En un concert à l’Ancienne Belgique, Thee Sacred Souls nous redonne (presque) foi en l’amour
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Auteur·ice : Caroline Bertolini
04/11/2022

En un concert à l’Ancienne Belgique, Thee Sacred Souls nous redonne (presque) foi en l’amour

Si, en ce premier novembre, vous n’étiez pas des nôtres pour le premier concert européen de Thee Sacred Souls, on est tristes pour vous. Ce mardi soir s’est fini dans une douceur infinie procurée par un groupe de soul californien qui n’avait aucune intention de nous laisser indifférent·es après son set. Voici comment une nappe de son réconfortante et sensuelle nous aura (presque) redonné foi en l’amour. 

Nous avions quasiment décidé de jeter l’éponge sur le concert du mardi soir pour rester au chaud. Heureusement, une once de motivation s’est présentée pour nous faire enfiler n’importe quel vêtement large et nous diriger vers l’Ancienne Belgique. Nous connaissions le groupe via les quelques singles romantiques qui étaient sortis jusqu’ici. Nous les écoutions comme réconfort pour des périodes où la douceur quittait notre esprit. D’abord via Can I Call You Rose, peut-être trop illusoire à notre goût. Ensuite via Weak For Your Love bien plus réaliste, avec une ligne de basse qui nous prend dans ses bras pour nous entraîner dans une danse solo des plus agréables. Néanmoins, c’est ce qui suivra ces singles, et notamment l’album qui paraitra peu de temps avant le concert, qui nous fera nous prendre d’affection pour le groupe.

Ce mardi soir qui aurait pu paraître banal, solitaire, a pris une toute autre tournure dès les premiers mots prononcés par Josh Lane, chanteur du groupe, et l’arrivée de celui-ci, avec ses deux choristes ; Jensine Benitez et Tatiana Sandate sans qui le show n’aurait pas eu la même chaleur. On pourrait d’ailleurs s’y méprendre à penser qu’elles font partie intégrante du groupe, tant elles sont mises en avant sur scène. C’est dès la deuxième chanson que Josh nous rappelle que Love is The Way, en nous demandant de garder ceci en tête en l’écoutant. On met donc sur le côté notre cynisme pour laisser le monsieur nous emmener dans son argumentaire. Évidemment, il ne faut pas trois phrases pour que nos épaules décident d’accompagner les percussions, puis nos hanches, jusqu’à esquisser un premier sourire, timide mais présent.

On revient trois minutes sur Terre pour la dure réalité de Easier Said Than Done. Toute la salle bouge la tête sur les paroles ‘Cause true love it ain’t easy no‘ et le falsetto de notre cher ami au chant qui semble n’avoir jamais raté aucune note dans sa vie. D’une voix complètement identique à la version studio, il nous présente Lady Love et sa mélancolie. Il fera d’abord un sondage des cœurs brisés de la salle avant de conter l’histoire, très classique, d’une personne qui a raté sa chance avec sa lady love et qui ne cesse de s’en languir.

 

Fini la tristesse, il est temps de nous replonger dans un sentiment d’amour positif – dans une ambiance totalement rouge pour plus de drama. Trade of Hearts nous oblige a réellement écouter la voix des choristes, dont celle de Jensine, aussi cristalline que puissante. Si on croisait le regard de quelqu’un à ce moment précis, elle nous aurait vu sourire de façon niaise, les yeux à moitié fermés, les épaules tanguantes. Belle transition vers une chanson qui nous a particulièrement marqué·es sur cet opus, la langoureuse Future Lover. Josh nous demande si on se souvient du moment où, après avoir eu le cœur brisé, on rencontre quelqu’un qui toque à notre porte (la porte de notre cœur, vous aurez deviné) et nous redonne espoir en l’amour. Oh la la c’est beau. Alors on reconnait l’utopisme de Josh qui ne sait manifestement pas ce que c’est de dater en 2022, mais on fait semblant d’y croire, à tel point que c’est presque réel.

Il se passera quelques chansons avec changements de casting scénique dont Alex Garcia (batteur) et Sal Salmano (bassiste) qui s’échangent les instruments. Star de la soirée, c’est notre personnage préféré qui nous raconte de nouveau une histoire et nous propose d’imaginer le temps d’une chanson que l’amour, pas seulement charnel, nous entoure. Nous imaginer dans un monde où les gens s’aiment, vu la violence de ce qui se passe partout pour l’instant. Pour nous emmener dans ce rêve, il chantera It’s Our Love, directement en passant dans le public.

Can you feel it
Feel it in the air
Can you see it
See it in the sky
Baby it’s our love
Baby it’s our love

On découvre alors que notre chère Jensine Benitez sortait son premier 45 tours il y a peu sous Daptone Records également. Les personnes généreuses que sont ses band mates lui laissent la place pour interpréter le déchirant et magnifique single Illusion de Amor. Sa robe scintille dès son arrivée au milieu de la scène et, quant à nous, nous ne pouvons qu’admirer le talent de cette femme à la voix incroyablement claire et haut perchée. Elle nous dit “adios amor” mais on n’en est pas tristes. On se laisse porter, surtout parce que la moitié de la salle n’aura pas compris les paroles.

Le concert finira par les deux premiers singles du groupe qui nous ont été donné d’écouter. La boucle est bouclée et on se remet petit à petit de tous nos chagrins. Le concert nous a donné assez d’amour et de douceur pour un petit temps. On oublierait presque (vraiment presque) la réalité qu’on trouvera à la sortie de ce concert, dans les rues de Bruxelles sous une fine pluie. Bref, on peut dire que le job du groupe a été accompli. Il nous aura juste manqué d’instruments à vent pour compléter l’expérience. On aura passé soixante minutes entouré·es de personnes très diverses qui se sont rejointes dans un sentiment qui restera le plus actuel et poétique sur cette triste planète. Comme quoi, la soul romantique, c’est pas si vieux jeu au final. Puis ça réchauffe les cœurs.


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