Corps : le classique d'Yseult s'offre un visuel en chair et en sentiments

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Qui pour l’arrêter ? Yseult est de retour et, avec elle, c’est souvent signe de claque, visuelle cette fois ci. À l’occasion de la sortie du clip de Corps, on vous décortique le parcours atypique d’une des plus belles voix d’un game qu’elle compte niquer, évidemment. Elle qui précisait que le titre “n’est pas un hit, c’est un classique” nous prouve une nouvelle fois tout le potentiel de cet hymne bouleversant en transposant visuellement la profondeur de ses lignes percutantes. 

Retour en 2013, sur les plateaux de la 14ème édition de la Nouvelle Star, la voix si particulière de la jeune Parisienne marque déjà les esprits. Ses reprises de Breathe MePapoutai ou de Claude François dévoilaient déjà toute la versatilité de son spectre musical. Perdue dans les méandres des labels les plus imposants, elle s’essaiera à divers projets qui la mèneront finalement à entreprendre une carrière indépendante. Après tout, on n’est jamais mieux servi·es que par soi-même. Un cheminement en solitaire qui la conduira à l’événement, il y a tout juste un an, avec le puissant Rien à prouver. Enfin, Yseult s’est trouvée et, surtout, elle nous a gagné. S’ensuivirent des collaborations remarquables aux côtés de Lord Esperanza et Claire Laffut qui cristalliseront cet esprit “caméléon” : Yseult est urbaine, Yseult est chanson française, Yseult est trap. Yseult n’appartient à aucun genre, elle en est un. Celui de la musique sous sa forme la plus pure, la plus brute et la plus intime.

Et ce n’est pas son EP Noir, partagé en octobre dernier, qui dira le contraire. Audacieux et composite, ce premier disque va convaincre les derniers sceptiques : Yseult is the new Noir. Audacieux, d’abord, par le pari qui fait chaud au coeur : celui de la mise à nue. Les visuels ne mentent pas, ne jouent pas. Ce gros plan sur les courbes généreuses de l’artiste, sans retouches et sans artifices, voilà à quoi ressemble la musique d’Yseult : une musique où l’authenticité fait loi. Composite, ensuite, par la diversité alléchante des styles qui se bousculent entre ces 4 morceaux : du langoureux avec 5H, de la trap bien sombre et corrosive sur Noir et de la soul vaporeuse sur Rien à Prouvervous y trouverez forcément votre bonheur. Mais le titre qui gagnera nos petits coeurs fragiles, c’est forcément Corps. Colossal à l’audio, bouleversant en version live, le genre du morceau qui a tout pour lui. Autant vous dire que le visuel était attendu comme le messie.

“Le corps nu sur le sol”, les quelques mots qui ouvrent l’intense balade de l’artiste la plus téméraire du moment prennent ici un sens propre hautement visuel. Yseult, dans le plus simple appareil, nous apparaît à genoux au beau milieu de ce qui semble être un dépôt désertique. Les moulures corporelles que l’on retrouvait déjà dans l’univers visuel de When I Get Home de la visionnaire Solange sont retrouvées ici grâce à la patte créative de Esmay Wagemans. Ainsi, le clip présente les courbes de la chanteuse recouvertes de ce qui semble être une armure de plastique froissé ou de verre moulé. Médusant. Dans une forme authentique de vulnérabilité, elle s’apprête alors à nous emporter sur les houles sentimentales de son titre Corps. Avec un effet de mise en abyme ingénieux, subtilement instauré par des rails de travelling volontairement visibles, le réalisateur Colin Solal Cardo traduit cette volonté de mise à nu, de fragilité et, paradoxalement, de solidité. Trouver la force dans ses failles, voilà la métaphore qui se pose sur cette oeuvre sublime. Un tableau renforcé par une image aux traits argentiques délicieux et par la simplicité sans bornes d’une Yseult belle toute nue, belle tout court. Queen Yseult et puis c’est tout.