Arrêtez tout, John Frusciante retrouve les Red Hot !

Tu fais tourner ?
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email

Dimanche soir, 21h35.  Alors qu’une chanson folk se prélasse doucement sur mes enceintes, je m’apprête à lancer Netflix avant de sombrer dans les bras de Morphée après un week-end chargé. Une fin de semaine tout ce qu’il y a de plus banal. C’était sans compter l’appel tout émoustillé d’un ami (par soucis de discrétion, appelons-le Paul). “Vic, tu as vu l’insta des Red Hot ? Va voir, je n’ose pas te l’annoncer“. Redoutant le pire, je me précipite sur le réseau social préféré du clan Kardashian et tombe sur la plus belle nouvelle musicale de la décennie: John Frusciante, aka la personne à qui je dois d’avoir plongé dans la musique à l’âge de douze ans, serait de retour au sein du groupe qui figure invariablement tout en haut de mon top iTunes, Spotify, Deezer ou autre depuis le collège. Un retour auquel je n’osais même plus croire. Il faut dire que, depuis, le guitariste s’était reconverti producteur d’électro et de hip-hop, et avait surtout disparu de la circulation. Ses apparitions publiques sur la décennie se comptent presque sur les doigts de la main, avec aucun concert à se mettre sous la dent. De temps en temps, une track expérimentale ressortait, toujours drastiquement opposé à la recette qui l’avait porté vers une célébrité qu’il avait finir par haïr.

S’ensuit alors une heure à la fois drôle et stressante. Mon cellulaire vrombit de toutes parts, je répète à tire-larigot que “tant qu’il n’y a pas de confirmation, je redoute que le compte se soit tout simplement fait hacké et que tout cela ne soit qu’un fake“. Jusqu’à ce que le message soit reprit par Flea, bassiste et co-fondateur du groupe californien. Putain, quelle nouvelle. La formation qui m’a chamboulé, dont les riffs m’ont accompagné dans les moments de joie comme de peine, se rejoint de manière totalement inattendue. Je me remémores assis sur mon lit d’adolescent, à répéter encore et encore les arpèges de Snow sur une copie d’entrée de gamme de Stratocaster, ou quelques années plus tard à m’autoriser l’écoute du refrain de Gong Li à raison d’une minute de pause par heure au beau milieu de la nuit pour finir un mémoire à l’autre bout du monde. Les Red Hot, ce groupe qui dispose d’un morceau pour toute situation, qui passe aussi bien pour un road-trip à la plage que pour la préparation d’un évènement stressant.

Mais pas de temps à perdre en rêveries, je me précipite sur le site du FELYN Festival pour choper une paire de billets en pelouse or avant qu’il n’y en ai plus. A plus de 100 balles la place, ça fait un sacré trou dans le portefeuille, mais un tel reunion tour vaut bien de manger des pâtes pendant quelques semaines. Il faut aussi se rappeler qu’avec ce bon vieux John, les Red Hot furent le meilleur groupe live des années 2000. Et j’invite tous les sceptiques à regarder le Live at Slane Castle disponible sur YouTube, une merveille d’émotion, d’improvisation et d’alchimie entre musiciens.

Sans rien enlever au successeur Josh Klinghoffer, multi-instrumentaliste de talent dont le groupe Dot Hacker est une merveille de textures et qui vient de lancer un nouveau projet baptisé Pluralone, les Red Hot avait perdu un peu de leur magie sur cette décennie. Si les bougres ont forcément vieilli depuis les lives légendaires qui pullulent sur YouTube, la date du 20 juin à Lyon promet d’offrir son lot d’outros somptueuses, de riffs acérés et d’harmonies vocales tout droit descendues du paradis. Ce sera aussi et surtout une l’occasion de corriger une anomalie en assistant au concert auquel je n’avais jamais pu assister et sur lequel j’avais définitivement tirer une croix. Une réunion qui signifie d’ailleurs un potentiel nouvel album, et lorsqu’on connaît la fascination du chanteur Anthony Kiedis envers la facilité d’écriture du brave John Frusciante, on se met à rêver à de nouveaux tubes aussi poignants qu’enjoués, dans la droite lignée des Snow, Soul To SqueezeCan’t Stop ou Scar Tissue. Qui sait, les quatre zouaves reviendront peut-être à leur premier amour, le funk sexy et sale qui leur a permit de définitivement tout renverser avec l’album Blood Sugar Sex MagikOn se retrouve au nouveau stade de Lyon pour un show tout en adrénaline ! Il me tarde, bordel, il me tarde.