Carnet de Voyage #5 : Les tribulations d'une Suzane en Chine

Tu fais tourner ?
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Dans Carnet de Voyage, La Vague Parallèle se glisse dans les valises de ses artistes favoris et les suit dans leurs pérégrinations aux quatre coins de la planète. Après avoir voyagé en Russie, au Canada ou encore aux États-Unis, c’est du côté de l’Asie que nos aventures musicales nous emmènent avec les concerts de Suzane en Chine.

Nous allons commencer notre nouveau Carnet de Voyage par un petit point géographie. La chine, ou République populaire de Chine si vous voulez être sympa et bien respecter les noms, est un pays aussi grand qu’il est peuplé. Mais quand on dit grand c’est très très très grand. Genre environ 14 000 km de littoral pour une superficie totale de 9 596 96 km2. On a l’air bien petit en France à côté de ça (heureusement on se rattrape avec nos égos). Et quand on dit peuplé, forcément on veut dire très très très peuplé : 1,4 milliards d’habitants, 8 agglomérations de plus de 10 millions d’habitants et plus de 30 villes avec au moins 2 millions d’habitants. C’est dans ce gigantisme ambiant que Suzane s’est envolée en mars pour une série de 11 dates qui l’ont amenée à parcourir le pays. Une première découverte de la Chine pour Suzane qui partait en tête avec cette idée de grandeur mais tout en essayant d’éviter les clichés : “Je me disais que c’était très pollué, c’était ma première idée de la Chine. Que c’était immense parce que vu sur la carte, tu te dis juste que ça l’air très très grand. Mais j’ai essayé d’y aller en étant assez neutre sur les clichés qu’on peut avoir sur la Chine”.

 


Au final la première étape de Suzane ne l’amènera pas en Chine mais en… Mongolie. “La première étape c’était en Mongolie. Il y déjà eu ça qui était déjà assez fou. C’était hypra-dépaysant la Mongolie.” Au cours de cette étape, elle y trouvera un public assez chaud et surtout assez porté sur la vodka puisqu’elle y est moins chère que l’eau potable, avec un résultat forcément évident, “le public mongole était très très éméché. Mais c’était marrant, mais aussi très la Mongolie“.  Elle y trouvera ainsi une vraie terre de contrastes, entre tradition ancestrale et modernité obligatoire pour un monde qui s’uniformise de plus en plus, quitte à créer un véritable gouffre entre ces deux mondes :  “quand tu atterris a Oulan-Bator, la capitale, c’est les buildings qui côtoient les yourtes et c’est un peu étrange. Les yourtes, elles, n’ont pas accès à l’eau potable, elles n’ont pas l’électricité, c’est très  pauvre. Et moi je jouais dans un trucs un peu guindés et ça me faisait bizarre de voir ces yourtes au loin et de savoir qu’ils n’avaient rien, rien du tout. C’est très déséquilibré. C’est l’opulence dans le centre et autour la misère totale. C’est très différent de chez nous, c’est ça qui est dépaysant, que ça soit en Chine ou en Mongolie.”

 

Après ce petit détour en terre mongole, la première étape de Suzane l’amène à Hong-Kong. Pas vraiment la chine encore une fois et peu de dépaysement jusqu’à l’arrivée au deuxième concert à Canton : “on a senti qu’on était dans une Chine un peu plus profonde, un peu plus traditionnelle à Canton. Les Chinois à la base vivaient en campagne et puis au fur et à mesure ils ont commencé à beaucoup construire et essayer de repeupler les villes. Parfois  on passe devant des villes où tu vois qu’il y a des buildings partout, mais les Chinois n’ont pas les moyens d’y habiter alors ça donne des villes fantômes. C’est vrai qu’il y a beaucoup de logements, tous les mêmes, des gros lotissements de buildings.”   Énormément de dates donc et pas forcément un plan de voyage très précis, ce qui poussera l’artiste à passer énormément de temps dans les transports en commun et pas forcément les plus écologiques. “On avait un plan de route assez particulier, on allait du nord au sud pour retourner au nord. Ça serait intéressant d’en faire une carte. La plupart du temps on était en avion, pratiquement tous les jours. Et si ce n’était pas l’avion c’était le train. Mais des trajets du style 3-4h max.   Finalement, on dormait très peu pour prendre ces avions. On finissait le concert à minuit et on se donnait rendez-vous à 4h à en bas de l’hôtel pour aller prendre l’avion. C’était très très sportif la Chine“. Le gros point négatif de ces voyages incessants restera pour l’artiste le peu de temps qu’il lui restait pour pouvoir découvrir complètement le pays “À Pékin je n’ai rien vu. Je n’ai même pas vu la grande place. Mis à part à Nanjin où on a eu un jour off. J’ai pu aller voir un temple qui était assez ouf, les cerisiers aussi. Mais c’est vrai qu’on a eu très peu de temps pour visiter, c’était un peu embêtant sur ça.

