon.

LVP : Pour continuer sur le chien qui est assez pop culture en ce moment, est-ce que vous aimez les chiens ? Théo, tu peux nous parler de ce morceau A Dog In The Sleeve ?

Théo : Alors ce morceau c’est très différent, ça vient d’une légende de la Chine médiévale où les empereurs avaient des chiens pekinois dans leurs manches en armes d’autodéfense. Je suis tombé sur cette légende-là qui m’a un peu fasciné et j’en ait fait une chanson, qui ne parle pas que de cette légende en tant que telle mais voilà. Du coup peux être que je m’inscris dans une mouvance des chiens, je savais pas (rires). Non mais c’est marrant j’adore les chiens mais je ne pourrais jamais en avoir je crois, j’arriverai jamais à m’en occuper toute ma vie. Je préfère avoir un enfant qu’un chien. Donc voilà j’adore les chiens mais c’est un petit plaisir qui est ponctuel, parfois je rencontre un chien et je suis trop content. C’est un plaisir rare le chien.

Clem : Sorti de son contexte c’est incroyable quoi. Moi j’ai un chat mais j’aurais préféré avoir un chien.

Théo : Du coup c’est un plaisir rare.

Clem : Quand on rencontre un chien ? Oui c’est un plaisir. Oui oui je le dis voilà !

Théo : On a la même vision du chien alors.

LVP : Pour finir, qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour l’année à venir ?

Théo : On nous souhaite de rencontrer des chiens mais pas beaucoup. Quelques uns mais qui seraient très très cool.

Clem : Avec un peu de chance si on pouvait en avoir un qu’on prendrai en tournée !

 

On vous dit à ce soir à La Maroquinerie !

Les prochaines dates de T/O à ne pas manquer :

  • 11/04 : The Psychotic Monks x T/O – La Maroquinerie
  • 09/05 : The Psychotic Monks x Le Villejuif Underground x T/O (solo) – La Barakason
  • 17/05 : Mermonte x T/O : Salle Jean Carmet