Chants touaregs sous le soleil du désert : Tamikrest à la Plage du Glazart

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“Mais vous connaissez Tamikrest ?”. C’est ainsi que nous aborde Oussine, jeune homme aux origines berbères se demandant probablement si les deux énergumènes en chemise à fleurs qui se trouvaient face à lui ne s’étaient pas perdus. S’en suivra une discussion fort sympathique et une liste de recommandations de musiques touaregs qu’on s’empressera d’écouter. Mais tout d’abord, laissez-nous vous raconter ce qu’on faisait à la Plage du Glazart ce jeudi.

Tamikrest signifie connexion en tamashek, un dialecte du désert malien. C’est aussi le nom d’un groupe de blues touareg, qui “établit un pont” entre musique traditionnelle et occidentale depuis une décennie selon leur chanteur Ousmane. Tamikrest, c’est surtout l’art au service d’une cause. Le gouvernement Malien n’enseigne nulle part leur culture ou leur langue ? Qu’à cela ne tienne, ils la chanteront aux quatre coins du monde. Le peuple, et plus globalement le mode de vie touareg est en danger, coincé entre les djihadistes d’un côté et la civilisation moderne de l’autre ? Ils chantent l’espoir, l’avenir et la vie en général sur des musiques douces et enivrantes.

 

 

On ne pouvait d’ailleurs rêver meilleur écrin pour ces chansons composées face au désert que La Plage de Glazart, terrasse drapée de sable pour l’été. Sous un soleil de plomb, on se croirait dans le Sahara, ce que ne manquera pas de relever Ousmane. On connaissait ce spot pour ses soirées électro durant jusqu’à l’aube, mais la configuration concert vaut également son pesant d’or, avec mention spéciale pour les brumisateurs géants.

En arrivant sur scène de manière très pudique, presque par surprise, le quintet lance un timide “bonjour” et entame directement un de ses riffs de blues aux parfums africains dont ils partagent le secret avec les pionniers Tinariwen. Deux guitares, une basse, une batterie et quelques percussions suffisent à transporter un auditoire conquis. Curieuse vision que ces cinq gaillards placides faisant danser une troupe de badauds, mais peu importe : ici et là, on enlève ses chaussures et danse pieds nus dans le sable.

 

 

Reggae, folk, et des myriades d’autres styles musicaux cohabitent, le but étant de prendre le public par la main pour l’emmener vers une découverte. Proposer quelque chose d’accessible au premier abord, mais qui encourage à creuser plus en profondeur. C’est le mantra d’un groupe qui aura choisi la musique plutôt que les armes pour défendre une culture en danger, à la manière d’un Bob Marley (inspiration revendiquée par le groupe, notamment sur la chanson War) ayant propagé une certaine vision du monde de manière pacifiste.

Après un set plutôt court, mais efficace, on note qu’au final, malgré l’étonnement de l’ami Oussine, le public est d’une étonnante diversité pour un groupe relativement inconnu en France. On croise ainsi un quinquagénaire avec un t-shirt à l’effigie d’un groupe de rock discutant avec un homme en tenue traditionnelle. Et chose promise, chose due, ci-dessous la liste de recommandations de notre camarade d’un soir.

“New touareg generation”

  • Tinariwen
  • Bombino
  • Imarhan
  • Kidan