 

Mais qui dit tournée dit surtout rencontre avec un public qui ne vous connaît pas forcément ; qui plus est avec la barrière de la langue alors que la musique de Suzane est très portée sur le texte et les histoires qu’elle peut raconter. Surtout c’est aussi un public qui est plus habitué à la musique rock et moins aux intonations électroniques qui sont chères à la chanteuse. Malgré certaines craintes, le public fut finalement une bonne surprise pour la jeune artiste ” Ils sont très fêtards, et quand ils aiment ils le montrent assez vite. Et ça c’était assez marrant, j’ai été assez étonnée de l’accueil que j’ai eu en Chine, ils étaient assez hystériques même, j’ai été impressionnée par leur accueil.” Un public sur-motivé donc avec lequel malgré tout la communication fut assez difficile puisque l’anglais n’est que très peu implanté. Malgré ces réactions, cette surprise a eu tendance à rassurer la jeune femme et à l’inciter à maintenir cette direction artistique d’un projet total qui mêle danse, musique et aspiration visuelle ambitieuse : “Je pense aussi que le fait que je danse, et que je mime un petit peu ce que je peux raconter dans la chanson, ça peut les aidait à imaginer ce que je suis en train de raconter. Il y en a pas mal qui me l’ont dit par rapport au visuel, que ça les aidait à entrer dans la chanson.”

Et les anecdotes nous direz-vous ? Si Suzane a rapporté peu de souvenirs de son voyage, elle est quand même revenue avec dans ses bagages des baguettes, dont elle a perfectionné la maîtrise sur place, une écharpe en cachemire de Mongolie et une écharpe-panda de Shengdou, ville officielle des animaux noirs et blancs. Mais son souvenir le plus marquant restera malgré tout la nourriture comme elle nous l’explique en détail : “C’est très différent de chez nous. Même la condition animale, c’est particulier. Quand tu arrives devant les restaurants, c’est des photos de plats de cochons entiers, posés dans l’assiette, allongés, tu as l’impression que le cochon dort paisiblement. Plein de petites choses comme ça. Les petites pattes de poules avec les griffes que tu cuis comme ça, la fondue chinoise qui est ultra épicée et que les chinois mangent tranquillement alors que si toi tu y touches, tu ne manges plus pendant trois jours. Je suis aussi allée dans un Carrefour et ce qui m’a marquée, ce sont que les poissons vivants dans les bacs étaient les uns sur les autres et déjà étiquetés, j’ai trouvé ça un peu chelou.”

Un premier voyage intense, fait donc de petites frustrations et de grands bonheurs, marqué par la découverte d’un pays et d’une culture bien différente de la nôtre et qui ne donne qu’une envie à l’artiste, y retourner mais sans doute de manière un peu différente : “J’espère que j’y retournerai. Déjà pour faire des concerts, parce que le public chinois était vraiment accueillant. Et puis faire un petit tour, mais peut-être pas que dans les villes. J’aimerais bien voir un peu la campagne aussi. Voir des choses un peu moins polluées. Je pense que c’est le truc qui m’a le plus choquée au niveau des choses un peu moins bien en Chine, c’est vraiment cette pollution, le smog permanent. Quand on est arrivé à Shanghai, tu ne voyais rien, on devinait les buildings, derrière, mais tu ne voyais pas vraiment ce qu’il se passait.”

 

Suzane sera sur les routes tout l’été avec notamment :

03.07: Festival Fnac Live
11.07: Festival du Poupet
13.07: Montreux Jazz Festival
14.07: Festival Chauffer Dans La Noirceur
18.07: Festival Francofolies de SPA
19.07: Festival Les Vielles Charrues …
Toutes les dates à retrouver ici

Un énorme merci à Céline pour l’aide dans la retranscription.