Amigo, encore un single imparable de Lous and The Yakuza avant l’album
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Auteur·ice : Flavio Sillitti
18/09/2020

Amigo, encore un single imparable de Lous and The Yakuza avant l’album

C’est officiel : plus rien n’arrête Lous and The Yakuza. Si les quatre premiers morceaux dévoilés de son album Gore laissaient à penser que la jeune chanteuse belge avait tout d’une grande, ce nouveau single vient balayer les derniers doutes. Accrocheur et dansant, Amigo illustre parfaitement la synergie opérant entre Lous et El Guincho, producteur de rêve et (accessoirement) collaborateur de la sensation Rosalìa, qui insuffle à l’album une maestria de production infaillible. Plus qu’un mois avant Gore (sortie le 16 octobre), assurément l’événement musical de la rentrée. 

“Amigo, la vie ne fait pas de cadeau.” Il y a comme des airs de revanche sur ce nouveau morceau. Pas seulement envers celleux qui lui auraient causé du tort, mais également envers elle-même, l’ancienne Lous. Si elle utilisait le terme renaissance sur ses réseaux, on ressent bien cette idée de Lous version 2.0same but different. Le fruit d’un long travail introspectif, indispensable pour s’affranchir des multiples pressions qui auront tenté de s’emparer d’elle, en vain. Amigo raconte cette bataille sans merci contre les autres et soi-même, une véritable ode chaloupante à la résilience. Presqu’au bout du rouleau, pas encore fou mais bientôtOn m’a mis à genoux, ces cons étaient jaloux.

Toujours interprété en français, le titre s’appuie sur les mêmes bases caractéristiques de l’univers de Lous : texte sans langue de bois, rimes intelligentes, flux vivace de mots et d’images. À l’image de Tout est Gore, cette nouvelle pépite profite d’un haut potentiel énergétique qui atteint son paroxysme sur les refrains à l’aide d’une enfilade de notes électroniques épurées qui se suffisent à elles-mêmes pour pimenter le tout et faire chanceler les esprits. Signée El Guincho, l’instru impérieuse de la pièce est aussi trap que pop, élevant cette nouvelle sortie au rang de tube indiscutable.

Le climax d’Amigo réside dans les quinze secondes de spoken word qui apportent à l’ensemble un esprit expérimental et audacieux délicieux. Faisant corroborer ses mots à ses gestes, minutieusement, Lous se confie à propos des démons qui l’ont tourmentée, dans l’esprit gore qui aura régi son vécu et qui imprègne l’entièreté de ce premier album :

Ils sont cachés derrière des murs, ils pénètrent ton esprit.

Et doucement, te murmurent : “Lâche toi, laisse-moi, lèche ça.”

Et tu plonges la tête la première dans le vice. 

Et ça évolue de pire en pire. Oublions tout, oublions-nous.

La vie nous a rendus fous.

Niveau clip, on retrouve Wendy Morgan, déjà aux commandes de Dilemme et Tout est Gore, qui revient faire briller Marie Pierra (de son vrai nom) dans des tableaux aussi visuels que poétiques. Perchée seule au haut de falaises côtières ou accompagnée de ses chorégraphes au cœur d’impressionnantes ruines néogothiques, Lous sait jouer avec l’objectif pour imposer son identité artistique à l’écran. En véritable esthète, elle délivre une nouvelle démonstration de son sens aigu de l’esthétisme et démontre l’importance du pan visuel de sa musique. À l’instar de ses précédentes vidéos, on retrouve une fois de plus un véritable imbroglio corporel captivant, chorégraphié avec finesse et faisant contraster les peaux ébènes aux apparats blancs qui les couvrent. Magistral.

Parmi les nombreuses métaphores qui composent les différentes séquences, on remarquera celle du cheval noir, dont la symbolique se lie à l’esprit résilient du morceau. Elle est celle sur qui personne n’avait parié, et pourtant la voilà. Prête à en découdre. Avec un premier album qui s’annonce pour le moins sensationnel, porte d’entrée évidente de Lous and The Yakuza dans la cour des grand·es.


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