Common Holly à Bruxelles, le clair-obscur qu'il nous manquait

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Common Holly c’est Brigitte Naggar, une artiste montréalaise dotée d’un grand talent. Un privilège nous a été offert en cette froide soirée du 22 janvier, lorsqu’on a eu l’occasion de la voir se produire au Witloof Bar du Botanique. Comme le soulignait l’USCAnnenberg Inclusion Initiative dans son rapport annuel sur l’industrie musicale, les femmes sont toujours sous-représentées par 21,7% en ce qui concerne les artistes seulement. Le concert de Common Holly tombait alors à pic pour nous faire garder espoir.

Tout le monde sera d’accord pour dire que ce qui se dégage de ce concert c’est de l’intensité. De l’intensité et de la douceur provoqués par la voix fluette de Brigitte et ses transitions aux guitares saturées. Du folk-rock indé comme on n’en a pas entendu depuis longtemps. Mais il reste difficile de classer sa musique. La dualité dans ses chansons est fascinante, encore plus sur son album When I say to you Black Lightning sorti le 18 octobre dernier. On a affaire ici au nacre d’une perle et à la noirceur du charbon, tous deux nous emportant dans une poésie sans pareille. La précision dans les mots et les notes donnent une dimension spéciale à cet album.

Ce qu’il y a avec Common Holly, c’est que l’écouter avec des écouteurs ne transmet pas le dixième du live. Il faut voir Brigitte Naggar et ses musiciens pour apprécier pleinement leur musique. On salue d’ailleurs Devon Bate, son guitariste, qui use de sa guitare comme un violon – à la façon de Jimmy Page (Led Zeppelin) ou encore Jón Þór Birgisson (Sigur Rós). Ils appartiennent à ces groupes dont le live convainc les réticents et régale les convaincus. Il ne faut que peu d’interaction avec le public pour y être connecté, malgré le très bon français de Brigitte, pour un concert intime qu’on garde en tête.

“Since we only make sad songs… well here’s another one”, de sa douce voix sarcastique. Le modeste public du Witloof a été charmé par son esprit, son charisme et surtout, bien sûr, sa musique. Que dire de sa musique ? C’est différent. C’est beau. C’est envoûtant. Envoûtant, oui. C’est le mot. On en oublie presque la tristesse de la chanson, qui fait place à la pureté et à la simplicité. Bref, un véritable honneur de pouvoir profiter de ce genre de live pendant 40 minutes. En espérant revoir Common Holly très vite à Bruxelles. Pour combler le vide en attendant, on vous conseille les titres Joshua Snakes, You Dance, Measured et The Rose. Ou encore ce super live au Paste Studio à New York.

Crédits photos : Stagepicker Photography