Couronnement flamboyant de Glints pour sa release party

Tu fais tourner ?
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Prestation XXL. Ce 6 mars 2020, Glints a retourné l’Ancienne Belgique en bonne et due forme. La Box affichait soldout en l’honneur de Choirboy, premier album sorti le jour-même. L’Anversois est venu clamer à Bruxelles qu’il faudrait désormais compter sur lui, ce que les plaines estivales flamandes savaient déjà. Pourquoi a-t-on attendu tout ce temps pour vous débriefer cette release party ? Parce qu’on vient à peine de s’en remettre.

© Photos: Jude Janssens

Il nous avait prévenu, en off d’une rencontre pour préfacer la sortie de Choirboy : “Ça fait un moment qu’on travaille sur cette release party. J’ai vraiment réfléchi à la setlist, aux lumières, aux décors. Je suis bien préparé, je veux vraiment que cette soirée soit dingue”. Force est de constater que Glints est un garçon qui tient ses promesses.

Peu avant 21h, la fosse de l’AB s’est maintenant bien remplie. Pour l’ouverture servie par Rare Akuma, également venu d’Anvers, ils devaient être 50 à se chauffer devant un set urgent et bouillant. Le rappeur et son crew ont envoyé de l’énergie brute, comme s’ils jouaient face à un stade, démontrant s’il le fallait encore que la scène hip-hop anversoise, c’est du sérieux.

Comme au début d’un opéra, d’immenses rideaux ouvrent le spectacle. Sur la droite, un énorme piano à queue sur lequel Jens Paeyeneers entame la ritournelle de Greatness, l’épilogue de l’album. Quelques chœurs montent des bandes enregistrées et Glints entre en scène par la gauche. Vêtu d’un training-survêt en éponge de très bon goût, orange devant, bleu derrière, il pose ses mots avec assurance et délicatesse. Ce morceau, sorte de merci à ses potes de toujours (avec qui il vit dans une coloc baptisée Abattoir Anvers) pour la vie qu’ils ont construite ensemble, est la pépite de Choirboy et reçoit une place de choix. Quatre minutes au chrono et c’est déjà le moment émotion de la soirée.

© Photos: Jude Janssens

Son pote quitte le piano et Glints se retrouve seul, comme à son habitude, avec son pad d’où il balance ses sons. À partir d’ici, des temps morts, il n’y en aura plus aucun. Après un autre nouveau morceau, le frénétique Choirboys, on ne se pose déjà plus de questions : le sifflotement de Gold Veins retentit et la salle entre en transe. Ça commence à se déhancher sévère sur New Flow (titre à la base en feat avec Vuurwerk) et pas de raison que ça ne s’arrête, avec l’entêtant Moving Day. Dread retourne aux origines et rend hommage “à ceux qui sont là depuis le début, je reconnais des têtes ce soir”.

Glints a déjà tombé le survêt depuis un moment. Il navigue d’une extrémité à l’autre de la scène, en passant par un large escalier lumineux. Les lumières viennent du bas, des côtés : c’est sans fioritures, géométrique et implacable. Entre chaque morceau, il harangue la foule, remercie la main sur le cœur. HTTP 404, la première du disque, arrive dans la setlist. Immobile sur une petite plateforme à l’avant-scène, éclairé uniquement par le sol, Glints déclame. Démonstration d’un flow incisif, sans concession, qui s’accélère et finit par se transformer en rage : magistral.

© Photos: Jude Janssens

C’est sa pendaison de crémaillère ce soir, donc forcément il nous avait promis des invités chers à son cœur. Martha Da’ro est la première à se montrer. Sur Family Tree, ils chantent leurs fardeaux familiaux enrobés de rythmes cubains. Ça transpire la complicité, autant que les corps de l’AB suent sur leurs pas de salsa. Young Wolverine et sa rythmique faussement chill prouvent que Glints a appris à chanter avant de rapper.

La première sortie live de Choirboy est jusqu’ici un sans faute. C’est donc le moment de lâcher les chevaux. Les bangers ne demandent qu’à être balancés en pâture au public déjà conquis. Sunday Service, jamais sorti, ouvre le bal en claquant un beat reggaeton irrésistible. “Vous connaissez celle-là, AB”, lance Glints en envoyant son tube Lemonade Money. “I look like Pooh Bear and I’m coming for your honey!”, se marre-t-il en tapant dans la main d’une fan déguisée en Winnie l’Ourson. L’AB chavire complètement et on la perdra définitivement sur Blank : la fosse s’écarte en deux parties et se rentre dedans, dans un bordel pas croyable. Le show n’est maintenant plus qu’un pogo permanent, et ça s’amplifiera encore quand le deuxième guest apparaîtra sur scène : le bro DVTCH NORRIS est intenable sur Fear et aboie son couplet avec une fougue prodigieuse.

© Photos: Jude Janssens

On n’en peut plus mais Glints en a encore, lui. “En voilà une pour tous ceux qui sont fauchés” annonce Minimum Wage, recommencée pour cause d’assemblée plus assez bouillante selon lui. Avant d’achever son public prosterné, Glints prend le temps de remercier son beatmaker Yong Yello, ses frères de cœur d’Abattoir Anvers et surtout nous, les fans. On commence à connaître le garçon et on vous l’assure : c’est sincère.

Une dernière, évidente, referme le rideau sur un climax : Bugatti, Bugatti, Bugatti / Everything is spinning around me”. Glints s’offre un bain de foule, tel Moïse séparant les eaux. Notre eau à nous s’est évaporée, notre esprit s’est perdu quelque part, piétiné, mais notre sourire est bien là. Les titres de Choirboy n’ont même pas 24h et ils résonnent déjà comme des diamants taillés pour la scène. Glints nous a offert l’exemple d’un concert à l’équilibre parfait, sans moment creux. Seul, il s’est affirmé comme un performer hors pair. Attendons-nous à revoir ce garçon, souvent.